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Dossier : Covid-19 : les conséquences pour le monde agricole

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Pommes de terre

La réduction des surfaces, « seule solution » face à la crise


TNC le 07/05/2020 à 15:59
Rien que sur le continent, plus de deux millions de tonnes de pommes de terre risquent de ne pas être transformées à la fin de la saison selon le NEPG. (©Pixabay)

Rien que sur le continent, plus de deux millions de tonnes de pommes de terre risquent de ne pas être transformées à la fin de la saison selon le NEPG. (©Pixabay)

Face à la crise de débouchés, le NEPG (Groupement des producteurs de pommes de terre du Nord-Ouest européen) espère que les producteurs ont répondu à l’appel de réduction des surfaces, qui apparaît comme la « seule solution ». Une diminution de 5 % est attendue, ce qui reste malgré tout « insuffisant ».

Avec l’arrêt quasi-total de la restauration hors domicile depuis le début du confinement, « la demande en produits transformés issus de la pomme de terre dans les services de restauration a chuté de 50 à 60 % et les marchés d’exportation ont perdu leur potentiel, si bien que l’industrie européenne et mondiale de la transformation de la pomme de terre a réduit sa capacité et ses besoins en matière première », regrette le NEPG.

« Les pommes de terre libres, et une partie des pommes de terre sous contrats ne seront pas transformées comme prévu et le secteur devra trouver d’autres débouchés. Jusqu’à présent, les usines de transformation respectent les contrats conclus avec les producteurs et collectent ces pommes de terre au prix convenu. »

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Mais c’est bien la « première fois dans l’histoire récente » que c’est aux usines de respecter les contrats. Habituellement, c’était au producteur de fournir la qualité convenue même en cas de rendements pas toujours suffisants pour honorer le contrat. « Le monde à l’envers ! »

Une réduction espérée d’au moins 5 % des surfaces

Face au manque de débouchés, « la seule solution aurait été de planter beaucoup moins », affirme le NEPG. Mais « les champs étaient déjà loués, les contrats signés, les plants de pommes de terre étaient déjà achetés ou livrés, et les plantations ont commencé à la fin du mois de mars, la plupart du temps trop tard pour réduire suffisamment les surfaces ».

Toutefois, « le NEPG espère que la superficie de pommes de terre dans les cinq pays du NEPG a diminué de 5 % », une réduction jugée toutefois « insuffisante ».

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Mais pour l’instant, la future récolte reste hypothétique : « la saison de croissance vient de commencer et aucune estimation n’est possible ». Ce sont les conditions de croissance et les rendements qui détermineront la quantité finale de la récolte, alors que la plupart des pays souffrent d’un printemps sec.

« Cette crise exceptionnelle montre qu’à l’avenir, le secteur dans son ensemble devra repenser les modes d’organisation de la production et de l’approvisionnement, le partage des risques et des responsabilités, etc. »

Hausse insuffisante du commerce de détail

La demande pour le commerce de détail a augmenté et les exportations de pommes de terre fraîches sont moyennement élevées, malgré quelques problèmes sur le transport par camion. Mais « cette demande supplémentaire n’est pas suffisante pour consommer la totalité de la récolte restante de 2019, sachant que toutes les variétés ne conviennent pas pour être utilisées comme pommes de terre de table fraîches pour la consommation domestique ou l’exportation ».

Rien que dans les pays qui composent le NEPG (Allemagne, Belgique, France, Pays-Bas et Royaume-Uni) plus de deux millions de tonnes risquent de ne pas trouver d’acheteur d’ici la fin de la saison : « certaines iront vers le bétail et l’alimentation animale, le biogaz ou le bioéthanol ».

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Pour le moment, « le secteur de la transformation a demandé à ses producteurs de stocker leurs pommes de terre le plus longtemps possible », pour que ces pommes de terre puissent être transformées jusqu’à la fin du mois d’août. Ce qui implique des coûts supplémentaires d’une part, est « exceptionnellement long, et constitue un défi et un risque pour les producteurs ».

« Normalement, au cours du mois de juillet, les usines passent aux hâtives en provenance de Belgique et d’Allemagne, et là encore, ces cultures doivent être « boutées » vers l’avant et s’emboîter avec la récolte régulière d’octobre. »

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