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Dossier : Installation

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[Témoignages] Recherche de fermes

« Se laisser le temps de trouver l'exploitation qui vous va bien »


TNC le 26/02/2021 à 15:56
Erwan Calme, à gauche, Christophe Schilliger, témoignent sur leur recherche d'exploitation. (©TNC, chambre d'agriculture de Bretagne)

Erwan Calme, à gauche, Christophe Schilliger, témoignent sur leur recherche d'exploitation. (©TNC, chambre d'agriculture de Bretagne)

Quand il s'agit de s'installer, Erwan Calme, récemment installé hors cadre familial en Ille-et-Vilaine, et Christophe Schilliger, futur agriculteur dans le même département, conseillent de ne pas se précipiter. « Même si on voudrait que ça aille vite, mieux vaut se poser pour réfléchir car ce n'est pas un petit engagement », insiste le premier. «  Je voyais l'échéance de mes 40 ans arriver, mais j'ai préféré attendre plutôt que reprendre une structure trop grande », confie le second.

Erwan Calme, jeune installé : « De nombreux critères remplis mais des concessions indispensables »

  • Son parcours

À 28 ans, après un BTS Acse et cinq ans de salariat, Erwan décide de s’installer en Bretagne, une région dont il n’est pas originaire mais avec laquelle il a « des liens », avec notamment de la famille en Ille-et-Vilaine. 

  • Sa recherche d’exploitation

Il s’inscrit au RDI du département et trouve une ferme à Chanteloup (Ille-et-Vilaine).

  • Ses critères de sélection

– La production

– La localisation (près de Rennes car son épouse travaille à l’extérieur)

– Une maison d’habitation sur place.

  • Les freins

Un seul : la présence d’un ancien atelier laitier, dont il a fallu reprendre les équipements même s’il ne voulait pas produire de lait. 

  • Ses conseils

– « Visiter la ferme à différentes périodes de l’année », préconise le jeune homme qui s’est rendu quatre fois sur sa future ferme. Par contre, il n’a pas été en voir d’autres comme conseillé par la chambre d’agriculture. « Ce n’est peut-être pas ce qu’il faut faire, mais j’ai eu un coup de cœur qui m’a donné tout de suite envie de creuser », raconte-t-il.

– « L’exploitation doit correspondre à un maximum de critères de recherche mais les cocher tous, c’est impossible, il faut faire des concessions ! »

– « Être sur place car à 300 km, ce n’est pas simple de tout gérer. »

– « Même si on voudrait que ça aille vite, mieux vaut prendre le temps de réfléchir, de poser les choses, de bien tout préparer car s’installer en agriculture n’est pas un petit engagement. »

S’installer en agriculture n’est pas un petit engagement…

Ainsi, il s’est écoulé 13 mois entre sa première visite de la ferme et son installation. « Ceux qui veulent se lancer en agriculture doivent savoir qu’il y a des hauts et des bas dans le parcours, et en particulier dans la recherche d’une exploitation, des moments de découragement où on pense qu’on ne va pas y arriver. Mais il faut s’accrocher et être déterminé, ça en vaut la peine ! »

Il y a des hauts et des bas, mais il faut s’accrocher. Ça en vaut la peine !

Christophe Schilliger, futur agriculteur : « Beaucoup de visites pour peaufiner ma recherche et mon projet »

  • Son parcours

Non issu du milieu agricole, Christophe suit une formation universitaire dans les systèmes industriels et travaille plusieurs années dans l’aéronautique. Puis, il fait le choix de se reconvertir et de devenir agriculteur. En 2016, il obtient son BTS Acse en agriculture biologique mais ne souhaite pas s’installer tout de suite. Pour acquérir de l’expérience, il préfère être salarié agricole pendant quelque temps, ce qui lui permet de chercher une ferme en parallèle.

  • Sa recherche d’exploitation

Le futur producteur contacte les organismes présentés pendant sa formation (RDI, Terre de liens, syndicat agricole…). « J’ai mis des annonces un peu partout et j’ai eu pas mal de retours. Et lorsque cela ne convenait pas, les cédants me donnaient souvent les coordonnées d’autres structures à reprendre », explique-t-il.

Quand ça ne convenait pas, les exploitants donnaient d’autres contacts.

Au total, il visite une vingtaine de fermes. « Même quand elles ne correspondaient pas à mes critères, je me déplaçais pour discuter avec les exploitants ». Un bon moyen pour peaufiner son projet, mieux cibler sa recherche, et connaître le monde agricole comme le secteur où il allait s’établir. « Les cédants aussi apprécient de rencontrer des repreneurs potentiels, en particulier pour mieux cerner leurs attentes », complète-t-il.

Discuter avec les cédants pour mieux cibler sa recherche.

« Il importe de s’investir dans la recherche d’exploitation, insiste le futur installé. À plusieurs reprises, j’ai témoigné en tant que porteurs de projet durant des événements organisés par le Civam. » D’ailleurs, c’est lors d’un stage découverte du réseau Adage qu’il rencontre son futur cédant, qui exploite à Bourg-les-Compte (Ille-et-Vilaine). 

  • Ses critères de sélection

L’accessibilité aux animaux et la proximité de Rennes (pour le travail de sa conjointe).

→ Le top : si production bovine laitière, biologique et en système herbager. Et la ferme qu’il a trouvée rassemblait tous ces paramètres !

  • Les freins

Quelques routes, malgré tout, à faire traverser au troupeau et la nécessité de pratiquer des croisements de races.

  • Ses conseils

– « Se laisser le temps de trouver la bonne ferme. » « Plusieurs fois, j’ai failli me résigner à reprendre une structure trop grande car je voyais l’échéance de mes 40 ans arriver. S’installer sans les aides est toujours plus compliqué, mais finalement, j’ai préféré attendre plutôt que regretter plus tard d’avoir opté pour une exploitation de taille trop importante. » Une stratégie finalement payante !

Attendre plutôt que reprendre, seul, une structure trop grande.

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