Marché de la pomme de terre

Brexit, demande atone, problèmes de germination : de fortes craintes pour 2021


TNC le 28/12/2020 à 08:36

Après une année 2020 marquée par la pandémie de coronavirus et ses impacts sur les marchés, les producteurs européens de pommes de terre craignent tout autant l’année 2021, entre une demande industrielle en panne, les risques du Brexit et, surtout, des coûts de stockage en hausse.

Le marché européen de la pomme de terre fait face à de nombreuses incertitudes, dans un contexte de prix bas. (©Pixabay)

Les producteurs de pommes de terre du Nord-ouest européen, réunis au sein du NEPG, aimeraient que l’année 2021 démarre sous de meilleurs auspices que celle qui s’achève. Mais ils ne se font guère d’illusion, car les craintes sont multiples.

« En raison de la pandémie du au Covid-19, il n’y a guère de demande de pommes de terre libre de la part de l’industrie de la transformation de la pomme de terre et les prix sont à un niveau extrêmement bas », écrit ainsi le NEPG dans un communiqué. Le secteur de la transformation ne tourne effectivement qu’à 90 voire 80 % de ses capacités normales. « Une situation qui sera probablement maintenue jusqu’à la réouverture de l’Horeca européenne (le secteur européen de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés, ndlr) et des exportations au-delà des frontières européennes. »

« Au début de l’année 2021, les producteurs et les transformateurs du continent « négocieront » les contrats pour la saison 2021/22 et on s’attend à ce que moins de contrats soient proposés. Le NEPG sur le continent accentue ses appels initiaux à réduire les superficies de 15 %, pour viser désormais une baisse de 20 % » poursuit le groupement.

Par ailleurs, la sortie définitive du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord commercial « entraînera des difficultés supplémentaires sur les marchés d’exportation », prévient le NEPG.

Impasse technique sur l’antigerminatif

À l’instar des betteraviers confrontés à la jaunisse de leur production faute de pouvoir disposer des nénonicotinoïdes l’an passé, les producteurs de pommes de terre ne peuvent plus utiliser le CIPC en tant qu’ antigerminatif. « Les solutions alternatives proposées aux producteurs apportent moins de satisfaction (en bonne partie à cause de l’été et de l’automne chaud qui ont contribué à lever les dormances) et ne sont pas toujours disponibles en quantité suffisante. Malgré les efforts déployés par les producteurs pour s’adapter au mieux à cette situation, tous les pays du NEPG font des constats de germination précoce dans les stocks. »

En découlent une forte hausse des coûts de stockage. « Le coût des traitements antigerminatifs sont devenus beaucoup trop chers pour les pommes de terre libres non commercialisables ou aux cours très bas actuels et leur utilisation n’est pas envisagée dans de nombreux cas. »

La consommation domestique en lot de consolation

Seul point positif au tableau : la bonne croissance de la consommation des ménages, en moyenne de 11 %. « L’exportation réelle est également à un bon niveau. L’exportation croissante de pommes de terre fraîches vers l’Afrique est remarquable. Les Pays-Bas ont par exemple signalé une augmentation de 30 190 à 58 200 tonnes, le Sénégal étant le principal client avec 21 600 tonnes. »

« Les producteurs du continent sont confrontés à des risques techniques et économiques plus importants et à une demande sociétale accrue en matière de durabilité. Les producteurs aimeraient répondre à ces désirs mais craignent que les coûts supplémentaires liés à la satisfaction de cette demande supplémentaire ne soient pas couverts », insistent les représentants du groupement.

Les articles du dossier