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Dossier : Mobilisation des agriculteurs

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Colère des agriculteurs

Retrouver une capacité de production, priorité pour les maïsiculteurs


TNC le 30/01/2024 à 14:Jan
Traffic jam, tractors and cars.

(©Getty Images)

Alors que les agriculteurs poursuivent aujourd’hui leur mobilisation, les producteurs de maïs de l’AGPM rappellent leurs principales revendications : arrêter toutes les surtranspositions, et mettre en place des clauses miroirs dans les accords de libre-échange.

« On a été trop souvent trompés nous les agriculteurs… Au moment du Covid, nous étions essentiels, et depuis il y a eu le Plan Eau, le S-métolachlore… Il faut que ça cesse », rappelle Franck Laborde, président de l’AGPM, ce 30 janvier. Si le syndicat avait initialement prévu de présenter ses vœux pour l’année à venir, le rendez-vous a surtout permis de faire le point sur les sujets de mécontentements des maïsiculteurs, en lien avec l’actualité.

Après une année marquée par une baisse de 10 % des surfaces, soit 150 000 hectares en moins, l’AGPM nourrit l’ambition de redonner aux producteurs de maïs « la capacité d’alimenter les marchés en France et chez nos proches voisins », indique Franck Laborde. La production de maïs française, qui s’étendait sur 3 millions d’hectares il y a une dizaine d’années, a perdu depuis 500 000 hectares, explique l’AGPM.

Un empilement de normes à revoir

Pour retrouver une capacité de production, le président de l’AGPM demande, à l’unisson avec la FNSEA, la fin d’une surenchère de normes qui met les producteurs français en difficulté au regard de leurs concurrents européens. Franck Laborde évoque ainsi les zones de non traitement (ZNT), ou encore le plan Eau qui ne permet pas de créer davantage de stockage d’eau dans les territoires où il pleut suffisamment. « Je suis dans les Pyrénées-Orientales, il pleut 1,50 m d’eau par an sur ma ferme. Ne pas pouvoir récupérer l’eau qui ruisselle, va dans les rivières qui débordent avant de rejoindre la mer où elle devient salée et est impropre à l’utilisation, c’est une aberration », insiste le producteur.

Il s’agit, pour Franck Laborde, de supprimer les normes à l’origine des distorsions de concurrence, mais également certaines règles qui ne permettent d’atteindre l’objectif environnemental pour lequel elles ont été conçues, à l’image de la séparation entre la vente et le conseil sur les produits phytosanitaires. Citant le rapport des députés Dominique Potier et Stéphane Travert, le président de l’AGPM rappelle que cette mesure n’apporte rien en matière de réduction de l’usage des produits phytosanitaires.

Des clauses-miroirs dans les accords de libre-échange

Par ailleurs, il faut faire en sorte « que les producteurs français soient protégés face à la concurrence déloyale », notamment dans le cadre d’importations issues de pays tiers, explique Franck Laborde. L’AGPM a notamment réalisé une étude sur les conséquences potentielles de la ratification de l’accord UE-Mercosur.

25 % du maïs utilisé en Europe est importé de pays « où la stabilité politique n’est pas celle qu’on connait », et où les normes de production ne sont pas aussi élevées, à savoir le Brésil et l’Ukraine, rappelle le président de l’AGPM. Au Brésil, 78 % des molécules actives utilisées dans la culture du maïs sont interdites en Europe, ajoute-t-il.

La mise en place de clauses miroirs apparait donc, pour le syndicat, comme une des lignes rouges sur lesquelles les agriculteurs vont continuer à se mobiliser.  

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