Lait : la collecte a « résisté » à l’été, mais le déficit fourrager menace l’hiver


TNC le 02/11/2026 à 09:05
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Entre prix du lait en baisse et charges en hausse, la marge Milc (marge Ipampa lait sur coût total indicé) connaissait au mois d'août son dixième mois de recul consécutif. (© Ralf, AdobeStock)

Malgré la chaleur et la sécheresse, la collecte laitière a tenu cet été, selon les Tendances d’octobre de l’Idele. Mais les stocks fourragers entamés, un prix du lait toujours sous son niveau de 2025 et des charges en hausse assombrissent la fin d’année.

Après un été éprouvant, l’hiver s’annonce incertain pour les élevages laitiers, soulignent les économistes de l’Idele dans leurs dernières Tendances.

Sur le papier, l’été 2026 s’annonçait porteur côté collecte : dans l’Ouest, les vêlages décalés par l’épisode de FCO de l’été 2025 se sont concentrés entre mai et août, de quoi « présager un rebond de la production laitière estivale ». Elle est pourtant restée « quasiment stable » (+ 0,4 % par rapport à août 2025) en raison des fortes chaleurs et de la sécheresse, qui ont pénalisé la production, dégradé les pâturages et amputé les rendements fourragers.

Si la collecte a tout de même « résisté à l’été », « les tensions fourragères menacent la fin d’année », notent les Tendances, décrivant une situation très inégale selon les territoires et les exploitations : les pertes de rendement en maïs fourrage atteindraient de 10 à 70 % en fonction des situations.

De nombreux éleveurs ont dû piocher dès l’été dans les stocks prévus pour l’hiver. Tout se jouera donc sur les réserves constituées en 2025 : les exploitations bien pourvues pourront amortir le choc plusieurs mois, les autres risquent d’être en difficulté à l’approche de l’hiver.

Les territoires peu habitués à de tels épisodes sont particulièrement exposés. Les éleveurs y ont « parfois moins anticipé le recours aux cultures dérobées ou aux achats extérieurs de fourrages. Certains ont déjà dû s’approvisionner à des prix élevés, tandis que le renchérissement du prix des aliments concentrés alourdit également les coûts de production. »

Les réformes de vaches laitières n’ont que peu progressé pour le moment, mais le déficit fourrager, la hausse du prix de l’alimentation et la baisse du prix du lait pourraient pousser certains éleveurs à réformer davantage, anticipe l’Idele.

Et après une hausse de 2 % sur les neuf premiers mois de l’année, « la collecte laitière pourrait s’infléchir au dernier trimestre » sous l’effet des contraintes fourragères. « Le développement de la robotisation des élevages pourrait toutefois contribuer à soutenir les volumes », nuance l’institut technique.

Côté prix, si la trajectoire est baissière depuis octobre 2025 (439 €/1 000 l en août pour un lait standard 38/32, soit 55 € de moins qu’un an plus tôt), l’Observatoire des prix du lait de l’Éleveur laitier évoque un léger redressement en septembre et en octobre.

« La remontée des cours de la poudre de lait écrémé, conjuguée à la hausse des coûts de production et aux perspectives de repli de la collecte laitière » pourrait contribuer à ce mouvement.

En face, les charges ont continué de grimper cet été. L’Ipampa lait de vache (qui représente 58 % des coûts de production en plaine) a pris 1,4 % en août sur un mois et 7,4 % sur un an. L’énergie a bondi de 42,2 %, l’aliment acheté a augmenté de 5,3 % et les engrais de 15 %.

Conséquence : la marge MILC a continué sa dégringolade. À 149 €/1 000 l en août, elle reculait pour le dixième mois consécutif (- 10 € sur un mois), en lien avec la baisse des prix des vache de réforme et des veaux, couplée à l’augmentation des charges.

Sur un an, elle a perdu 109 € avec – 60 € sur le produit lait, – 22 € sur les coproduits viande et + 27 € de charges. Et encore, l’indicateur ne tient compte ni des coûts salariaux, ni des travaux par tiers, ni des frais financiers, tous en hausse par rapport à 2025. Ni du poids croissant des investissements, notamment en robots, note l’Idele.