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Dossier : Mobilisation des agriculteurs

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Crise agricole

Gabriel Attal promet « d'être au rendez-vous »


AFP le 30/01/2024 à 17:Jan
Traffic jam, tractors and cars.

(©Getty Images)

Gabriel Attal a appelé mardi à « une exception agricole française » et promis « d'être au rendez-vous » pour répondre à la crise des agriculteurs qui, dans un convoi vers Rungis ou par le blocage d'axes stratégiques, restent déterminés à faire entendre leur colère.

Mardi lors de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a salué « nos agriculteurs, nos pêcheurs, qui travaillent matin, midi et soir pour nous nourrir ». Énumérant plusieurs des mesures destinées à faciliter leur vie déjà annoncées vendredi, il a rappelé que la crise agricole ne serait pas réglée « en quelques jours ». « Nous irons plus loin encore », a-t-il assuré.

Illustration de cette volonté, les aides européennes de la Politique agricole commune (Pac), qu’il avait promis d’accélérer, seront versées « d’ici le 15 mars », a-t-il précisé, mardi.

Sans donner de détails, il a aussi évoqué un renforcement des aides fiscales aux éleveurs et « un grand plan de contrôle sur la traçabilité des produits », alors que de plus en plus d’agriculteurs ont décidé d’inspecter par eux-mêmes des camions visiblement étrangers sur les routes de France.

Le président Emmanuel Macron, lors d’une visite d’Etat en Suède, s’est de son côté engagé à défendre plusieurs revendications des agriculteurs français à Bruxelles, sur les importations de volaille en provenance d’Ukraine, le projet d’accord commercial entre l’UE et le bloc latino-américain Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) et les obligations de jachères.

Mais alors que des agriculteurs français dénoncent certaines obligations de la Pac, « ce serait de la facilité de tout mettre sur le dos de l’Europe », a affirmé Emmanuel Macron.

Le mouvement de colère s’étend en tout cas sur le continent : après des manifestations en Allemagne, en Pologne, en Roumanie, en Belgique ou en Italie ces dernières semaines, les trois principaux syndicats agricoles espagnols ont annoncé des « mobilisations » dans l’ensemble du pays au cours des « prochaines semaines ».

« Coup de force »

Plus d’une semaine après le premier blocage d’axes routiers en Occitanie, qui a lancé le mouvement le 26 janvier, les agriculteurs continuent à perturber le trafic un peu partout en France, après avoir parfois passé la nuit dans leur tracteur.

Plusieurs blocages stratégiques ont été organisés autour de Paris, mais aussi sur l’A7, l’A9, l’A10, l’A64… Partis d’Agen sous l’étendard de la Coordination rurale, environ 200 tracteurs se dirigent notamment vers le marché de Rungis, poumon alimentaire de l’Ile-de-France, surveillés de près par les gendarmes.

« C’est très irritant d’être bloqués à 300 kilomètres de Paris », a dit à l’AFP Yannick Mansord, éleveur de canards à Guerin, avant que le convoi ne reparte vers Vierzon. « Il faut qu’on reste gentils, pour ne pas passer pour les vilains paysans », a-t-il ajouté.

Le syndicat majoritaire du secteur, la FNSEA, a répété son malaise face à cette opération, son président Arnaud Rousseau fustigeant sur Europe 1 les « compétiteurs syndicaux qui veulent aller à Rungis pour faire le coup de force ».

Mobilisation en Espagne

Autour de Lyon, les agriculteurs ont l’intention d’intensifier l’encerclement de la métropole dont plusieurs axes majeurs ont déjà été bloqués, a affirmé le patron régional de la FNSEA Michel Joux. « Nous sommes déterminés à bloquer le péage 24 heures, peut-être trois jours », a confié à l’AFP Thierry Bonnamour, maraîcher en Savoie, sur un barrage à une trentaine de kilomètres de l’est lyonnais.

« Nous demandons une meilleure considération évidemment mais surtout une réduction des accords de libre-échange », affirme-t-il, alors que la France a perdu les trois quarts de ses exploitants en 50 ans et recourt de plus en plus aux importations: un poulet sur deux consommé dans le pays vient d’ailleurs, comme 60 % des fruits.

Contrôles informels de cargaisons de camions aux alentours des supermarchés à Marmande (Lot-et-Garonne), dégustation de fromages en Indre-et-Loire, déversement de pneus devant des bâtiments administratifs en Mayenne: les actions organisées mardi sont diverses.

Sur l’île de la Réunion, une centaine d’agriculteurs se sont rassemblés à la préfecture à Saint-Denis et une délégation, réclamant notamment une meilleure prise en compte des spécificités de l’agriculture locale, a été reçue par le préfet.

En Corse, un convoi de pick-up et tracteurs a investi les rues d’Ajaccio. « On attend des réponses, on ne veut pas qu’on nous donne des miettes et qu’on nous dise que ça va passer », a dit François-Laurent Pasquali, président des Jeunes agriculteurs de Corse-du-Sud.

La Confédération paysanne, le 3e syndicat agricole, maintient également la pression. A Cavaillon, dans le Vaucluse, des adhérents ont ainsi bloqué la base logistique d’Aldi pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et la plateforme du groupe Leclerc, située à proximité. Les manifestants sont prêts à tenir les blocus « jusqu’à ce qu’on nous garantisse des prix justes et obligatoires pour la grande distribution et l’industrie », a déclaré à l’AFP Laurent Thérond de la Confédération paysanne du Vaucluse.

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