Danone augmente ses prix et ses ventes mais les Etats-Unis sont à la traîne
AFP le 28/10/2026 à 10:05
Le géant français de l'agroalimentaire a vu son chiffre d'affaires augmenter de 5,2 % au troisième trimestre, porté par des hausses de prix et, plus faiblement, par les volumes, mais les ventes en Amérique du Nord ont déçu et nécessité « des mesures fortes ».
Les ventes de Danone ont atteint 7,23 milliards d’euros au troisième trimestre 2026 (+5,2 % et +4,0 % à taux de change et périmètre constants), selon un communiqué publié mercredi, soit un peu mieux qu’espéré par les analystes financiers qui scruteront toutefois la performance en Chine et aux Etats-Unis.
« Le contexte inflationniste marqué fait que nous avons procédé à des augmentations de prix au troisième trimestre dans toutes les régions et dans toutes les catégories, mais pas pour tous les produits », a déclaré le directeur financier de Danone, Juergen Esser.
Danone a été capable d’absorber « deux tiers de l’inflation » en interne mais a été obligé de répercuter le tiers restant aux distributeurs et, in fine, aux consommateurs.
Lors de la crise inflationniste qui a suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, l’industrie alimentaire avait augmenté ses prix pour compenser la hausse des coûts (énergie, matières premières, transport…).
En 2024, pour la première fois depuis dix ans, Danone avait retrouvé une croissance tirée par les volumes plutôt que par les prix, une performance réitérée en 2025.
Mais la multiplication des crises en 2026 – avec la guerre au Moyen-Orient, le blocage du détroit d’Ormuz et le changement climatique – oblige l’agroalimentaire à répercuter de nouveau la hausse de ses coûts.
Météo défavorable en Chine
« Beaucoup d’entreprises vont être très prudentes en termes d’investissement », selon M. Esser, mais pas Danone, qui reste ouvert aux acquisitions et confirme par ailleurs ses objectifs pour 2026 (entre 3 et 5 % d’augmentation du chiffre d’affaires et une croissance plus rapide du résultat opérationnel courant).
Dans un contexte de pouvoir d’achat contraint, Danone a privilégié les augmentations sur les produits dont les ventes progressaient et a été « plus prudent » sur les autres, a ajouté M. Esser pour expliquer l’effet prix de 3,6 % sur la hausse des ventes du troisième trimestre 2026 à taux de change et périmètre constants, contre 0,4 % pour les volumes.
Sur neuf mois, sur une croissance des ventes de 3,6%, les volumes représentent 1,3 % et les prix 2,3 %.
Les volumes de ventes ont été pénalisés au troisième trimestre par la catégorie eaux en Asie, où le groupe a été contraint de procéder à des déstockages des boissons Mizone, en raison d’une météo estivale défavorable à la consommation alors que l’été caniculaire a au contraire favorisé ces ventes en Europe.
La Chine reste un marché « solide » pour Danone, qui va y ouvrir très prochainement un nouveau centre de recherche, tient à rassurer Juergen Esser.
« Mesures fortes » aux Etats-Unis
« En Amérique du Nord, on est un peu moins contents, avec une croissance qui est très modérée », à +2,4 % mais avec des volumes en berne, ajoute le directeur financier.
Cela a nécessité des « mesures fortes pour redynamiser la croissance », affirme le directeur général Antoine de Saint-Affrique, cité dans le communiqué.
Concrètement, le groupe a dû renforcer ses capacités de production qui le limitaient jusqu’alors pour faire face à une concurrence accrue, avec un marché des produits laitiers – et notamment ceux boostés en protéines – extrêmement dynamique.
Début 2027, Danone entrera dans une phase « offensive », selon Juergen Esser, en lançant aux Etats-Unis son kéfir et le skyr qui font son succès en Europe.
Sur le Vieux Continent, les ventes de produits laitiers et d’origine végétale « accélèrent » mais la nutrition spécialisée souffre encore des conséquences des rappels de lait infantile en début d’année, avec des volumes « qui n’ont pas retrouvé les niveaux d’avant la crise », souligne-t-il.
Cette crise avait été le signe d’un premier décrochage du titre en Bourse en janvier. Si l’action avait presque retrouvé en juillet son niveau de début janvier (75 euros), elle a depuis dégringolé autour de 61 euros avec les difficultés aux Etats-Unis et en Asie.