Culture fourragère

Semer sa prairie sous couvert pour une meilleure implantation


TNC le 17/06/2020 à 06:05
Semer une prairie sous couvert d'un mélange céréales-protéagineux permet d'obtenir plus de fourrage, un gain non négligeable pour les élevages qui subissent les sécheresses à répétition. (©TNC)

Semer une prairie sous couvert d'un mélange céréales-protéagineux permet d'obtenir plus de fourrage, un gain non négligeable pour les élevages qui subissent les sécheresses à répétition. (©TNC)

Semer une prairie sous couvert d'un mélange céréales-protéagineux : pourquoi, comment, à quelle période ? Stéphanie Guibert, spécialiste prairie à la chambre d'agriculture de Mayenne détaille cette technique permettant de pallier le manque de fourrage en élevage.

Pour faire face à des mois de septembre de plus en plus secs, mais aussi au manque de fourrage récurrent dans certaines régions, le semis de prairie sous couvert de mélange céréales-protéagineux s’impose de plus en plus dans les élevages. Retour sur les bonnes pratiques de cette technique avec la chambre d’agriculture des Pays de la Loire.

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Une prairie sous un mélange céréales-protéagineux

Le semis de prairie sous couvert consiste à implanter les espèces prairiales à l’automne, en même temps qu’un mélange céréales-protéagineux. Ainsi lorsque la culture est récoltée, la prairie est déjà prête à produire.

« Cette technique permet de décaler le semis de la prairie sur octobre dans des conditions d’humidité plus favorables », souligne Stéphanie Guibert, chargée de mission prairies à la chambre d’agriculture de Mayenne. Elle fait le point en vidéo sur cette technique suite à la journée « cultures et fourrages bio 2020 » annulée par souci sanitaire.

Un gain de fourrage non négligeable

Au delà de la réussite de l’implantation, le semis de prairie sous couvert présente d’autres avantages. « Le premier d’entre eux va être d’augmenter la production fourragère sur la première année, à partir du moment ou on récolte l’association céréales-protéagineux en fourrage », explique Stéphanie Guibert.

Vu sous un autre angle, la prairie sera également plus rapidement exploitable que dans une situation ou elle aurait été semée après la récolte de la céréale, que ce soit en fourrage ou en grain. La technique est également favorable à la gestion du salissement et elle ne demande qu’un passage de travail du sol pour l’implantation de la prairie et de la céréale. « Donc une économie de temps de travail et de carburant », analyse l’experte prairie.

Des dates d’implantation à respecter

Si le semis à l’automne ouvre des fenêtres d’implantation plus importantes qu’en fin d’été, la prairie doit aussi avoir le temps de s’implanter avant l’hiver. En Pays de la Loire, la période de semis optimale se situe entre le 10 et le 25 octobre. « Au delà, il existe un risque pour les espèces prairiales du fait des conditions parfois délicates comme ça a été le cas en 2019 avec une pluviométrie importante dès la fin du mois d’octobre », détaille Stéphanie Guibert. Le gel peut également être un problème pour les jeunes légumineuses type trèfle.

Pour la date de récolte du mélange céréales-protéagineux, il est nécessaire de trouver le bon équilibre entre rendement, qualité et redémarrage de la prairie présente en dessous de la culture. En 2019, les essais menés sur le site de Villiers-Charlemagne en Mayenne ont mis en évidence une date de récolte sur la dernière décade de mai pour obtenir le meilleur compromis entre ces trois critères.

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Des semis décalés ou en même temps

Techniquement, la céréale s’implante d’abord entre 2 et 3 cm, puis la prairie est semée à 1 cm. Les deux cultures peuvent être implantées en même temps si le semoir possède plusieurs trémies. Le choix des espèces dépend de la valorisation envisagée. « Cette technique est particulièrement adaptée aux prairies longues d’installation, type multi-espèces à base de fétuque élevée », indique la conseillère chambre.

Pour les céréales, elle préconise de privilégier les espèces couvrantes, comme l’avoine ou le triticale. La proportion de légumineuse dépendra elle de la destination finale de la culture, en grain ou en fourrage.