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Dossier : Grippe aviaire

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Grippe aviaire

Les failles repérées dans les élevages du Sud-Ouest


AFP le 07/07/2021 à 09:28

Il y avait trop de canards dehors, et trop de canards tout court, estiment les autorités sanitaires dans leur premier « retour d'expérience » sur la grippe aviaire qui a durement frappé les élevages du Sud-Ouest cet hiver.

« Si des progrès ont été réalisés dans la filière palmipèdes depuis [la précédente crise de] 2016-2017, le bilan de près de 475 foyers en 2020-2021 dans le Sud-Ouest montre la grande vulnérabilité de cette zone d’élevage face à des dangers sanitaires très contagieux comme l’influenza aviaire », communément appelée grippe aviaire, selon l’avis de l’agence sanitaire Anses publié fin mai.

Le virus H5N8, présent parmi les oiseaux migrateurs, s’est répandu comme une traînée de poudre à partir de décembre 2020 dans les exploitations de cette région réputée pour la production de foie gras. Plus de 3,5 millions de volailles, principalement des canards, ont été abattus, souvent de manière préventive. Les données montrent qu’« il y a eu peu d’introductions » du virus à partir de la faune sauvage « et beaucoup de diffusion inter-élevages, la densité des élevages et la présence des oiseaux en plein air ayant joué un rôle majeur dans l’épizootie », écrivent les experts de l’Anses.

Consigne avait été donnée de confiner les volailles. Dans une région où beaucoup d’éleveurs « sont hostiles à la claustration des oiseaux », les canards ont souvent été laissés dehors sur la base d’une dérogation pour les exploitations de moins de 3 200 palmipèdes. « Dans les Landes, plus de 300 dérogations ont été demandées (environ 200 accordées), notamment pour des canards PAG (prêts à gaver), sans compter les élevages qui n’avaient pas sollicité de dérogation, tout en maintenant leurs oiseaux en plein air », est-il relevé. Le document cite l’exemple de Sort-en-Chalosse, qui « comptait 15 élevages, dont les trois quarts avaient demandé des dérogations, conduisant à 25 000 canards PAG en plein air, en période à risque élevé, sur une seule et même commune… » Les experts préconisent de supprimer cette dérogation sauf cas particuliers à déterminer. À charge pour les éleveurs de mettre leurs oiseaux à l’abri le moment venu, sans quoi il faudrait se séparer des animaux en trop. 

Les flux de personnes et de matériel entre les élevages ont généré d’autres « manquements à la biosécurité ». La formation d’intervenants extérieurs comme les ramasseurs (qui extraient les volatiles des élevages) et les vaccinateurs est jugée insuffisante, d’autant que ce personnel « n’est pas toujours francophone ». Par ailleurs, certains chauffeurs transportant les animaux morts ont pu « sortir d’un foyer sans désinfection des roues et bas de caisse, avec dans certains cas des bennes non étanches présentant un écoulement ».

Est aussi relevée l’existence « de nombreux mouvements de PAG non déclarés, depuis les élevages vers des particuliers, gavant chez eux quelques dizaines de canards pour leur propre consommation ou pour des connaissances dans de petites salles de gavage très souvent non déclarées ». « Les auditions ont également permis de suspecter l’existence de déplacements d’animaux visant à soustraire une partie de la production des mesures imposées en période de crise sanitaire », est-il déploré.

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