50 000 kg de lait par carrière : Sander Lamers vise la longévité pour ses vaches laitières


TNC le 30/10/2026 à 05:14
SanderLamers

Avec 165 vaches laitières, Sander Lamers estime qu’au prix actuel des droits phosphates un nouvel agrandissement de son troupeau ne serait plus rentable. (© TNC)

Avec 165 vaches et une production moyenne de 13 000 kg de lait par animal, Sander Lamers affiche un niveau d’efficacité qui lui permet de repousser les limites imposées par la réglementation environnementale néerlandaise.

Chez Sander Lamers, au sud des Pays-Bas, plus question de pousser les murs. Avec 165 vaches laitières, le troupeau affiche complet. Et même si l’envie lui prenait, Sander ne pourrait pas forcément se permettre une vache supplémentaire. En Hollande, chaque agrandissement se monnaye désormais en crédit phosphate : un système qui encadre le nombre d’animaux, et avec eux la production d’effluents.

Concrètement, chaque exploitation dispose d’un nombre déterminé de droits correspondant à la quantité de phosphate qu’elle est autorisée à produire. Pour ajouter des vaches, il faut disposer de droits supplémentaires. Et encore faut-il en trouver : les crédits phosphate ne sont pas une taxe, mais une forme de droit à produire qui se vend d’éleveur à éleveur.

Les montants sont rébarbatifs. « On approche actuellement les 245 € l’unité », souffle Sander au cœur de l’été. Sachant qu’une petite cinquantaine de crédits sont nécessaires par vache laitière haute productrice, le moindre animal supplémentaire entraîne un investissement de 12 000 €.

Mais le dispositif n’empêche pas tous les investissements. Sur la dernière décennie, Sander Lamers est passé de 120 vaches laitières à 165, grâce à l’installation d’un troisième robot de traite. À ceci près que « les crédits n’étaient pas au prix d’aujourd’hui », rappelle l’éleveur, qui s’en est tiré pour un peu plus de 70 € l’unité. « Au prix actuel, ça n’aurait pas été rentable », regrette Sander Lamers, avant d’ajouter « je pense que je ne pourrai plus m’agrandir à l’avenir ».

Pour continuer à développer son exploitation, l’éleveur mise sur d’autres leviers. Son objectif ? Produire le plus de lait possible avec chaque vache. Le système des droits phosphate l’y incite. Au-delà d’un certain niveau de production, les litres de lait supplémentaires ne demandent plus de crédits supplémentaires. Les éleveurs néerlandais ont donc tout intérêt à avoir des animaux avec un niveau d’étable supérieur à 10 600 kg de lait par an.

Un niveau d’étable à 13 000 kg de lait par vache

Pour y parvenir, Sander mise sur la longévité. L’année dernière, la production moyenne par vache à l’échelle de la carrière atteignait 42 000 kg de lait. « Aujourd’hui, elle approche des 50 000 kg ; les vaches continuent de vieillir », apprécie Sander.

Sander distribue une ration à base d’ensilage d’herbe et de maïs associé à de l’orge et du tourteau. Compter autour de 10 kg de concentré (MB) dans la ration, associé à 4,5 kg distribués au robot de traite selon la production laitière. (© Terre-net Média)

D’autant qu’elles ont encore du potentiel. Le troupeau a grandi rapidement ces dernières années grâce à des achats extérieurs. Le cheptel est encore relativement jeune : « le ventre mou se situe entre trois et quatre lactations, je pense que je peux progresser encore », poursuit-il. Les exemples ne manquent pas : sur la ferme, une vache de 11 ans cumule 102 000 kg de lait produits en 9 lactations.

Mais Sander tempère : « l’objectif n’est pas de battre des records de longévité, mais d’avoir des vaches en bon état ». Sur la ferme, tout est pensé pour être optimisé. « La base, c’est la génétique. Ensuite, il faut construire la vache. »

La longévité se prépare avant même la naissance. Sander choisit des taureaux issus de grandes productrices, capables de cumuler les lactations et les kilos de lait à l’échelle des carrières.

Les génisses sont inséminées vers 13-14 mois, avec l’objectif d’un premier vêlage à 25-26 mois. Une manière de rentabiliser le retour sur investissement que constitue l’animal. Une fois dans le troupeau, l’éleveur accepte des intervalles vêlage-vêlage relativement longs avec une première IA après 60 jours de lactation.

La stabulation de Sander a été pensée pour héberger 165 vaches laitières dans un bâtiment logettes tout confort. Un second bloc accueille les génisses d’élevage. (© Terre-net Média)

Une stratégie payante : avec 13 000 kg de lait par vache et par an en moyenne, son troupeau a largement franchi le seuil des 10 600 kg qui marque le haut de l’échelle des droits phosphate. Ici, chaque litre gagné par vache compte davantage qu’une vache supplémentaire.

La course à l’agrandissement laisse place à une autre forme de performance, fondée sur la production individuelle, la longévité et l’efficacité du troupeau.