Brexit

Retour imminent à Guernesey des pêcheurs français


AFP le 04/02/2020 à 16:30

Les pêcheurs français privés d'accès aux eaux de l'île anglo-normande de Guernesey depuis samedi, jour de l'entrée en vigueur du Brexit, devraient pouvoir y retourner d'ici à la fin de semaine, a assuré mardi la secrétaire d'État chargée des affaires européennes Amélie de Montchalin.

« Je pense que d’ici à la fin de la semaine, si on travaille comme on se l’est dit, les choses vont rentrer dans l’ordre », a déclaré à l’AFP la secrétaire d’État, en marge d’une visite d’une entreprise de mareyage près de Caen.

« On a un accord diplomatique. On a reçu une lettre formelle de sa Majesté la couronne (…) On a un accord politique (…) Maintenant, on est dans la mise en œuvre. On va par exemple demander des immatriculations internationales à des pêcheurs qui parfois n’en ont pas. Il y a des petites démarches administratives », a précisé la secrétaire d’État, accompagnée de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

La Commission européenne « a prévalidé une liste de bateaux » qui veulent pêcher à Guernesey et « on a un accord avec Guernesey pour qu’ils ne prélèvent pas d’argent, que ce soit sans frais », a aussi indiqué Amélie de Montchalin qui s’était auparavant rendue à Port-en-Bessin (Calvados). « C’est un sujet où il y a eu mobilisation générale, Didier Guillaume (ministre de l’agriculture, ndlr), le Premier ministre, le Président », a-t-elle ajouté.

Lundi à Bruxelles, « j’ai alerté les commissaires sur le fait que c’est un sujet qui n’était pas du tout symbolique, qui était clé pour la confiance dans la négociation future ». Pour les pêcheurs, il est important « qu’on ne crée pas un précédent en restreignant une petite zone au milieu de la Manche pour des raisons diplomatiques », a dit Amélie de Montchalin.

Selon le président du comité régional des pêches de Normandie, Dimitri Rogoff, « une petite cinquantaine de bateaux normands et plus d’une centaine de bateaux bretons sont plus ou moins dépendants » des eaux de Guernesey. Selon le comité des pêches breton, ils sont « une petite centaine » en tout sur les deux régions.

Le gouvernement avait annoncé samedi que les autorités de Guernesey avaient « temporairement suspendu » l’accès des navires de pêche français aux eaux de l’île anglo-normande. Guernesey a « un statut très spécial », qui relève de la couronne britannique et non du gouvernement britannique, a rappelé la ministre.

« Vous avez vu avec Guernesey. Déjà le lendemain du Brexit c’est le bazar », a confié à l’AFP Didier Lequertier, le patron de l’entreprise de mareyage d’une centaine de salariés, avant l’arrivée des ministres.

« C’est une mauvaise séquence au départ du Brexit parce qu’il a fallu dire aux bateaux le 30 janvier « vous dégagez pour le 31 janvier ». Certains ne sont toujours pas repartis en mer parce que ils sont privés de leur zone. Mais il y a une volonté de s’en sortir de part et d’autre », a commenté Dimitri Rogoff interrogé par téléphone. « On a envoyé un signe fort à l’Europe et au gouvernement français que si à la fin de l’année ça se passe comme ça, ça va être un bordel sans nom », a-t-il ajouté.

Selon lui, des « négociations entre la grande puissance maritime française et le petit Etat de Guernesey » ont dans un premier temps « échoué vendredi matin ». Guernesey « avait la pression de Boris Johnson qui disait « molissez pas ». La presse britannique s’est emparée du sujet pour dire « voilà, on est sorti et on commence par les foutre dehors » », a poursuivi Dimitri Rogoff.

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