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Dossier : Réforme de la PAC

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Brexit

Nouvel échange Londres-Bruxelles pour débloquer les discussions


AFP le 20/10/2020 à 15:37

Les négociateurs européen et britannique chargés de définir la relation commerciale post-Brexit doivent se parler mardi afin de débloquer des discussions, après une offre lundi de l'UE rejetée par Londres, ont annoncé leurs porte-paroles.

Le négociateur européen Michel Barnier doit s’entretenir avec son homologue britannique David Frost dans l’après-midi vers 13h00 GMT, selon l’une de ces sources. Les deux responsables se sont déjà parlés lundi : Michel Barnier avait alors affirmé que l’UE restait « disponible pour intensifier » les discussions, pour la première fois « sur la base de textes juridiques ». Mais Downing Street s’était limité à prendre « note » de cette proposition, réclamant un « changement fondamental d’approche de l’UE ». M. Frost a besoin de voir « qu’il s’agit d’une véritable négociation » et pas « qu’une seule partie fasse tous les mouvements », a déclaré mardi le porte-parole du Premier ministre britannique Boris Johnson. « Notre porte est entrouverte pour reprendre les négociations, mais cela ne peut se faire que si l’UE change fondamentalement son approche », a-t-il martelé, « ce qui signifie en pratique que l’UE accepte que le mouvement doit venir de l’UE aussi bien que du Royaume-Uni ».

« Tout est dans les mains de Londres. Barnier a fait un geste avec son message d’hier soir », a estimé mardi une source européenne. « Les Britanniques semblent vouloir plus, mais sans préciser quoi, ni pourquoi. » Boris Johnson « a eu hier une occasion en or de (reprendre les discussions) tout en revendiquant la victoire et il ne l’a pas saisie », a regretté de son côté une source diplomatique.

Déjà difficiles, les discussions post-Brexit se sont envenimées jeudi dernier quand les 27, réunis en sommet, ont exigé des concessions de Londres pour arriver à un accord de libre-échange à temps pour l’appliquer l’année prochaine, quand les règles européennes cesseront de s’appliquer au Royaume-Uni. Boris Johnson a alors déclaré les pourparlers « terminés » et demandé aux Britanniques de se préparer à un « no deal », une perspective potentiellement dévastatrice pour des économies déjà ébranlées par la pandémie de Covid-19.

Lors d’un échange mardi avec le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis M. Johnson a « réaffirmé que l’UE a effectivement mis fin à ces négociations en déclarant qu’elle ne voulait pas changer sa position », selon un porte-parole britannique. Les deux parties continuent de se renvoyer la balle malgré le manque de temps pour arriver à un compromis, les Européens estimant un accord nécessaire avant la fin octobre pour être transposé et adopté d’ici à la fin de l’année.

À défaut d’accord de libre-échange, le gouvernement britannique assure qu’il se satisferait d’un « no deal » au 1er janvier, impliquant le rétablissement de quotas et droits de douanes entre les 27 et Londres. Les discussions butent toujours sur trois sujets : l’accès pour les Européens aux poissonneuses eaux britanniques, les garanties réclamées à Londres en matière de concurrence, et la manière de régler les différends dans le futur accord.

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