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Dossier : Covid-19 : les conséquences pour le monde agricole

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Covid-19

En Bretagne, Emmanuel Macron réitère son soutien à la filière alimentaire


TNC le 23/04/2020 à 11:40
Depuis le début de la pandémie, Emmanuel Macron rappelle l'importance stratégique du secteur agricole français (©TNC)

Depuis le début de la pandémie, Emmanuel Macron rappelle l'importance stratégique du secteur agricole français (©TNC)

Emmanuel Macron s’est rendu le 22 avril en Bretagne dans une exploitation agricole puis dans un supermarché pour remercier la filière agroalimentaire qui s’est adaptée à la situation et continue à travailler pour nourrir les Français en cette période compliquée.

« Merci à la Ferme France, elle a tenu, on peut en être fier », a salué le chef de l’État qui s’est rendu le 22 avril à Cléder (Finistère), dans une exploitation spécialisée dans le maraichage. Dès le début de la crise, Emmanuel Macron a souligné le rôle stratégique de l’agriculture française, estimant dans son discours du 12 mars que « ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie ».

Un discours qu’il a depuis tenu à plusieurs reprises, déclarant notamment qu’il « nous faudra rebâtir une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française et plus d’autonomie stratégique pour notre Europe », dans son allocution du 13 avril.

«  Je suis venu aussi pour cela, pour remercier les exploitants et leurs salariés qui permettent de nourrir le pays. Depuis le début de la crise, la chaîne agroalimentaire française, elle a tenu. Je veux remercier toutes les TPE, les PME de l’agroalimentaire et de la transformation, avec beaucoup de salariés, dont certains parfois sont venus avec de la peur, notamment ceux qui sont dans les industries de transformation, dans les abattoirs, mais tout le monde agricole a joué le jeu de façon formidable », a rappelé le président de la République devant les employés de l’exploitation agricole.

Un discours d’encouragement qu’il a également tenu quelques heures plus tard dans un supermarché de Saint-Pol-de-Léon.

Des attentes de la part du monde agricole

Si cette attention du chef de l’État est saluée par les organisations agricoles depuis le début de la crise, les agriculteurs attendent davantage de concret de la part du président, notamment après la crise. «  La première attente des agriculteurs est que la souveraineté alimentaire française retrouvée, promesse d’Emmanuel Macron, se concrétise. Depuis de nombreuses années, nous regrettons les prix tirés vers le bas dans les grandes surfaces, qui ont amené beaucoup d’importations », a rappelé la présidente de la FNSEA.

Le scepticisme est encore plus fort du côté de la Coordination rurale, qui dénonce une opération de communication de la part du président de la République.

La reconnaissance actuelle des Français « ne saurait masquer ce qui fragilise notre appareil productif alimentaire national. Depuis de nombreuses années, nous constatons dans les faits la tendance à l’abandon en rase campagne de notre autonomie alimentaire pour prioriser d’autres choix politiques », ont également écrit cinq organisations bretonnes (Produit en Bretagne, Agriculteurs de Bretagne, Interbev Bretagne, l’ABEA et l’UGPVB) dans une lettre envoyée au chef de l’État peu avant sa visite. Elles y rappellent notamment que l’autonomie alimentaire « n’est plus une réalité pour notre pays » et demandent aux pouvoirs publics de prendre des mesures pour « libérer la compétitivité française », dénonçant une sur-réglementation.

Dans leur courrier, les cinq organisations évoquent également les attaques dont est régulièrement victime le monde agricole « au nom d’une idéologie radicalisée ». La crise sanitaire n’arrête par ailleurs pas les critiques vis-à-vis de l’agriculture conventionnelle. En début de semaine, une vingtaine de députés de la majorité ont dénoncé l’application des chartes riverains, qui permettent de réduire les distances minimales d’épandage à proximité des habitations dans un certain nombre de départements.

Lire aussi : Des députés dénoncent une réduction des distances d’épandage

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