sommaire

Sommaire du dossier

Dossier : Réforme de la PAC

précédent

/5

articles

suivant

Installation hors cadre familial

« Accueillir et accompagner ces nouvelles personnes dont l'agriculture a besoin »


TNC le 29/11/2019 à 08:47

Parce que le renouvellement des générations d'agriculteurs ne peut plus s'appuyer seulement sur les successions de parents à enfants, les chambres d'agriculture, en Bretagne notamment, cherchent à mieux accompagner les transmissions hors cadre familial grâce, entre autres, au stage de parrainage et à la formation. « Le secteur agricole a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d'agriculture », souligne Isabelle Le Bars, de la chambre régionale d'agriculture. Il faut « faire preuve d'ouverture et les accueillir dans les meilleures conditions possibles. »

L’accompagnement, un enjeu

L’installation des jeunes agriculteurs est depuis longtemps un dossier prioritaire au sein des chambres d’agriculture. Face au nombre croissant, ces dernières années, de porteurs de projet non issus du milieu agricole, les « nima » comme on les appelle, elles ont décidé de mettre l’accent sur l’accompagnement des candidats qui s’installent hors cadre familial. Plusieurs dispositifs existent « pour aider ces personnes qui sont parfois en reconversion professionnelle et qui, passionnées par le vivant, sont attirées par l’agriculture », explique Marie-Isabelle Le Bars, cheffe du service « installation/transmission » de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Actuellement, dans la région comme à l’échelle nationale, beaucoup d’exploitants partent à la retraite ou cessent leur activité en cours de carrière, et cherchent donc à transmettre leur exploitation ou à se faire remplacer s’ils sont associés dans une société agricole. « En même temps, de nombreux jeunes nous appellent et il est important de les accompagner pour qu’ils s’installent dans les meilleures conditions. Cela fait partie des missions des chambres d’agriculture », poursuit Marie-Isabelle Le Bars. Et selon elle, il est essentiel d’accorder une attention particulière à l’installation hors cadre familial, car le secteur agricole « a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d’agriculture ». « Aujourd’hui, agriculteur est un métier qui passionne », constate-t-elle.

Plusieurs outils disponibles

  • le RDI (répertoire départ installation)

« C’est le principal dispositif, met en avant Marie-Isabelle Le Bars. Il s’agit d’un registre des fermes à reprendre et il y en a 500 rien qu’en Bretagne ! » Pour y figurer, les cédants sans repreneur et les associés sans remplaçant doivent s’adresser à la chambre d’agriculture. « De notre côté, nous sommes en contact avec des porteurs de projet dans le cadre de leur parcours à l’installation. Notre métier est de faciliter la rencontre entre ces deux publics. » Le RDI est particulièrement intéressant pour les jeunes qui s’installent hors cadre familial et qui peinent souvent à trouver une exploitation.

« Nous avons presque autant de demandes que d’offres », ce qui n’est pas le cas partout en France, « mais il faut que ça matche entre le cédant et le repreneur, et entre le repreneur et la ferme, tant sur le plan géographique et juridique, puisque la plupart des jeunes veulent le statut individuel alors que la majorité des inscrits au répertoire sont en société, qu’au niveau des productions, du prix de cession et des aspects humains. Car il faut s’entendre et ce n’est pas toujours évident, d’ailleurs, nous proposons un accompagnement spécifique dans ce domaine. »

Les échanges et le travail en commun entre cédant et repreneur facilitent la réussite de l’installation comme de la transmission. (©Countrypixel, Fotolia)

  • Le stage de parrainage

« Cet outil a également un grand intérêt pour les hors cadre familiaux car le métier d’agriculteur ne s’improvise pas », insiste la spécialiste. Il permet de « tester l’installation » sur la ferme que l’on souhaite reprendre, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an. Le cédant peut ainsi transmettre son savoir-faire et son expérience au repreneur qui, lui, a davantage le temps de les assimiler et d’apprendre à connaître la ferme.

À propos du stage de parrainage, lisez le témoignage de Damien Moisan, éleveur, qui a bénéficié de ce dispositif.

« Grâce au stage de parrainage, de futurs associés peuvent aussi tester leur entente et leur aptitude à travailler ensemble avant de se mettre en société. » Un peu comme le droit à l’essai en Haute-Savoie et que Gaec et sociétés espère étendre à d’autres départements.

Pour en savoir plus sur le droit à l’essai pour les sociétés agricoles, lire l’interview de Gilles Brenon, président de Gaec et sociétés.

  • La formation

« Il y a beaucoup d’envie autour de l’agriculture mais aussi beaucoup de rêves » et lorsque les jeunes mettent « les bottes » sur le terrain, la réalité peut s’avérer différente de ce qu’ils imaginaient. D’où l’importance de bien se former d’autant qu’ « un agriculteur n’exerce pas un mais plusieurs métiers : produire, transformer, vendre, gérer, manager communiquer, etc. Les producteurs sont désormais de vrais chefs d’entreprise devant répondre à des attentes sociétales et des enjeux de plus en plus forts ».

Lorsqu’on s’installe et même après, de nombreuses formations sont proposées, qualifiantes ou pour se perfectionner, dans les domaines technique, sur la transformation des productions par exemple, commercial, « pour apprendre entre autres à réaliser des études de marché », de gestion, « pour maîtriser ses chiffres », et dans les ressources humaines puisqu’« un certain nombre d’exploitants seront amenés à embaucher des salariés ». « La plupart d’entre elles sont dites « entrepreneuriales » puisqu’elles font partie du parcours à l’installation, qui est un vrai parcours de créateur d’entreprise », résume Marie-Isabelle.

Alexis Berton, lui, a effectué son stage six mois chez le cédant.

  • Le salariat

Être salarié dans plusieurs exploitations quelques années, via par exemple le service de remplacement, et/ou sur la ferme où l’on désire s’installer permet, aux porteurs de projet, de découvrir concrètement le métier, et notamment ses multiples facettes, en multipliant les expériences, dans différents systèmes et productions, et en observant diverses façons de voir et de faire.

À ce sujet, lire l’article : Témoignages − Le service de remplacement, rampe de lancement de l’installation

« Accueillir en faisant preuve d’ouverture »

« Il y a des places à prendre en agriculture. Agriculteur est un beau métier quand on s’y prépare bien, conclut Marie-Isabelle Le Bars. Il faut notamment s’assurer qu’il est fait pour soi. Une question à se poser que l’on veuille s’installer ou être salarié agricole. Les cédants, qui cherchent à transmettre leur ferme ou qui quittent une société, ont un rôle important à jouer pour favoriser l’installation hors cadre familial, en faisant preuve d’ouverture et en accueillant, dans les meilleures conditions possibles, les nouveaux arrivants dans le monde agricole. »

sommaire

Sommaire du dossier

Dossier : Transmission

précédent

/15

articles

suivant

Installation hors cadre familial

« Accueillir et accompagner ces nouvelles personnes dont l'agriculture a besoin »


TNC le 29/11/2019 à 08:47

Parce que le renouvellement des générations d'agriculteurs ne peut plus s'appuyer seulement sur les successions de parents à enfants, les chambres d'agriculture, en Bretagne notamment, cherchent à mieux accompagner les transmissions hors cadre familial grâce, entre autres, au stage de parrainage et à la formation. « Le secteur agricole a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d'agriculture », souligne Isabelle Le Bars, de la chambre régionale d'agriculture. Il faut « faire preuve d'ouverture et les accueillir dans les meilleures conditions possibles. »

L’accompagnement, un enjeu

L’installation des jeunes agriculteurs est depuis longtemps un dossier prioritaire au sein des chambres d’agriculture. Face au nombre croissant, ces dernières années, de porteurs de projet non issus du milieu agricole, les « nima » comme on les appelle, elles ont décidé de mettre l’accent sur l’accompagnement des candidats qui s’installent hors cadre familial. Plusieurs dispositifs existent « pour aider ces personnes qui sont parfois en reconversion professionnelle et qui, passionnées par le vivant, sont attirées par l’agriculture », explique Marie-Isabelle Le Bars, cheffe du service « installation/transmission » de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Actuellement, dans la région comme à l’échelle nationale, beaucoup d’exploitants partent à la retraite ou cessent leur activité en cours de carrière, et cherchent donc à transmettre leur exploitation ou à se faire remplacer s’ils sont associés dans une société agricole. « En même temps, de nombreux jeunes nous appellent et il est important de les accompagner pour qu’ils s’installent dans les meilleures conditions. Cela fait partie des missions des chambres d’agriculture », poursuit Marie-Isabelle Le Bars. Et selon elle, il est essentiel d’accorder une attention particulière à l’installation hors cadre familial, car le secteur agricole « a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d’agriculture ». « Aujourd’hui, agriculteur est un métier qui passionne », constate-t-elle.

Plusieurs outils disponibles

  • le RDI (répertoire départ installation)

« C’est le principal dispositif, met en avant Marie-Isabelle Le Bars. Il s’agit d’un registre des fermes à reprendre et il y en a 500 rien qu’en Bretagne ! » Pour y figurer, les cédants sans repreneur et les associés sans remplaçant doivent s’adresser à la chambre d’agriculture. « De notre côté, nous sommes en contact avec des porteurs de projet dans le cadre de leur parcours à l’installation. Notre métier est de faciliter la rencontre entre ces deux publics. » Le RDI est particulièrement intéressant pour les jeunes qui s’installent hors cadre familial et qui peinent souvent à trouver une exploitation.

« Nous avons presque autant de demandes que d’offres », ce qui n’est pas le cas partout en France, « mais il faut que ça matche entre le cédant et le repreneur, et entre le repreneur et la ferme, tant sur le plan géographique et juridique, puisque la plupart des jeunes veulent le statut individuel alors que la majorité des inscrits au répertoire sont en société, qu’au niveau des productions, du prix de cession et des aspects humains. Car il faut s’entendre et ce n’est pas toujours évident, d’ailleurs, nous proposons un accompagnement spécifique dans ce domaine. »

Les échanges et le travail en commun entre cédant et repreneur facilitent la réussite de l’installation comme de la transmission. (©Countrypixel, Fotolia)

  • Le stage de parrainage

« Cet outil a également un grand intérêt pour les hors cadre familiaux car le métier d’agriculteur ne s’improvise pas », insiste la spécialiste. Il permet de « tester l’installation » sur la ferme que l’on souhaite reprendre, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an. Le cédant peut ainsi transmettre son savoir-faire et son expérience au repreneur qui, lui, a davantage le temps de les assimiler et d’apprendre à connaître la ferme.

À propos du stage de parrainage, lisez le témoignage de Damien Moisan, éleveur, qui a bénéficié de ce dispositif.

« Grâce au stage de parrainage, de futurs associés peuvent aussi tester leur entente et leur aptitude à travailler ensemble avant de se mettre en société. » Un peu comme le droit à l’essai en Haute-Savoie et que Gaec et sociétés espère étendre à d’autres départements.

Pour en savoir plus sur le droit à l’essai pour les sociétés agricoles, lire l’interview de Gilles Brenon, président de Gaec et sociétés.

  • La formation

« Il y a beaucoup d’envie autour de l’agriculture mais aussi beaucoup de rêves » et lorsque les jeunes mettent « les bottes » sur le terrain, la réalité peut s’avérer différente de ce qu’ils imaginaient. D’où l’importance de bien se former d’autant qu’ « un agriculteur n’exerce pas un mais plusieurs métiers : produire, transformer, vendre, gérer, manager communiquer, etc. Les producteurs sont désormais de vrais chefs d’entreprise devant répondre à des attentes sociétales et des enjeux de plus en plus forts ».

Lorsqu’on s’installe et même après, de nombreuses formations sont proposées, qualifiantes ou pour se perfectionner, dans les domaines technique, sur la transformation des productions par exemple, commercial, « pour apprendre entre autres à réaliser des études de marché », de gestion, « pour maîtriser ses chiffres », et dans les ressources humaines puisqu’« un certain nombre d’exploitants seront amenés à embaucher des salariés ». « La plupart d’entre elles sont dites « entrepreneuriales » puisqu’elles font partie du parcours à l’installation, qui est un vrai parcours de créateur d’entreprise », résume Marie-Isabelle.

Alexis Berton, lui, a effectué son stage six mois chez le cédant.

  • Le salariat

Être salarié dans plusieurs exploitations quelques années, via par exemple le service de remplacement, et/ou sur la ferme où l’on désire s’installer permet, aux porteurs de projet, de découvrir concrètement le métier, et notamment ses multiples facettes, en multipliant les expériences, dans différents systèmes et productions, et en observant diverses façons de voir et de faire.

À ce sujet, lire l’article : Témoignages − Le service de remplacement, rampe de lancement de l’installation

« Accueillir en faisant preuve d’ouverture »

« Il y a des places à prendre en agriculture. Agriculteur est un beau métier quand on s’y prépare bien, conclut Marie-Isabelle Le Bars. Il faut notamment s’assurer qu’il est fait pour soi. Une question à se poser que l’on veuille s’installer ou être salarié agricole. Les cédants, qui cherchent à transmettre leur ferme ou qui quittent une société, ont un rôle important à jouer pour favoriser l’installation hors cadre familial, en faisant preuve d’ouverture et en accueillant, dans les meilleures conditions possibles, les nouveaux arrivants dans le monde agricole. »

sommaire

Sommaire du dossier

Dossier : Installation

précédent

1/12

articles

suivant

Installation hors cadre familial

« Accueillir et accompagner ces nouvelles personnes dont l'agriculture a besoin »


TNC le 29/11/2019 à 08:47

Parce que le renouvellement des générations d'agriculteurs ne peut plus s'appuyer seulement sur les successions de parents à enfants, les chambres d'agriculture, en Bretagne notamment, cherchent à mieux accompagner les transmissions hors cadre familial grâce, entre autres, au stage de parrainage et à la formation. « Le secteur agricole a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d'agriculture », souligne Isabelle Le Bars, de la chambre régionale d'agriculture. Il faut « faire preuve d'ouverture et les accueillir dans les meilleures conditions possibles. »

L’accompagnement, un enjeu

L’installation des jeunes agriculteurs est depuis longtemps un dossier prioritaire au sein des chambres d’agriculture. Face au nombre croissant, ces dernières années, de porteurs de projet non issus du milieu agricole, les « nima » comme on les appelle, elles ont décidé de mettre l’accent sur l’accompagnement des candidats qui s’installent hors cadre familial. Plusieurs dispositifs existent « pour aider ces personnes qui sont parfois en reconversion professionnelle et qui, passionnées par le vivant, sont attirées par l’agriculture », explique Marie-Isabelle Le Bars, cheffe du service « installation/transmission » de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Actuellement, dans la région comme à l’échelle nationale, beaucoup d’exploitants partent à la retraite ou cessent leur activité en cours de carrière, et cherchent donc à transmettre leur exploitation ou à se faire remplacer s’ils sont associés dans une société agricole. « En même temps, de nombreux jeunes nous appellent et il est important de les accompagner pour qu’ils s’installent dans les meilleures conditions. Cela fait partie des missions des chambres d’agriculture », poursuit Marie-Isabelle Le Bars. Et selon elle, il est essentiel d’accorder une attention particulière à l’installation hors cadre familial, car le secteur agricole « a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d’agriculture ». « Aujourd’hui, agriculteur est un métier qui passionne », constate-t-elle.

Plusieurs outils disponibles

  • le RDI (répertoire départ installation)

« C’est le principal dispositif, met en avant Marie-Isabelle Le Bars. Il s’agit d’un registre des fermes à reprendre et il y en a 500 rien qu’en Bretagne ! » Pour y figurer, les cédants sans repreneur et les associés sans remplaçant doivent s’adresser à la chambre d’agriculture. « De notre côté, nous sommes en contact avec des porteurs de projet dans le cadre de leur parcours à l’installation. Notre métier est de faciliter la rencontre entre ces deux publics. » Le RDI est particulièrement intéressant pour les jeunes qui s’installent hors cadre familial et qui peinent souvent à trouver une exploitation.

« Nous avons presque autant de demandes que d’offres », ce qui n’est pas le cas partout en France, « mais il faut que ça matche entre le cédant et le repreneur, et entre le repreneur et la ferme, tant sur le plan géographique et juridique, puisque la plupart des jeunes veulent le statut individuel alors que la majorité des inscrits au répertoire sont en société, qu’au niveau des productions, du prix de cession et des aspects humains. Car il faut s’entendre et ce n’est pas toujours évident, d’ailleurs, nous proposons un accompagnement spécifique dans ce domaine. »

Les échanges et le travail en commun entre cédant et repreneur facilitent la réussite de l’installation comme de la transmission. (©Countrypixel, Fotolia)

  • Le stage de parrainage

« Cet outil a également un grand intérêt pour les hors cadre familiaux car le métier d’agriculteur ne s’improvise pas », insiste la spécialiste. Il permet de « tester l’installation » sur la ferme que l’on souhaite reprendre, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an. Le cédant peut ainsi transmettre son savoir-faire et son expérience au repreneur qui, lui, a davantage le temps de les assimiler et d’apprendre à connaître la ferme.

À propos du stage de parrainage, lisez le témoignage de Damien Moisan, éleveur, qui a bénéficié de ce dispositif.

« Grâce au stage de parrainage, de futurs associés peuvent aussi tester leur entente et leur aptitude à travailler ensemble avant de se mettre en société. » Un peu comme le droit à l’essai en Haute-Savoie et que Gaec et sociétés espère étendre à d’autres départements.

Pour en savoir plus sur le droit à l’essai pour les sociétés agricoles, lire l’interview de Gilles Brenon, président de Gaec et sociétés.

  • La formation

« Il y a beaucoup d’envie autour de l’agriculture mais aussi beaucoup de rêves » et lorsque les jeunes mettent « les bottes » sur le terrain, la réalité peut s’avérer différente de ce qu’ils imaginaient. D’où l’importance de bien se former d’autant qu’ « un agriculteur n’exerce pas un mais plusieurs métiers : produire, transformer, vendre, gérer, manager communiquer, etc. Les producteurs sont désormais de vrais chefs d’entreprise devant répondre à des attentes sociétales et des enjeux de plus en plus forts ».

Lorsqu’on s’installe et même après, de nombreuses formations sont proposées, qualifiantes ou pour se perfectionner, dans les domaines technique, sur la transformation des productions par exemple, commercial, « pour apprendre entre autres à réaliser des études de marché », de gestion, « pour maîtriser ses chiffres », et dans les ressources humaines puisqu’« un certain nombre d’exploitants seront amenés à embaucher des salariés ». « La plupart d’entre elles sont dites « entrepreneuriales » puisqu’elles font partie du parcours à l’installation, qui est un vrai parcours de créateur d’entreprise », résume Marie-Isabelle.

Alexis Berton, lui, a effectué son stage six mois chez le cédant.

  • Le salariat

Être salarié dans plusieurs exploitations quelques années, via par exemple le service de remplacement, et/ou sur la ferme où l’on désire s’installer permet, aux porteurs de projet, de découvrir concrètement le métier, et notamment ses multiples facettes, en multipliant les expériences, dans différents systèmes et productions, et en observant diverses façons de voir et de faire.

À ce sujet, lire l’article : Témoignages − Le service de remplacement, rampe de lancement de l’installation

« Accueillir en faisant preuve d’ouverture »

« Il y a des places à prendre en agriculture. Agriculteur est un beau métier quand on s’y prépare bien, conclut Marie-Isabelle Le Bars. Il faut notamment s’assurer qu’il est fait pour soi. Une question à se poser que l’on veuille s’installer ou être salarié agricole. Les cédants, qui cherchent à transmettre leur ferme ou qui quittent une société, ont un rôle important à jouer pour favoriser l’installation hors cadre familial, en faisant preuve d’ouverture et en accueillant, dans les meilleures conditions possibles, les nouveaux arrivants dans le monde agricole. »

sommaire

Sommaire du dossier

Dossier : Innovations Agritechnica

précédent

/15

articles

suivant

Installation hors cadre familial

« Accueillir et accompagner ces nouvelles personnes dont l'agriculture a besoin »


TNC le 29/11/2019 à 08:47

Parce que le renouvellement des générations d'agriculteurs ne peut plus s'appuyer seulement sur les successions de parents à enfants, les chambres d'agriculture, en Bretagne notamment, cherchent à mieux accompagner les transmissions hors cadre familial grâce, entre autres, au stage de parrainage et à la formation. « Le secteur agricole a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d'agriculture », souligne Isabelle Le Bars, de la chambre régionale d'agriculture. Il faut « faire preuve d'ouverture et les accueillir dans les meilleures conditions possibles. »

L’accompagnement, un enjeu

L’installation des jeunes agriculteurs est depuis longtemps un dossier prioritaire au sein des chambres d’agriculture. Face au nombre croissant, ces dernières années, de porteurs de projet non issus du milieu agricole, les « nima » comme on les appelle, elles ont décidé de mettre l’accent sur l’accompagnement des candidats qui s’installent hors cadre familial. Plusieurs dispositifs existent « pour aider ces personnes qui sont parfois en reconversion professionnelle et qui, passionnées par le vivant, sont attirées par l’agriculture », explique Marie-Isabelle Le Bars, cheffe du service « installation/transmission » de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Actuellement, dans la région comme à l’échelle nationale, beaucoup d’exploitants partent à la retraite ou cessent leur activité en cours de carrière, et cherchent donc à transmettre leur exploitation ou à se faire remplacer s’ils sont associés dans une société agricole. « En même temps, de nombreux jeunes nous appellent et il est important de les accompagner pour qu’ils s’installent dans les meilleures conditions. Cela fait partie des missions des chambres d’agriculture », poursuit Marie-Isabelle Le Bars. Et selon elle, il est essentiel d’accorder une attention particulière à l’installation hors cadre familial, car le secteur agricole « a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d’agriculture ». « Aujourd’hui, agriculteur est un métier qui passionne », constate-t-elle.

Plusieurs outils disponibles

  • le RDI (répertoire départ installation)

« C’est le principal dispositif, met en avant Marie-Isabelle Le Bars. Il s’agit d’un registre des fermes à reprendre et il y en a 500 rien qu’en Bretagne ! » Pour y figurer, les cédants sans repreneur et les associés sans remplaçant doivent s’adresser à la chambre d’agriculture. « De notre côté, nous sommes en contact avec des porteurs de projet dans le cadre de leur parcours à l’installation. Notre métier est de faciliter la rencontre entre ces deux publics. » Le RDI est particulièrement intéressant pour les jeunes qui s’installent hors cadre familial et qui peinent souvent à trouver une exploitation.

« Nous avons presque autant de demandes que d’offres », ce qui n’est pas le cas partout en France, « mais il faut que ça matche entre le cédant et le repreneur, et entre le repreneur et la ferme, tant sur le plan géographique et juridique, puisque la plupart des jeunes veulent le statut individuel alors que la majorité des inscrits au répertoire sont en société, qu’au niveau des productions, du prix de cession et des aspects humains. Car il faut s’entendre et ce n’est pas toujours évident, d’ailleurs, nous proposons un accompagnement spécifique dans ce domaine. »

Les échanges et le travail en commun entre cédant et repreneur facilitent la réussite de l’installation comme de la transmission. (©Countrypixel, Fotolia)

  • Le stage de parrainage

« Cet outil a également un grand intérêt pour les hors cadre familiaux car le métier d’agriculteur ne s’improvise pas », insiste la spécialiste. Il permet de « tester l’installation » sur la ferme que l’on souhaite reprendre, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an. Le cédant peut ainsi transmettre son savoir-faire et son expérience au repreneur qui, lui, a davantage le temps de les assimiler et d’apprendre à connaître la ferme.

À propos du stage de parrainage, lisez le témoignage de Damien Moisan, éleveur, qui a bénéficié de ce dispositif.

« Grâce au stage de parrainage, de futurs associés peuvent aussi tester leur entente et leur aptitude à travailler ensemble avant de se mettre en société. » Un peu comme le droit à l’essai en Haute-Savoie et que Gaec et sociétés espère étendre à d’autres départements.

Pour en savoir plus sur le droit à l’essai pour les sociétés agricoles, lire l’interview de Gilles Brenon, président de Gaec et sociétés.

  • La formation

« Il y a beaucoup d’envie autour de l’agriculture mais aussi beaucoup de rêves » et lorsque les jeunes mettent « les bottes » sur le terrain, la réalité peut s’avérer différente de ce qu’ils imaginaient. D’où l’importance de bien se former d’autant qu’ « un agriculteur n’exerce pas un mais plusieurs métiers : produire, transformer, vendre, gérer, manager communiquer, etc. Les producteurs sont désormais de vrais chefs d’entreprise devant répondre à des attentes sociétales et des enjeux de plus en plus forts ».

Lorsqu’on s’installe et même après, de nombreuses formations sont proposées, qualifiantes ou pour se perfectionner, dans les domaines technique, sur la transformation des productions par exemple, commercial, « pour apprendre entre autres à réaliser des études de marché », de gestion, « pour maîtriser ses chiffres », et dans les ressources humaines puisqu’« un certain nombre d’exploitants seront amenés à embaucher des salariés ». « La plupart d’entre elles sont dites « entrepreneuriales » puisqu’elles font partie du parcours à l’installation, qui est un vrai parcours de créateur d’entreprise », résume Marie-Isabelle.

Alexis Berton, lui, a effectué son stage six mois chez le cédant.

  • Le salariat

Être salarié dans plusieurs exploitations quelques années, via par exemple le service de remplacement, et/ou sur la ferme où l’on désire s’installer permet, aux porteurs de projet, de découvrir concrètement le métier, et notamment ses multiples facettes, en multipliant les expériences, dans différents systèmes et productions, et en observant diverses façons de voir et de faire.

À ce sujet, lire l’article : Témoignages − Le service de remplacement, rampe de lancement de l’installation

« Accueillir en faisant preuve d’ouverture »

« Il y a des places à prendre en agriculture. Agriculteur est un beau métier quand on s’y prépare bien, conclut Marie-Isabelle Le Bars. Il faut notamment s’assurer qu’il est fait pour soi. Une question à se poser que l’on veuille s’installer ou être salarié agricole. Les cédants, qui cherchent à transmettre leur ferme ou qui quittent une société, ont un rôle important à jouer pour favoriser l’installation hors cadre familial, en faisant preuve d’ouverture et en accueillant, dans les meilleures conditions possibles, les nouveaux arrivants dans le monde agricole. »

Installation hors cadre familial

« Accueillir et accompagner ces nouvelles personnes dont l'agriculture a besoin »


TNC le 29/11/2019 à 08:47

Parce que le renouvellement des générations d'agriculteurs ne peut plus s'appuyer seulement sur les successions de parents à enfants, les chambres d'agriculture, en Bretagne notamment, cherchent à mieux accompagner les transmissions hors cadre familial grâce, entre autres, au stage de parrainage et à la formation. « Le secteur agricole a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d'agriculture », souligne Isabelle Le Bars, de la chambre régionale d'agriculture. Il faut « faire preuve d'ouverture et les accueillir dans les meilleures conditions possibles. »

L’accompagnement, un enjeu

L’installation des jeunes agriculteurs est depuis longtemps un dossier prioritaire au sein des chambres d’agriculture. Face au nombre croissant, ces dernières années, de porteurs de projet non issus du milieu agricole, les « nima » comme on les appelle, elles ont décidé de mettre l’accent sur l’accompagnement des candidats qui s’installent hors cadre familial. Plusieurs dispositifs existent « pour aider ces personnes qui sont parfois en reconversion professionnelle et qui, passionnées par le vivant, sont attirées par l’agriculture », explique Marie-Isabelle Le Bars, cheffe du service « installation/transmission » de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Actuellement, dans la région comme à l’échelle nationale, beaucoup d’exploitants partent à la retraite ou cessent leur activité en cours de carrière, et cherchent donc à transmettre leur exploitation ou à se faire remplacer s’ils sont associés dans une société agricole. « En même temps, de nombreux jeunes nous appellent et il est important de les accompagner pour qu’ils s’installent dans les meilleures conditions. Cela fait partie des missions des chambres d’agriculture », poursuit Marie-Isabelle Le Bars. Et selon elle, il est essentiel d’accorder une attention particulière à l’installation hors cadre familial, car le secteur agricole « a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d’agriculture ». « Aujourd’hui, agriculteur est un métier qui passionne », constate-t-elle.

Plusieurs outils disponibles

  • le RDI (répertoire départ installation)

« C’est le principal dispositif, met en avant Marie-Isabelle Le Bars. Il s’agit d’un registre des fermes à reprendre et il y en a 500 rien qu’en Bretagne ! » Pour y figurer, les cédants sans repreneur et les associés sans remplaçant doivent s’adresser à la chambre d’agriculture. « De notre côté, nous sommes en contact avec des porteurs de projet dans le cadre de leur parcours à l’installation. Notre métier est de faciliter la rencontre entre ces deux publics. » Le RDI est particulièrement intéressant pour les jeunes qui s’installent hors cadre familial et qui peinent souvent à trouver une exploitation.

« Nous avons presque autant de demandes que d’offres », ce qui n’est pas le cas partout en France, « mais il faut que ça matche entre le cédant et le repreneur, et entre le repreneur et la ferme, tant sur le plan géographique et juridique, puisque la plupart des jeunes veulent le statut individuel alors que la majorité des inscrits au répertoire sont en société, qu’au niveau des productions, du prix de cession et des aspects humains. Car il faut s’entendre et ce n’est pas toujours évident, d’ailleurs, nous proposons un accompagnement spécifique dans ce domaine. »

Les échanges et le travail en commun entre cédant et repreneur facilitent la réussite de l’installation comme de la transmission. (©Countrypixel, Fotolia)

  • Le stage de parrainage

« Cet outil a également un grand intérêt pour les hors cadre familiaux car le métier d’agriculteur ne s’improvise pas », insiste la spécialiste. Il permet de « tester l’installation » sur la ferme que l’on souhaite reprendre, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an. Le cédant peut ainsi transmettre son savoir-faire et son expérience au repreneur qui, lui, a davantage le temps de les assimiler et d’apprendre à connaître la ferme.

À propos du stage de parrainage, lisez le témoignage de Damien Moisan, éleveur, qui a bénéficié de ce dispositif.

« Grâce au stage de parrainage, de futurs associés peuvent aussi tester leur entente et leur aptitude à travailler ensemble avant de se mettre en société. » Un peu comme le droit à l’essai en Haute-Savoie et que Gaec et sociétés espère étendre à d’autres départements.

Pour en savoir plus sur le droit à l’essai pour les sociétés agricoles, lire l’interview de Gilles Brenon, président de Gaec et sociétés.

  • La formation

« Il y a beaucoup d’envie autour de l’agriculture mais aussi beaucoup de rêves » et lorsque les jeunes mettent « les bottes » sur le terrain, la réalité peut s’avérer différente de ce qu’ils imaginaient. D’où l’importance de bien se former d’autant qu’ « un agriculteur n’exerce pas un mais plusieurs métiers : produire, transformer, vendre, gérer, manager communiquer, etc. Les producteurs sont désormais de vrais chefs d’entreprise devant répondre à des attentes sociétales et des enjeux de plus en plus forts ».

Lorsqu’on s’installe et même après, de nombreuses formations sont proposées, qualifiantes ou pour se perfectionner, dans les domaines technique, sur la transformation des productions par exemple, commercial, « pour apprendre entre autres à réaliser des études de marché », de gestion, « pour maîtriser ses chiffres », et dans les ressources humaines puisqu’« un certain nombre d’exploitants seront amenés à embaucher des salariés ». « La plupart d’entre elles sont dites « entrepreneuriales » puisqu’elles font partie du parcours à l’installation, qui est un vrai parcours de créateur d’entreprise », résume Marie-Isabelle.

Alexis Berton, lui, a effectué son stage six mois chez le cédant.

  • Le salariat

Être salarié dans plusieurs exploitations quelques années, via par exemple le service de remplacement, et/ou sur la ferme où l’on désire s’installer permet, aux porteurs de projet, de découvrir concrètement le métier, et notamment ses multiples facettes, en multipliant les expériences, dans différents systèmes et productions, et en observant diverses façons de voir et de faire.

À ce sujet, lire l’article : Témoignages − Le service de remplacement, rampe de lancement de l’installation

« Accueillir en faisant preuve d’ouverture »

« Il y a des places à prendre en agriculture. Agriculteur est un beau métier quand on s’y prépare bien, conclut Marie-Isabelle Le Bars. Il faut notamment s’assurer qu’il est fait pour soi. Une question à se poser que l’on veuille s’installer ou être salarié agricole. Les cédants, qui cherchent à transmettre leur ferme ou qui quittent une société, ont un rôle important à jouer pour favoriser l’installation hors cadre familial, en faisant preuve d’ouverture et en accueillant, dans les meilleures conditions possibles, les nouveaux arrivants dans le monde agricole. »

sommaire

Sommaire du dossier

Dossier : Incendie Lubrizol

précédent

/31

articles

suivant

Installation hors cadre familial

« Accueillir et accompagner ces nouvelles personnes dont l'agriculture a besoin »


TNC le 29/11/2019 à 08:47

Parce que le renouvellement des générations d'agriculteurs ne peut plus s'appuyer seulement sur les successions de parents à enfants, les chambres d'agriculture, en Bretagne notamment, cherchent à mieux accompagner les transmissions hors cadre familial grâce, entre autres, au stage de parrainage et à la formation. « Le secteur agricole a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d'agriculture », souligne Isabelle Le Bars, de la chambre régionale d'agriculture. Il faut « faire preuve d'ouverture et les accueillir dans les meilleures conditions possibles. »

L’accompagnement, un enjeu

L’installation des jeunes agriculteurs est depuis longtemps un dossier prioritaire au sein des chambres d’agriculture. Face au nombre croissant, ces dernières années, de porteurs de projet non issus du milieu agricole, les « nima » comme on les appelle, elles ont décidé de mettre l’accent sur l’accompagnement des candidats qui s’installent hors cadre familial. Plusieurs dispositifs existent « pour aider ces personnes qui sont parfois en reconversion professionnelle et qui, passionnées par le vivant, sont attirées par l’agriculture », explique Marie-Isabelle Le Bars, cheffe du service « installation/transmission » de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Actuellement, dans la région comme à l’échelle nationale, beaucoup d’exploitants partent à la retraite ou cessent leur activité en cours de carrière, et cherchent donc à transmettre leur exploitation ou à se faire remplacer s’ils sont associés dans une société agricole. « En même temps, de nombreux jeunes nous appellent et il est important de les accompagner pour qu’ils s’installent dans les meilleures conditions. Cela fait partie des missions des chambres d’agriculture », poursuit Marie-Isabelle Le Bars. Et selon elle, il est essentiel d’accorder une attention particulière à l’installation hors cadre familial, car le secteur agricole « a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d’agriculture ». « Aujourd’hui, agriculteur est un métier qui passionne », constate-t-elle.

Plusieurs outils disponibles

  • le RDI (répertoire départ installation)

« C’est le principal dispositif, met en avant Marie-Isabelle Le Bars. Il s’agit d’un registre des fermes à reprendre et il y en a 500 rien qu’en Bretagne ! » Pour y figurer, les cédants sans repreneur et les associés sans remplaçant doivent s’adresser à la chambre d’agriculture. « De notre côté, nous sommes en contact avec des porteurs de projet dans le cadre de leur parcours à l’installation. Notre métier est de faciliter la rencontre entre ces deux publics. » Le RDI est particulièrement intéressant pour les jeunes qui s’installent hors cadre familial et qui peinent souvent à trouver une exploitation.

« Nous avons presque autant de demandes que d’offres », ce qui n’est pas le cas partout en France, « mais il faut que ça matche entre le cédant et le repreneur, et entre le repreneur et la ferme, tant sur le plan géographique et juridique, puisque la plupart des jeunes veulent le statut individuel alors que la majorité des inscrits au répertoire sont en société, qu’au niveau des productions, du prix de cession et des aspects humains. Car il faut s’entendre et ce n’est pas toujours évident, d’ailleurs, nous proposons un accompagnement spécifique dans ce domaine. »

Les échanges et le travail en commun entre cédant et repreneur facilitent la réussite de l’installation comme de la transmission. (©Countrypixel, Fotolia)

  • Le stage de parrainage

« Cet outil a également un grand intérêt pour les hors cadre familiaux car le métier d’agriculteur ne s’improvise pas », insiste la spécialiste. Il permet de « tester l’installation » sur la ferme que l’on souhaite reprendre, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an. Le cédant peut ainsi transmettre son savoir-faire et son expérience au repreneur qui, lui, a davantage le temps de les assimiler et d’apprendre à connaître la ferme.

À propos du stage de parrainage, lisez le témoignage de Damien Moisan, éleveur, qui a bénéficié de ce dispositif.

« Grâce au stage de parrainage, de futurs associés peuvent aussi tester leur entente et leur aptitude à travailler ensemble avant de se mettre en société. » Un peu comme le droit à l’essai en Haute-Savoie et que Gaec et sociétés espère étendre à d’autres départements.

Pour en savoir plus sur le droit à l’essai pour les sociétés agricoles, lire l’interview de Gilles Brenon, président de Gaec et sociétés.

  • La formation

« Il y a beaucoup d’envie autour de l’agriculture mais aussi beaucoup de rêves » et lorsque les jeunes mettent « les bottes » sur le terrain, la réalité peut s’avérer différente de ce qu’ils imaginaient. D’où l’importance de bien se former d’autant qu’ « un agriculteur n’exerce pas un mais plusieurs métiers : produire, transformer, vendre, gérer, manager communiquer, etc. Les producteurs sont désormais de vrais chefs d’entreprise devant répondre à des attentes sociétales et des enjeux de plus en plus forts ».

Lorsqu’on s’installe et même après, de nombreuses formations sont proposées, qualifiantes ou pour se perfectionner, dans les domaines technique, sur la transformation des productions par exemple, commercial, « pour apprendre entre autres à réaliser des études de marché », de gestion, « pour maîtriser ses chiffres », et dans les ressources humaines puisqu’« un certain nombre d’exploitants seront amenés à embaucher des salariés ». « La plupart d’entre elles sont dites « entrepreneuriales » puisqu’elles font partie du parcours à l’installation, qui est un vrai parcours de créateur d’entreprise », résume Marie-Isabelle.

Alexis Berton, lui, a effectué son stage six mois chez le cédant.

  • Le salariat

Être salarié dans plusieurs exploitations quelques années, via par exemple le service de remplacement, et/ou sur la ferme où l’on désire s’installer permet, aux porteurs de projet, de découvrir concrètement le métier, et notamment ses multiples facettes, en multipliant les expériences, dans différents systèmes et productions, et en observant diverses façons de voir et de faire.

À ce sujet, lire l’article : Témoignages − Le service de remplacement, rampe de lancement de l’installation

« Accueillir en faisant preuve d’ouverture »

« Il y a des places à prendre en agriculture. Agriculteur est un beau métier quand on s’y prépare bien, conclut Marie-Isabelle Le Bars. Il faut notamment s’assurer qu’il est fait pour soi. Une question à se poser que l’on veuille s’installer ou être salarié agricole. Les cédants, qui cherchent à transmettre leur ferme ou qui quittent une société, ont un rôle important à jouer pour favoriser l’installation hors cadre familial, en faisant preuve d’ouverture et en accueillant, dans les meilleures conditions possibles, les nouveaux arrivants dans le monde agricole. »

sommaire

Sommaire du dossier

Dossier : Sommet de l’Elevage

précédent

/16

articles

suivant

Installation hors cadre familial

« Accueillir et accompagner ces nouvelles personnes dont l'agriculture a besoin »


TNC le 29/11/2019 à 08:47

Parce que le renouvellement des générations d'agriculteurs ne peut plus s'appuyer seulement sur les successions de parents à enfants, les chambres d'agriculture, en Bretagne notamment, cherchent à mieux accompagner les transmissions hors cadre familial grâce, entre autres, au stage de parrainage et à la formation. « Le secteur agricole a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d'agriculture », souligne Isabelle Le Bars, de la chambre régionale d'agriculture. Il faut « faire preuve d'ouverture et les accueillir dans les meilleures conditions possibles. »

L’accompagnement, un enjeu

L’installation des jeunes agriculteurs est depuis longtemps un dossier prioritaire au sein des chambres d’agriculture. Face au nombre croissant, ces dernières années, de porteurs de projet non issus du milieu agricole, les « nima » comme on les appelle, elles ont décidé de mettre l’accent sur l’accompagnement des candidats qui s’installent hors cadre familial. Plusieurs dispositifs existent « pour aider ces personnes qui sont parfois en reconversion professionnelle et qui, passionnées par le vivant, sont attirées par l’agriculture », explique Marie-Isabelle Le Bars, cheffe du service « installation/transmission » de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Actuellement, dans la région comme à l’échelle nationale, beaucoup d’exploitants partent à la retraite ou cessent leur activité en cours de carrière, et cherchent donc à transmettre leur exploitation ou à se faire remplacer s’ils sont associés dans une société agricole. « En même temps, de nombreux jeunes nous appellent et il est important de les accompagner pour qu’ils s’installent dans les meilleures conditions. Cela fait partie des missions des chambres d’agriculture », poursuit Marie-Isabelle Le Bars. Et selon elle, il est essentiel d’accorder une attention particulière à l’installation hors cadre familial, car le secteur agricole « a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d’agriculture ». « Aujourd’hui, agriculteur est un métier qui passionne », constate-t-elle.

Plusieurs outils disponibles

  • le RDI (répertoire départ installation)

« C’est le principal dispositif, met en avant Marie-Isabelle Le Bars. Il s’agit d’un registre des fermes à reprendre et il y en a 500 rien qu’en Bretagne ! » Pour y figurer, les cédants sans repreneur et les associés sans remplaçant doivent s’adresser à la chambre d’agriculture. « De notre côté, nous sommes en contact avec des porteurs de projet dans le cadre de leur parcours à l’installation. Notre métier est de faciliter la rencontre entre ces deux publics. » Le RDI est particulièrement intéressant pour les jeunes qui s’installent hors cadre familial et qui peinent souvent à trouver une exploitation.

« Nous avons presque autant de demandes que d’offres », ce qui n’est pas le cas partout en France, « mais il faut que ça matche entre le cédant et le repreneur, et entre le repreneur et la ferme, tant sur le plan géographique et juridique, puisque la plupart des jeunes veulent le statut individuel alors que la majorité des inscrits au répertoire sont en société, qu’au niveau des productions, du prix de cession et des aspects humains. Car il faut s’entendre et ce n’est pas toujours évident, d’ailleurs, nous proposons un accompagnement spécifique dans ce domaine. »

Les échanges et le travail en commun entre cédant et repreneur facilitent la réussite de l’installation comme de la transmission. (©Countrypixel, Fotolia)

  • Le stage de parrainage

« Cet outil a également un grand intérêt pour les hors cadre familiaux car le métier d’agriculteur ne s’improvise pas », insiste la spécialiste. Il permet de « tester l’installation » sur la ferme que l’on souhaite reprendre, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an. Le cédant peut ainsi transmettre son savoir-faire et son expérience au repreneur qui, lui, a davantage le temps de les assimiler et d’apprendre à connaître la ferme.

À propos du stage de parrainage, lisez le témoignage de Damien Moisan, éleveur, qui a bénéficié de ce dispositif.

« Grâce au stage de parrainage, de futurs associés peuvent aussi tester leur entente et leur aptitude à travailler ensemble avant de se mettre en société. » Un peu comme le droit à l’essai en Haute-Savoie et que Gaec et sociétés espère étendre à d’autres départements.

Pour en savoir plus sur le droit à l’essai pour les sociétés agricoles, lire l’interview de Gilles Brenon, président de Gaec et sociétés.

  • La formation

« Il y a beaucoup d’envie autour de l’agriculture mais aussi beaucoup de rêves » et lorsque les jeunes mettent « les bottes » sur le terrain, la réalité peut s’avérer différente de ce qu’ils imaginaient. D’où l’importance de bien se former d’autant qu’ « un agriculteur n’exerce pas un mais plusieurs métiers : produire, transformer, vendre, gérer, manager communiquer, etc. Les producteurs sont désormais de vrais chefs d’entreprise devant répondre à des attentes sociétales et des enjeux de plus en plus forts ».

Lorsqu’on s’installe et même après, de nombreuses formations sont proposées, qualifiantes ou pour se perfectionner, dans les domaines technique, sur la transformation des productions par exemple, commercial, « pour apprendre entre autres à réaliser des études de marché », de gestion, « pour maîtriser ses chiffres », et dans les ressources humaines puisqu’« un certain nombre d’exploitants seront amenés à embaucher des salariés ». « La plupart d’entre elles sont dites « entrepreneuriales » puisqu’elles font partie du parcours à l’installation, qui est un vrai parcours de créateur d’entreprise », résume Marie-Isabelle.

Alexis Berton, lui, a effectué son stage six mois chez le cédant.

  • Le salariat

Être salarié dans plusieurs exploitations quelques années, via par exemple le service de remplacement, et/ou sur la ferme où l’on désire s’installer permet, aux porteurs de projet, de découvrir concrètement le métier, et notamment ses multiples facettes, en multipliant les expériences, dans différents systèmes et productions, et en observant diverses façons de voir et de faire.

À ce sujet, lire l’article : Témoignages − Le service de remplacement, rampe de lancement de l’installation

« Accueillir en faisant preuve d’ouverture »

« Il y a des places à prendre en agriculture. Agriculteur est un beau métier quand on s’y prépare bien, conclut Marie-Isabelle Le Bars. Il faut notamment s’assurer qu’il est fait pour soi. Une question à se poser que l’on veuille s’installer ou être salarié agricole. Les cédants, qui cherchent à transmettre leur ferme ou qui quittent une société, ont un rôle important à jouer pour favoriser l’installation hors cadre familial, en faisant preuve d’ouverture et en accueillant, dans les meilleures conditions possibles, les nouveaux arrivants dans le monde agricole. »

sommaire

Sommaire du dossier

Dossier : Mal-être des agriculteurs

précédent

/16

articles

suivant

Installation hors cadre familial

« Accueillir et accompagner ces nouvelles personnes dont l'agriculture a besoin »


TNC le 29/11/2019 à 08:47

Parce que le renouvellement des générations d'agriculteurs ne peut plus s'appuyer seulement sur les successions de parents à enfants, les chambres d'agriculture, en Bretagne notamment, cherchent à mieux accompagner les transmissions hors cadre familial grâce, entre autres, au stage de parrainage et à la formation. « Le secteur agricole a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d'agriculture », souligne Isabelle Le Bars, de la chambre régionale d'agriculture. Il faut « faire preuve d'ouverture et les accueillir dans les meilleures conditions possibles. »

L’accompagnement, un enjeu

L’installation des jeunes agriculteurs est depuis longtemps un dossier prioritaire au sein des chambres d’agriculture. Face au nombre croissant, ces dernières années, de porteurs de projet non issus du milieu agricole, les « nima » comme on les appelle, elles ont décidé de mettre l’accent sur l’accompagnement des candidats qui s’installent hors cadre familial. Plusieurs dispositifs existent « pour aider ces personnes qui sont parfois en reconversion professionnelle et qui, passionnées par le vivant, sont attirées par l’agriculture », explique Marie-Isabelle Le Bars, cheffe du service « installation/transmission » de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Actuellement, dans la région comme à l’échelle nationale, beaucoup d’exploitants partent à la retraite ou cessent leur activité en cours de carrière, et cherchent donc à transmettre leur exploitation ou à se faire remplacer s’ils sont associés dans une société agricole. « En même temps, de nombreux jeunes nous appellent et il est important de les accompagner pour qu’ils s’installent dans les meilleures conditions. Cela fait partie des missions des chambres d’agriculture », poursuit Marie-Isabelle Le Bars. Et selon elle, il est essentiel d’accorder une attention particulière à l’installation hors cadre familial, car le secteur agricole « a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d’agriculture ». « Aujourd’hui, agriculteur est un métier qui passionne », constate-t-elle.

Plusieurs outils disponibles

  • le RDI (répertoire départ installation)

« C’est le principal dispositif, met en avant Marie-Isabelle Le Bars. Il s’agit d’un registre des fermes à reprendre et il y en a 500 rien qu’en Bretagne ! » Pour y figurer, les cédants sans repreneur et les associés sans remplaçant doivent s’adresser à la chambre d’agriculture. « De notre côté, nous sommes en contact avec des porteurs de projet dans le cadre de leur parcours à l’installation. Notre métier est de faciliter la rencontre entre ces deux publics. » Le RDI est particulièrement intéressant pour les jeunes qui s’installent hors cadre familial et qui peinent souvent à trouver une exploitation.

« Nous avons presque autant de demandes que d’offres », ce qui n’est pas le cas partout en France, « mais il faut que ça matche entre le cédant et le repreneur, et entre le repreneur et la ferme, tant sur le plan géographique et juridique, puisque la plupart des jeunes veulent le statut individuel alors que la majorité des inscrits au répertoire sont en société, qu’au niveau des productions, du prix de cession et des aspects humains. Car il faut s’entendre et ce n’est pas toujours évident, d’ailleurs, nous proposons un accompagnement spécifique dans ce domaine. »

Les échanges et le travail en commun entre cédant et repreneur facilitent la réussite de l’installation comme de la transmission. (©Countrypixel, Fotolia)

  • Le stage de parrainage

« Cet outil a également un grand intérêt pour les hors cadre familiaux car le métier d’agriculteur ne s’improvise pas », insiste la spécialiste. Il permet de « tester l’installation » sur la ferme que l’on souhaite reprendre, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an. Le cédant peut ainsi transmettre son savoir-faire et son expérience au repreneur qui, lui, a davantage le temps de les assimiler et d’apprendre à connaître la ferme.

À propos du stage de parrainage, lisez le témoignage de Damien Moisan, éleveur, qui a bénéficié de ce dispositif.

« Grâce au stage de parrainage, de futurs associés peuvent aussi tester leur entente et leur aptitude à travailler ensemble avant de se mettre en société. » Un peu comme le droit à l’essai en Haute-Savoie et que Gaec et sociétés espère étendre à d’autres départements.

Pour en savoir plus sur le droit à l’essai pour les sociétés agricoles, lire l’interview de Gilles Brenon, président de Gaec et sociétés.

  • La formation

« Il y a beaucoup d’envie autour de l’agriculture mais aussi beaucoup de rêves » et lorsque les jeunes mettent « les bottes » sur le terrain, la réalité peut s’avérer différente de ce qu’ils imaginaient. D’où l’importance de bien se former d’autant qu’ « un agriculteur n’exerce pas un mais plusieurs métiers : produire, transformer, vendre, gérer, manager communiquer, etc. Les producteurs sont désormais de vrais chefs d’entreprise devant répondre à des attentes sociétales et des enjeux de plus en plus forts ».

Lorsqu’on s’installe et même après, de nombreuses formations sont proposées, qualifiantes ou pour se perfectionner, dans les domaines technique, sur la transformation des productions par exemple, commercial, « pour apprendre entre autres à réaliser des études de marché », de gestion, « pour maîtriser ses chiffres », et dans les ressources humaines puisqu’« un certain nombre d’exploitants seront amenés à embaucher des salariés ». « La plupart d’entre elles sont dites « entrepreneuriales » puisqu’elles font partie du parcours à l’installation, qui est un vrai parcours de créateur d’entreprise », résume Marie-Isabelle.

Alexis Berton, lui, a effectué son stage six mois chez le cédant.

  • Le salariat

Être salarié dans plusieurs exploitations quelques années, via par exemple le service de remplacement, et/ou sur la ferme où l’on désire s’installer permet, aux porteurs de projet, de découvrir concrètement le métier, et notamment ses multiples facettes, en multipliant les expériences, dans différents systèmes et productions, et en observant diverses façons de voir et de faire.

À ce sujet, lire l’article : Témoignages − Le service de remplacement, rampe de lancement de l’installation

« Accueillir en faisant preuve d’ouverture »

« Il y a des places à prendre en agriculture. Agriculteur est un beau métier quand on s’y prépare bien, conclut Marie-Isabelle Le Bars. Il faut notamment s’assurer qu’il est fait pour soi. Une question à se poser que l’on veuille s’installer ou être salarié agricole. Les cédants, qui cherchent à transmettre leur ferme ou qui quittent une société, ont un rôle important à jouer pour favoriser l’installation hors cadre familial, en faisant preuve d’ouverture et en accueillant, dans les meilleures conditions possibles, les nouveaux arrivants dans le monde agricole. »

sommaire

Sommaire du dossier

Dossier : Zones de non traitement

précédent

/32

articles

suivant

Installation hors cadre familial

« Accueillir et accompagner ces nouvelles personnes dont l'agriculture a besoin »


TNC le 29/11/2019 à 08:47

Parce que le renouvellement des générations d'agriculteurs ne peut plus s'appuyer seulement sur les successions de parents à enfants, les chambres d'agriculture, en Bretagne notamment, cherchent à mieux accompagner les transmissions hors cadre familial grâce, entre autres, au stage de parrainage et à la formation. « Le secteur agricole a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d'agriculture », souligne Isabelle Le Bars, de la chambre régionale d'agriculture. Il faut « faire preuve d'ouverture et les accueillir dans les meilleures conditions possibles. »

L’accompagnement, un enjeu

L’installation des jeunes agriculteurs est depuis longtemps un dossier prioritaire au sein des chambres d’agriculture. Face au nombre croissant, ces dernières années, de porteurs de projet non issus du milieu agricole, les « nima » comme on les appelle, elles ont décidé de mettre l’accent sur l’accompagnement des candidats qui s’installent hors cadre familial. Plusieurs dispositifs existent « pour aider ces personnes qui sont parfois en reconversion professionnelle et qui, passionnées par le vivant, sont attirées par l’agriculture », explique Marie-Isabelle Le Bars, cheffe du service « installation/transmission » de la chambre d’agriculture de Bretagne.

Actuellement, dans la région comme à l’échelle nationale, beaucoup d’exploitants partent à la retraite ou cessent leur activité en cours de carrière, et cherchent donc à transmettre leur exploitation ou à se faire remplacer s’ils sont associés dans une société agricole. « En même temps, de nombreux jeunes nous appellent et il est important de les accompagner pour qu’ils s’installent dans les meilleures conditions. Cela fait partie des missions des chambres d’agriculture », poursuit Marie-Isabelle Le Bars. Et selon elle, il est essentiel d’accorder une attention particulière à l’installation hors cadre familial, car le secteur agricole « a besoin de nouvelles personnes, avec des idées novatrices et des envies d’agriculture ». « Aujourd’hui, agriculteur est un métier qui passionne », constate-t-elle.

Plusieurs outils disponibles

  • le RDI (répertoire départ installation)

« C’est le principal dispositif, met en avant Marie-Isabelle Le Bars. Il s’agit d’un registre des fermes à reprendre et il y en a 500 rien qu’en Bretagne ! » Pour y figurer, les cédants sans repreneur et les associés sans remplaçant doivent s’adresser à la chambre d’agriculture. « De notre côté, nous sommes en contact avec des porteurs de projet dans le cadre de leur parcours à l’installation. Notre métier est de faciliter la rencontre entre ces deux publics. » Le RDI est particulièrement intéressant pour les jeunes qui s’installent hors cadre familial et qui peinent souvent à trouver une exploitation.

« Nous avons presque autant de demandes que d’offres », ce qui n’est pas le cas partout en France, « mais il faut que ça matche entre le cédant et le repreneur, et entre le repreneur et la ferme, tant sur le plan géographique et juridique, puisque la plupart des jeunes veulent le statut individuel alors que la majorité des inscrits au répertoire sont en société, qu’au niveau des productions, du prix de cession et des aspects humains. Car il faut s’entendre et ce n’est pas toujours évident, d’ailleurs, nous proposons un accompagnement spécifique dans ce domaine. »

Les échanges et le travail en commun entre cédant et repreneur facilitent la réussite de l’installation comme de la transmission. (©Countrypixel, Fotolia)

  • Le stage de parrainage

« Cet outil a également un grand intérêt pour les hors cadre familiaux car le métier d’agriculteur ne s’improvise pas », insiste la spécialiste. Il permet de « tester l’installation » sur la ferme que l’on souhaite reprendre, pendant une période pouvant aller jusqu’à un an. Le cédant peut ainsi transmettre son savoir-faire et son expérience au repreneur qui, lui, a davantage le temps de les assimiler et d’apprendre à connaître la ferme.

À propos du stage de parrainage, lisez le témoignage de Damien Moisan, éleveur, qui a bénéficié de ce dispositif.

« Grâce au stage de parrainage, de futurs associés peuvent aussi tester leur entente et leur aptitude à travailler ensemble avant de se mettre en société. » Un peu comme le droit à l’essai en Haute-Savoie et que Gaec et sociétés espère étendre à d’autres départements.

Pour en savoir plus sur le droit à l’essai pour les sociétés agricoles, lire l’interview de Gilles Brenon, président de Gaec et sociétés.

  • La formation

« Il y a beaucoup d’envie autour de l’agriculture mais aussi beaucoup de rêves » et lorsque les jeunes mettent « les bottes » sur le terrain, la réalité peut s’avérer différente de ce qu’ils imaginaient. D’où l’importance de bien se former d’autant qu’ « un agriculteur n’exerce pas un mais plusieurs métiers : produire, transformer, vendre, gérer, manager communiquer, etc. Les producteurs sont désormais de vrais chefs d’entreprise devant répondre à des attentes sociétales et des enjeux de plus en plus forts ».

Lorsqu’on s’installe et même après, de nombreuses formations sont proposées, qualifiantes ou pour se perfectionner, dans les domaines technique, sur la transformation des productions par exemple, commercial, « pour apprendre entre autres à réaliser des études de marché », de gestion, « pour maîtriser ses chiffres », et dans les ressources humaines puisqu’« un certain nombre d’exploitants seront amenés à embaucher des salariés ». « La plupart d’entre elles sont dites « entrepreneuriales » puisqu’elles font partie du parcours à l’installation, qui est un vrai parcours de créateur d’entreprise », résume Marie-Isabelle.

Alexis Berton, lui, a effectué son stage six mois chez le cédant.

  • Le salariat

Être salarié dans plusieurs exploitations quelques années, via par exemple le service de remplacement, et/ou sur la ferme où l’on désire s’installer permet, aux porteurs de projet, de découvrir concrètement le métier, et notamment ses multiples facettes, en multipliant les expériences, dans différents systèmes et productions, et en observant diverses façons de voir et de faire.

À ce sujet, lire l’article : Témoignages − Le service de remplacement, rampe de lancement de l’installation

« Accueillir en faisant preuve d’ouverture »

« Il y a des places à prendre en agriculture. Agriculteur est un beau métier quand on s’y prépare bien, conclut Marie-Isabelle Le Bars. Il faut notamment s’assurer qu’il est fait pour soi. Une question à se poser que l’on veuille s’installer ou être salarié agricole. Les cédants, qui cherchent à transmettre leur ferme ou qui quittent une société, ont un rôle important à jouer pour favoriser l’installation hors cadre familial, en faisant preuve d’ouverture et en accueillant, dans les meilleures conditions possibles, les nouveaux arrivants dans le monde agricole. »

Les articles du dossier