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Dossier : Mobilisation des agriculteurs

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Colère agricole

Les agriculteurs espagnols mobilisés pour le 3e jour d'affilée


AFP le 08/02/2024 à 19:Feb
Traffic jam, tractors and cars.

(©Getty Images)

Les agriculteurs espagnols se sont rassemblés jeudi pour le troisième jour d'affilée dans plusieurs villes du pays, à l'appel cette fois-ci des principaux syndicats agricoles, pour dénoncer les difficultés auxquelles le secteur est confronté.

Au lendemain d’une démonstration de force à Barcelone, plusieurs colonnes de tracteurs ont de nouveau investi des axes routiers, notamment en Castille-et-Leon (centre), Castille-la-Manche (centre), dans la région de Valence (est) et dans les Asturies (nord).

A l’origine d’une partie de ces rassemblements se trouvent les trois syndicats représentatifs du secteur : l’Asaja (Association agraire des jeunes agriculteurs), l’UPA (Union des petits agriculteurs) et la Coag (Coordination des organisations d’agriculteurs et d’éleveurs).

Ces trois organisations ont justifié cette série de blocages et opérations escargots par le « malaise » ressenti par une grande partie de la profession face à un métier jugé précaire et à une politique agricole commune (Pac) accusée d’être trop bureaucratique.

« Si les tracteurs manifestent, c’est parce que le monde rural se sent étouffé », a assuré l’Asaja sur le réseau social X. « Nous sommes arrivés à un point limite », a abondé sur la télévision publique RTVE un responsable de l’UPA, Cristobal Cano, en demandant au gouvernement de « prendre des décisions ».

Selon les syndicats, les principaux rassemblements ont eu lieu dans le centre du pays, à Salamanque, Ciudad Real et Avila. A Barcelone, où près d’un millier de tracteurs avaient convergé mercredi, provoquant de gros embouteillages, les derniers manifestants ont quitté les lieux jeudi matin.

Cette poussée de fièvre, qui survient alors que le mouvement de colère agricole s’est essoufflé dans la plupart des autres pays européens, a donné lieu à des échauffourées ponctuelles entre manifestants et forces de l’ordre, intervenues pour lever des blocages.

Selon le ministère de l’Intérieur, plusieurs manifestants ont été interpellés jeudi, portant à 19 le nombre total de personnes arrêtées depuis le début du mouvement. Un garde civil a par ailleurs été légèrement blessé.

« Il y a indéniablement un malaise », mais « il arrive un moment où, si les protestations ou manifestations bloquent le pays, les forces de l’ordre doivent agir », a souligné sur la télévision Antena 3 le ministre des Transports, Oscar Puente, disant cibler les manifestations « non déclarées ».

L’association représentant la grande distribution (Anged) a appelé de son côté les autorités à prendre des mesures pour garantir la « libre circulation des biens et des personnes », mettant en garde contre les conséquences économiques des manifestations.

L’Espagne, souvent qualifiée de « potager de l’Europe », est le premier exportateur européen de fruits et légumes. De nombreuses exploitations y sont néanmoins en difficulté en raison notamment de la sécheresse qui sévit depuis trois ans dans le pays.

Lors d’une rencontre avec des journalistes mercredi soir, le ministre de l’Agriculture, Luis Planas, a reconnu que la situation était « complexe », tout en répétant être dans une logique de « main tendue » et de « dialogue » avec les manifestants.

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