Accord post-Brexit

Des élus des Hauts-de-France saluent l'accord post-Brexit mais restent vigilants


AFP le 25/12/2020 à 11:00

Plusieurs élus des Hauts-de-France, où transitent 70 % des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, ont salué jeudi l'accord post-Brexit conclu, tout en se disant vigilants sur le devenir des pêcheurs.

« Pour Calais et son agglomération, pour l’ensemble de notre façade littorale, je salue cet accord dont l’importance est fondamentale sur le plan économique (…) Calais restera la porte d’entrée naturelle en France et en Europe pour les Britanniques », s’est félicitée sur les réseaux sociaux la maire (LR) de Calais, Natacha Bouchart, soulagée que les pêcheurs puissent continuer « d’avoir accès aux eaux anglaises ».

L’accord prévoit de laisser aux pêcheurs européens un accès aux eaux britanniques pendant une période transitoire de 5 ans et demi, jusqu’en juin 2026. Pendant cette transition, l’UE devra progressivement renoncer à 25 % de ses prises, qui s’élèvent en valeur à environ 650 millions d’euros par an.

« Les négociateurs sont allés au bout pour trouver un accord, mais il y aura de vraies conséquences économiques et humaines pour nos pêcheurs », a estimé dans une réaction à la presse le président du conseil régional (ex-LR) Xavier Bertrand. « Il va y avoir une baisse des volumes de pêche. C’est pour cela qu’il faut absolument mettre en place un plan d’accompagnement si on veut maintenir l’existence même de nos pêcheurs et garantir l’avenir de la filière et ses emplois qui font aussi notre identité. »

Quels volumes, dans quelles zones ? Sur quels stocks ?

« Nous demandons au gouvernement et à la Commission européenne de venir à Boulogne-sur-Mer afin de mettre en place un plan d’action pour nos pêcheurs auquel la Région est prête à participer », a-t-il ajouté.

Après cinq ans et demi, l’accès des pêcheurs européens sera renégocié chaque année.

« Comment se traduira donc la diminution annoncée des droits de pêche dans les eaux territoriales anglaises ? Sur quels stocks ? Sur quels volumes ? Dans quelles zones de pêches ? Quelle instance pour en assurer le contrôle ? », s’interroge également Frédéric Cuvillier, maire (PS) de Boulogne-sur-Mer, premier port de pêche français, demandant « une enveloppe de fonds structurels pour accompagner nos pêcheries qui, quoi qu’on en dise, souffriront de l’accord général trouvé. »

« La seule certitude de ce jour dans le domaine de la pêche est donc qu’il nous faudra trouver, durant la période de transition annoncée, des accords dans l’accord », dit-il, plaidant pour « une antenne de l’Agence européenne de contrôle des pêches à Boulogne, pour s’assurer du respect des engagements respectifs au risque de laisser libre cours à des situations conflictuelles en mer ».

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