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Dossier : Mobilisation des agriculteurs

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Agriculteurs en colère

Macron fait à 15h15 un "point sur la situation" avec plusieurs ministres


AFP le 29/01/2024 à 14:Jan
Traffic jam, tractors and cars.

(©Getty Images)

Emmanuel Macron fera lundi à 15h15 un « point sur la situation agricole » à l'Elysée en présence de plusieurs ministres, ont indiqué les services du chef de l'Etat alors que le blocage de plusieurs autoroutes par des tracteurs a débuté, notamment autour de Paris. (Article mis à jour à 16h10)

Cette réunion, qui précède le Conseil des ministres programmé à 16h00, se déroulera en présence du Premier ministre Gabriel Attal, de Marc Fesneau (Agriculture), Bruno Le Maire (Économie), Christophe Béchu (Écologie) et Gérald Darmanin (Intérieur).

Emmanuel Macron doit s’envoler en fin d’après-midi pour la Suède, pour une visite d’État mardi et mercredi, avant un Conseil européen extraordinaire à Bruxelles jeudi. Son départ de Paris coïncide avec la poursuite du mouvement de colère des agriculteurs, qui ont annoncé vouloir faire le « siège » de Paris à partir de lundi après-midi, sans limite de temps.

Ainsi à 14h00, à la gare-péage de Buchelay dans les Yvelines (environ 60 km au nord-ouest de Paris), l’autoroute A13 était bloquée dans le sens province-Paris. Selon les organisateurs, environ 80 tracteurs devraient participer à l’action, qui seront rejoints mardi par une vingtaine d’engins supplémentaires venus de l’Eure. « Le Premier ministre nous a fait une mise en bouche, on voudrait qu’il continue de travailler un peu et qu’il nous en fournisse un petit peu plus sur d’autres sujets », dit Arnaud Lepoil, de la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire.

De l’autre côté de la capitale, à Jossigny (Seine-et-Marne), soit une trentaine de kilomètres de Paris, un blocage de l’A4 a aussi débuté avec l’installation en épi des premiers tracteurs des deux côtés du terre-plein central. Les agriculteurs y préparent l’installation d’un campement sur les voies avec barnum, groupe électrogène, braseros, toilettes de chantier : de quoi passer au moins trois jours sur place.

À Lyon, un blocage a débuté « doucement », « le gros des troupes arrivera demain », selon Michel Joux, patron de la FRSEA Auvergne-Rhône-Alpes. Déjà bloquée dans les deux sens entre Chanas (Isère) et Orange (Vaucluse), l’A7 est désormais « coupée » en plusieurs point au sud de Lyon dans les deux sens, selon Vinci Autoroute. De sources préfectorales, on signale des blocages sur l’A43 à hauteur de Saint-Clair-de-la-Tour, l’A48 à Grenoble, l’A49 dans la Drôme…

Au total, huit « points de blocage » sur de grandes autoroutes à quelques kilomètres ou dizaines de kilomètres du périphérique parisien sont prévus par les syndicats majoritaires FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) avec pour mot d’ordre un « siège » de la capitale, sans limite de temps. Mais il n’est pas prévu à ce stade d’aller jusqu’à Paris même.

Globalement, selon la gendarmerie, 30 départements sont touchés et 16 autoroutes concernées par cette mobilisation qui touche toute la France et que l’exécutif peine à éteindre. Les renseignements territoriaux comptabilisaient à la mi-journée un total de 25 blocages mobilisant 1 710 agriculteurs, contre 113 blocages vendredi et 17 500 agriculteurs.

Gabriel Attal avait pourtant annoncé vendredi soir une première série de mesures, promettant notamment l’abandon d’une hausse des taxes du carburant des tracteurs, un choc de simplification administrative et  la promesse d’un tour de vis sur les industriels agro-alimentaires. Elles doivent être suivies par d’autres « dans les 48 heures », a indiqué lundi Marc Fesneau, car les manifestants réclament davantage, notamment un moratoire sur l’interdiction des pesticides.

Encore insuffisant pour les syndicats, dans une France qui a perdu les trois quart de ses exploitants en 50 ans et qui importe aujourd’hui un fruit et légume sur deux. « Mis à part le prix du GNR, il n’y a aucune mesure pour nous, à savoir sur la concurrence, les prix de gros, le négoce, les intermédiaires. C’est pour ça que le mouvement perdure, pour avoir des solutions qui permettent à bon nombre de subsister », résume le vigneron gardois Alexandre Tixador.

Le gouvernement laisse faire et encadre les manifestants, mais veut empêcher que les tracteurs n’entrent dans « Paris et les grandes villes », le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin demandant de la « modération » à ses troupes. Les renseignements territoriaux ont relevé lundi l’« encadrement rigoureux » des actions par les syndicats agricoles et « une certaine forme de coordination avec les autorités pour préserver la sécurité (…) et conserver une image favorable d’un mouvement soutenu par la population ».

Parallèlement au mouvement des agriculteurs, des opérations escargot organisées par les taxis, qui réclament à l’Assurance maladie une renégociation des conditions de rémunération du transport de patients, bloquent plusieurs axes à Paris, Marseille ou Bordeaux.

 

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