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Dossier : Grippe aviaire

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Grippe aviaire

Une première contamination de canards d'élevage dans les Landes


AFP le 08/12/2020 à 12:35

Un premier élevage français, produisant des canards dans les Landes, a été contaminé par la grippe aviaire depuis le retour en novembre de cette maladie virale, a annoncé mardi le ministère de l'agriculture.

La maladie avait dernièrement été détectée en France dans des animaleries et sur la faune sauvage, mais pas dans des élevages.

« De manière préventive », l’abattage des 6 000 canards de l’exploitation, située dans la commune de Bénesse-Maremne, a été ordonné dès le 6 décembre, est-il indiqué dans un communiqué.

Dès dimanche, la préfecture des Landes avait fait part d’une « forte suspicion » de contamination par le virus de l’influenza aviaire (communément appelée grippe aviaire) de type H5N8 dans cet élevage, après le constat d’une forte mortalité.

« Afin de maîtriser le risque de diffusion du virus, les mouvements de volailles sont interdits » dans une zone de 10 km autour du foyer de contamination « où des mesures sanitaires strictes doivent être observées », souligne le ministère. Il indique que l’infection par le virus H5N8 vient d’être confirmée par laboratoire national de référence de l’Anses. Le virus, « non transmissible à l’Homme, circule activement dans la faune sauvage en Europe par l’intermédiaire des oiseaux migrateurs », rappelle le ministère.

Les premiers cas français avaient été détectés en novembre dans des animaleries, en Corse et dans les Yvelines, toutes livrées en oies par un particulier du Nord, selon des informations du ministère livrées début décembre.

Plusieurs cas de cette maladie, hautement contagieuse et mortelle pour les oiseaux, ont également été confirmés parmi la faune sauvage. « Une oie bernache en Loire-Atlantique et trois cygnes en Meurthe-et-Moselle découverts morts en fin de semaine dernière viennent d’être confirmés atteints par le même virus H5N8 », rapporte mardi le ministère.

Les autorités rappellent systématiquement que « l’influenza aviaire n’est pas transmissible à l’Homme par la consommation de viande de volailles, œufs, foie gras et plus généralement de tout produit alimentaire ».

Les producteurs craignent une désaffection des consommateurs pour leurs produits, alors que la crise liée à la pandémie de coronavirus a déjà fait plonger les ventes de foie gras.

Le « retour » du H5N8 renvoie aussi les éleveurs de canards de la filière gras du Sud-Ouest aux crises des hivers 2015/16 et 2016/17, quand des épizooties de grippe aviaire avaient engendré des abattages massifs : plus de 25 millions de canards (sur quelque 35 millions élevés en France) lors de la première crise, 4,5 millions lors de la deuxième. L’interprofession a accueilli le cas landais avec fatalisme : « On était en alerte rouge la semaine dernière » depuis l’oie bernache identifiée comme porteuse sur la façade atlantique, déclare à l’AFP Marie-Pierre Pé, directrice du Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras). « On ne voyait pas comment ça n’allait pas se produire ».

Précieux temps gagné

Mais la réactivité de tous a montré les « leçons apprises » lors des crises précédentes. Dominique Graciet, l’éleveur de Bénesse-Maremne, par ailleurs ex-président de la Chambre d’agriculture de Nouvelle-Aquitaine, souligne le temps précieux gagné par rapport à il y a cinq ans. « On a gagné au moins trois ou quatre jours par rapport à l’hiver 2015-2016. À l’époque, il aurait fallu attendre les résultats confirmés des analyses, planifier et mettre en œuvre le dépeuplement, on n’aurait abattu que mardi voire mercredi », souligne-t-il. Les transports de palmipèdes auraient continué entretemps, facilitant la propagation. « Pour avoir connu les crises de 2015, 2016, 2017, je suis confiante que ça va être jugulé au plus vite », assure Mme Pé. « On a déjà dépeuplé l’élevage et la chaîne de transmission est cassée. » En outre, une possible « chance dans notre malheur » du cas landais est qu’il intervient dans une zone (le sud-ouest du département) à faible densité d’élevage, avec le plus proche à 5-6 km environ, donc relativement « peu de risque de propagation naturelle », selon M. Graciet.

Pour autant, souligne-t-il, « on ne sait pas encore tout du mode de propagation du virus ». Et outre « le travail fait par tous les professionnels depuis cinq ans en matière de biosécurité, il y a des impondérables », liés à la faune sauvage, mais aussi parfois au climat, aux vents. Donc « on croise les doigts » quand même.

Dans l’immédiat, c’est un autre virus qui est bien plus redouté : le Covid-19 qui ferme les restaurants et limite les convives à table pour les fêtes de fin d’année, pic de consommation d’une filière dont les débouchés se répartissent à 40 % en grande distribution, 40 % en restaurants, le reste à l’export. « Notre inquiétude est plus le bon déroulement des fêtes de fin d’année dans un contexte si particulier » du Covid-19, assure Mme Pé qui veut néanmoins croire que « les Français ont bien compris qu’il n’y avait aucun problème » à consommer des produits avicoles.

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