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Dossier : Covid-19 : les conséquences pour le monde agricole

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Travail au champ

« Nous avons besoin des saisonniers étrangers », estime Didier Guillaume


TNC le 13/05/2020 à 12:34
L'agriculture a besoin de saisonniers étrangers, estime le ministre de l'agriculture. (©Pixabay)

L'agriculture a besoin de saisonniers étrangers, estime le ministre de l'agriculture. (©Pixabay)

Interviewé sur RTL le 13 mai, le ministre de l’agriculture a indiqué que l’agriculture française avait encore besoin de 80 000 à 100 000 travailleurs par mois, y compris des saisonniers étrangers, pour assurer les travaux dans les champs jusqu’à fin août.

Si Didier Guillaume a salué à plusieurs reprises le succès de la plateforme « des bras pour ton assiette », qui a recueilli l’inscription de 300 000 volontaires, peu d’entre eux se sont vu proposer des missions. Interrogé au micro de RTL ce 13 mai, le ministre de l’agriculture a cependant affirmé que « les bras ont convenu », mais « maintenant, avec le déconfinement, les gens repartent travailler, il faut une autre main d’œuvre ».

Une main d’œuvre qui doit aussi provenir de l’étranger, comme habituellement, a expliqué le ministre. « Il y a des métiers où il faut de la formation, et les volontaires n’avaient pas la formation, on a besoin de main d’œuvre étrangère pour ça », estime Didier Guillaume, qui souligne que « tailler les vignes, ça ne se fait pas comme ça, au débotté ». Entre mai et fin août, où le pic d’activité est important dans les champs, les besoins en main d’œuvre sont estimés entre 80 000 et 100 000 saisonniers par mois.

Des dérogations pour les travailleurs étrangers

Le gouvernement travaille pour mettre en place des dérogations facilitant la venue de saisonniers étrangers, a ainsi précisé le ministre. « Les arbitrages seront donnés aujourd’hui ou demain », a-t-il ajouté, pour les travailleurs qui seront munis d’un contrat de travail.

En revanche, les travailleurs qui ne sont pas ressortissants de l’Union européenne ne pourront pas bénéficier de ces dérogations. « La priorité numéro un du gouvernement reste la santé et la sécurité sanitaire », a rappelé Didier Guillaume.

Favoriser l’origine France

Par ailleurs, le ministre a de nouveau appelé à consommer français, tout en étant conscient du fait que « la tomate ou la française coûte plus cher que la tomate ou la fraise espagnole ». « J’appelle au patriotisme alimentaire, il faut que nos concitoyens achètent français si on veut aller vers la voie de la souveraineté alimentaire, mais nous devons travailler pour être encore plus concurrentiels », a-t-il souligné, estimant que le surcoût ne doit pas toujours être répercuté aux consommateurs, notamment en cette période de crise. « Il ne doit y avoir aucun effet d’aubaine », explique-t-il.

Didier Guillaume souhaite également des aides supplémentaires de l’Union européenne pour les filières les plus en difficulté. Après l’annonce d’un plan concernant la viticulture, le ministre veut demander des aides européennes pour les pommes de terre industrielles, notamment pour le stockage privé. 450 000 tonnes sont actuellement sans débouchés, pénalisées par la fermeture des restaurations collectives et commerciales. « Nous allons travailler à d’autres débouchés, comme la féculerie, la méthanisation, ou l’alimentation animale », a précisé le ministre.

Lire aussi : Que faire des excédents de la crise du coronavirus ?

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