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Dossier : Mobilisation des agriculteurs

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Colère des agriculteurs

Le compte à rebours est lancé avant le Salon de l'agriculture


AFP le 09/02/2024 à 09:Feb
Traffic jam, tractors and cars.

(©Getty Images)

Branle-bas de combat dans les ministères, les préfectures, voire à Bruxelles : le gouvernement a multiplié les promesses pour mettre fin, au moins temporairement, à la fronde des agriculteurs et doit maintenant orchestrer une réponse avant le Salon de l'agriculture (24 février-3 mars).

Après deux semaines de blocages de routes et d’actions parfois tumultueuses, les manifestants ont levé le camp début février après trois salves d’annonces de Gabriel Attal sur des sujets aussi divers que les produits phytosanitaires, les retraites des exploitants ou la viande de synthèse.

Le patron du syndicat agricole majoritaire FNSEA, Arnaud Rousseau, a prévenu : « Si finalement on n’était pas considérés, ou si tout ça n’était qu’un feu de paille, on remettra le couvert. » Il y aura bien avant le salon, qui démarre le 24 février, un « moment de vérité » où « on montre des résultats », assure à l’AFP une source au sein de l’exécutif.

Réunions quasi-quotidiennes, chaînes de mails et boucles de messages : aux ministères de l’agriculture et de la transition écologique, et dans une moindre mesure aux ministères de l’économie et du travail, les conseillers tentent de concrétiser les quatre pages d’annonces récapitulées le 1er février.

Marc Fesneau, qui a depuis jeudi une ministre déléguée, Agnès Pannier-Runacher, et Christophe Béchu doivent travailler ensemble. « Ça ne veut pas dire qu’on est d’accord sur tout, mais on n’est pas dans un jeu de posture, où on veut marquer des points », assure-t-on dans l’entourage du premier.

Lignes rouges

Des divergences d’approche peuvent exister mais, dit-on au cabinet de Christophe Béchu, la logique est : « la conclusion est donnée, maintenant expliquez nous comment on fait. » Un point sur l’avancée des travaux est prévu toutes les semaines à Matignon.

Des sujets sont faciles à régler, comme le décret facilitant le curage des cours d’eau agricole publié le 1er février. D’autres promesses sont plus techniques, comme l’harmonisation de toutes les réglementations sur les haies. Le travail « est beaucoup plus lourd car il faut articuler trois réglementations, sur l’urbanisme, l’environnement et la politique agricole commune », fait valoir un conseiller de Marc Fesneau.

Le remaniement du projet de loi agricole, en préparation depuis plusieurs mois mais qui doit intégrer finalement beaucoup plus de dispositions que prévu, est aussi soumis au temps politique. « On ne part pas de rien » mais il faut de nouveau consulter, rédiger l’exposé des motifs, le faire examiner par le Conseil d’Etat puis qu’il soit inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et du Sénat, remarque le cabinet du ministre de l’Agriculture.

L’objectif est qu’il passe dans les deux chambres d’ici juin et qu’on puisse « obtenir une commission mixte paritaire dans cet horizon-là », a indiqué Marc Fesneau lors d’une audition mercredi.

« On a tous entendu la détresse du monde agricole, on a tous intérêt à montrer qu’on y répond, sans forcément être tous d’accord sur les réponses », affirme un conseiller. Les préfets sont aussi mobilisés dans le cadre d’un « mois de la simplification », le gouvernement les invitant notamment à scruter tout arrêté préfectoral pouvant être abrogé ou rendu moins complexe.

A Bruxelles, le gouvernement est plus dans la négociation. Ebranlée par des manifestations d’agriculteurs dans plusieurs pays européens, la Commission européenne a déjà donné plusieurs gages en urgence, limitant les importations agricoles ukrainiennes et promettant d’assouplir les obligations de jachères – un comité doit voter sur le sujet vendredi.

Mais pour un nouveau règlement sur l’étiquetage ou sur la création d’une force de contrôle sur la concurrence déloyale en agriculture aux frontières de l’Union européenne, il faudra peut-être attendre le parlement issu des élections européennes, en juin. Voire la prochaine Commission attendue à l’automne. « On ne peut pas tout résoudre sur tous les sujets en trois semaines », rappelle un conseiller.

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