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Dossier : Mobilisation des agriculteurs

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Agriculteurs en colère

Le convoi d'agriculteurs de la Coordination rurale en route pour Rungis bloqué


AFP le 30/01/2024 à 09:Jan
Traffic jam, tractors and cars.

(©Getty Images)

Le convoi d'agriculteurs qui était reparti mardi matin à Limoges, en direction du marché d'intérêt national (MIN) de Rungis, a changé de parcours après avoir été bloqué sur l'A20 par les gendarmes, selon la Coordination rurale (CR) qui mène l'opération. (Article mis à jour à 11h14)

Le cortège de quelque 200 tracteurs de la Coordination rurale a été arrêté sur l’autoroute par les gendarmes mobiles à la hauteur de Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne). « Il y avait une cinquantaine de véhicules mais comme on est sur des tracteurs, on a défoncé les barrières de sécurité pour rejoindre l’ancienne nationale qui longe l’A20 », a précisé Thomas Hégarty, président du syndicat agricole dans ce département.

Le convoi s’est alors scindé en deux ou trois « mais on est en train d’essayer de se regrouper », a-t-il ajouté lors d’une pause sur cette route départementale dans l’Indre, précisant qu’il n’y avait plus de forces de l’ordre face à eux à ce stade, « sauf l’hélicoptère qui tourne au-dessus de nous ». « On passe vraiment pour des délinquants », a-t-il déploré.

« Ils veulent nous épuiser et cherchent à nous ralentir. C’est la belle démonstration qu’ils nous craignent », a renchéri Serge Bousquet-Cassagne, président de la Chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne et figure historique de la CR47 qui a lancé le mouvement. « S’ils continuent à nous bloquer, on forcera les barrages avec les tracteurs », a-t-il prévenu, appelant « tous les agriculteurs de France et de Navarre » à les rejoindre.

Peu après 05h15, plus de 200 tracteurs étaient repartis de Limoges sur l’A20 en direction de Paris. Ils prévoyaient de passer par Orléans avant d’arriver à Rungis « après 16h00 », selon la CR.

Parti lundi matin d’Agen (Lot-et-Garonne) à une trentaine de tracteurs, le cortège n’a cessé de grossir le long de la route. Les agriculteurs se sont restaurés en soirée à la Chambre départementale d’agriculture de la Haute-Vienne, dirigée par la CR, avant de dormir dans un gymnase à Panazol dans l’agglomération de Limoges.

« Les convois arrivent de tous les côtés, c’est un truc de fou ! », s’exclamait lundi soir le coprésident de la CR47 José Perez, interrogé par l’AFP. « C’est formidable l’accueil que nous recevons au bord de la route. On se croirait au Tour de France. Le public est enthousiaste et ça fait chaud au cœur », abondait Aurélie Armand, vice-présidente du syndicat.

Dès dimanche soir, des blindés de la gendarmerie ont été déployés aux abords du marché d’intérêt national (MIN) à Rungis (Val-de-Marne), que la CR a l’intention « d’investir ». Selon les autorités, les forces de l’ordre doivent faire en sorte qu’il « puisse fonctionner ».

Vers 9h30, « le convoi en provenance du Lot-et-Garonne a pu entrer sur l’A20 (qui relie Montauban à Vierzon, NDLR », a indiqué la préfecture de l’Indre. « L’autoroute est fermée entre les échangeurs 19 et 14 dans le sens Province Paris, et dans les deux sens entre le 14 et le 10 Nord », selon la même source.

Karine Duc, coprésidente de la Coordination rurale (CR) du Lot-et-Garonne, a confirmé que le convoi avait retrouvé l’autoroute. « On est sur l’A20 en direction de Vierzon, on a les convois qui se sont divisés, on essaye de regrouper tout le monde mais c’est un peu compliqué », a-t-elle expliqué par téléphone à l’AFP. « C’était tendu ce matin, mais ça va, on a négocié pour continuer d’avancer, on va jusqu’à Vierzon et on verra après », a-t-elle ajouté.

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