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Dossier : Covid-19 : les conséquences pour le monde agricole

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Du vin pour du gel hydroalcoolique

Plaidoyer français pour « sauver la filière »


AFP le 14/04/2020 à 17:18

Au nom du « péril » que la coronavirus ferait peser sur la filière vin, l'eurodéputé socialiste Eric Andrieu a demandé à la Commission européenne l'activation « urgente » du mécanisme de distillation de crise pour aider les viticulteurs à écouler leur production.

Pour l’eurodéputé audois, élu du Grand Sud-Ouest, l’alcool résultant de cette distillation pourrait servir pour la fabrication de gel hydroalcoolique. « Même si cet alcool est un peu plus cher que celui produit avec la betterave, il y aujourd’hui une telle demande pour le gel hydroalcoolique, que tout le monde serait gagnant », a-t-il affirmé à l’AFP.

« La commission européenne a les outils juridiques et financiers pour intervenir sur le marché en temps de crise. Si elle ne le fait pas aujourd’hui, les petits producteurs risquent de disparaître », a-t-il plaidé. Il estime le stock de vin français qui pourrait être distillé avant la fin de l’été à près de trois millions d’hectolitres, et à quelque 10 millions d’hectolitres en Europe, en tenant compte de l’Espagne et l’Italie notamment.

« Il y a urgence. La distillation processus consistant à séparer le fruit de l’alcool pour créer de l’éthanol doit se faire avant juillet, car si les producteurs n’ont pas libéré de volume à l’heure des récoltes, soit ils ne vendangeront pas, soit ils videront les cuves dans les caniveaux », met-il en garde. La solution est soutenue selon lui par l’ensemble du secteur viticole français et européen.

Cette proposition est « indispensable à une sortie de crise », fait écho le président de la Fédération des vignerons indépendants de l’Aude, Alexandre They, invoquant un « impact colossal » de l’épidémie sur la filière viticole.

« On sort déjà d’une année 2019 très compliquée » avec notamment la taxe imposée par le président américain Donald Trump sur les importations de vins français, espagnols et allemands en représailles aux subventions européennes à Airbus, affirme-t-il. Les producteurs indépendants « sont les premiers touchés parce que notre clientèle c’est en grande partie les particuliers à qui ont vend dans des salons tous annulés, les hôtels et restaurants, et les cavistes », très durement impactés par le confinement, ajoute-t-il.

Pour amortir « a minima » le manque à gagner des producteurs, Eric Andrieu a proposé aux États concernés et à l’Europe de prendre en charge le coût de distillation à hauteur de 80 centimes par litre : 45 et 35 centimes respectivement.«Nous sommes dans l’attente d’une réponse» au niveau européen, a-t-il indiqué.

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