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Dossier : Installation

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Les coopératives et l'installation (3/3)

Paroles de jeunes : « Une sécurité financière et agronomique »


TNC le 24/08/2020 à 09:Aug
Woman worker portrait in the modern farm

Blue collar woman working in the farm

Selon une enquête de La Coopération Agricole, la plupart des coopératives proposent des dispositifs spécifiques pour les jeunes agriculteurs : aides financières, appui technique, accompagnement à la prise de responsabilités professionnelles... De leur côté, les nouveaux coopérateurs apportent « du dynamisme et une nouvelle vision de l'agriculture », insiste Denis Baro, président de La coopération Agricole de Nouvelle-Aquitaine. Et les jeunes installés, qu'en pensent-ils ? Quels liens entretiennent-ils avec leurs coops ? Témoignages...

[Témoignage 1] Thibault Tauzia, jeune polyculteur-éleveur en Dordogne

« Un prix et un contrat, ça rassure et permet de se projeter dans l’avenir »

« Grâce à ma coopérative, j’ai pu me lancer dans une nouvelle production pour assurer la rentabilité de mon projet », met en avant Thibault Tauzia. (©Semaine de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine)

Ayant repris il y a trois ans une exploitation de polyculture-élevage à Campagne (Dordogne), Thibault Tauzia, 26 ans, continue de travailler avec Maïsadour, le partenaire historique de la ferme. « Ainsi, j’ai eu l’opportunité de me lancer dans la production de maïs semence pour assurer la rentabilité de mon projet, explique-t-il. Être en coop rassure : on a un prix, un contrat. Les plans de financement apportent un cadre sécurisant et permettent de se projeter dans l’avenir. » Le jeune homme apprécie de pouvoir se comparer aux autres jeunes agriculteurs, d’échanger et de partager son expérience, tant sur l’installation elle-même que sur le plan technico-économique.

Il met également en avant l’appui technique que lui apporte la coopérative, lui qui a une formation en environnement et en commerce. « Ensemble, nous travaillons également sur de nombreux autres sujets tels que les relations entre l’agriculture et la société par exemple. Nous abordons tous les angles du métier de chef d’entreprise. » Pour lui, la coopération est aussi une « histoire humaine », qui favorise les échanges entre plusieurs générations d’agriculteurs et développe « le sens de l’engagement ». « Je me sens impliqué professionnellement et dans mon territoire, tant au niveau économique que social », conclut Thibault.  

Les jeunes agriculteurs étaient au centre du dernier congrès de La Coopération Agricole, en décembre 2019 : Les coopératives en quête d’un nouveau souffle

[Témoignage 2] Julien Biteau, jeune éleveur allaitant en Charente-Maritime

« Aller plus loin en agronomie et développer le troupeau »

Julien Biteau a bénéficié de l’appui technique et financier des coopératives Terre Atlantique et d’insémination artificielle. (©Semaine de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine)

Julien Biteau, issu du milieu agricole mais installé en hors cadre familial à Champdolent en Charente-Maritime, en production bovine allaitante, a lui aussi bénéficié d’un accompagnement financier de sa coopérative, Terre Atlantique : une aide à l’hectare dégressive sur cinq ans en fonction de la surface engagée, ce qui revient à une avance de trésorerie en quelque sorte.

Le groupe coopératif a également assuré un suivi technique approfondi, grâce auquel le jeune producteur a pu « aller plus loin en agronomie, au niveau du choix des semences et de l’amélioration de la structure du sol en particulier ». « Ma coop d’insémination m’a également aidé financièrement et techniquement, pour sélectionner les taureaux et développer le troupeau, poursuit-il. Un soutien bienvenu car « il n’est pas facile de maîtriser la reproduction et l’alimentation en race blonde d’Aquitaine. »

Retrouvez, à propos de la Semaine de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine, cet autre article : Jeunes et passionnés de concours (1/2) − Clara et Amandine : « Montrer aux gens que les éleveurs aiment leurs bêtes ! »

[Témoignage 3] Christophe Villier, jeune agriculteur en Gironde

« La viabilité de mon projet a été confortée »

« J’ai pu intégrer, peu de temps après mon installation, les démarches Agri Confiance et HVE de niveau 3. »(©Semaine de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine)

Quant à Christophe Villier, jeune agriculteur à Rauzan en Gironde, sa coopérative viticole lui a proposé, avec la Safer, un portage de foncier sur 4 ha pendant 5 ans. La Cavac, elle, lui a accordé une avance de trésorerie, un suivi technique et un appui aux démarches administratives. « Grâce à cela, la viabilité de mon projet a été confortée. Sinon l’exploitation aurait été trop petite pour que je puisse m’installer. J’ai également pu intégrer, peu de temps après mon installation, les démarches Agri Confiance et HVE de niveau 3. »

Le portage du foncier agricole était au coeur des débats du congrès des Propriétaires ruraux 2019.

[Témoignage 4] Angélique Chabrely, jeune exploitante en Haute-Vienne

« Sans la Cuma, l’investissement aurait été trop lourd »

Adhérer à une Cuma permet d’utiliser « des machines performantes à moindre coût », fait remarquer Angélique Chabrely. (©Semaine de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine)

Angélique Chabrely, enfin, s’est installée avec son mari, suite à une reconversion professionnelle, sur la ferme de ses beaux-parents à Saint-Paul en Haute-Vienne (céréales, vaches allaitantes, brebis avec création d’un nouvel atelier de volailles en vente directe). Plutôt que d’acheter le matériel nécessaire au travail de l’exploitation, même en copropriété, la jeune femme préfère adhérer à la Cuma du village pour « avoir des machines performantes à moindre coût ». « J’avais déjà racheté des parts sociales pour entrer dans le Gaec, mais aussi les terres et les animaux, précise-t-elle. Avec le matériel, l’investissement aurait été trop lourd. »

Retrouvez le témoignage d’A. Clément, directeur de la coop de Milly : Commercialisation des céréales : un processus fortement encadré

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