La Blonde d'Aquitaine

Pour Olivier Tarlevé (53), l’élégance et les performances sont au rendez-vous


TNC le 03/10/2019 à 10:42
Olivier et Réjane Tarlevé, éleveurs mayennais passionnés de Blondes d’Aquitaine, ici au Sommet de l’élevage 2019 avec leur vache Ibella. (©TNC)

Olivier et Réjane Tarlevé, éleveurs mayennais passionnés de Blondes d’Aquitaine, ici au Sommet de l’élevage 2019 avec leur vache Ibella. (©TNC)

Troisième race à viande française, la Blonde d’Aquitaine tient cette année son concours national au Sommet de l’élevage. Les meilleurs animaux de la race se succèdent alors sur le ring, pour la plus grande fierté de leurs éleveurs. C’est le cas d’Olivier Tarlevé, éleveur en Mayenne, pour qui la Blonde est une évidence, même dans son système très herbager. Preuve que cette race tantôt admirée, tantôt redoutée, s’adapte partout et pour tous.

Éleveur de Blondes d’Aquitaine en Mayenne, Olivier Tarlevé participe actuellement au concours national du Sommet de l’élevage. L’occasion de faire un point sur la race avec ce grand passionné.

Naisseur avec 80 vêlages par an sur une surface de 94 ha au total, il explique : « Je conduis mon troupeau de façon extensive, à l’herbe. J’ai choisi ce système pour être moins dépendant des cours et marchés. Je ne suis tributaire que de la météo et c’est déjà pas mal ! Le troupeau sort un maximum de temps dans l’année, du 1er mars au 1er novembre si les conditions le permettent. » Un témoignage qui tord le cou aux idées reçues sur la Blonde souvent étiquetée comme grande consommatrice de concentrés et difficile à élever.

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Une race qui s’adapte à tous les systèmes

« En période de pâturage, le troupeau change de parcelle tous les jours et ne se contente que de ça, explique Olivier. L’hiver, elles sont toujours sur une base d’herbe mais la consomment ensilée ou enrubannée. Je leur distribue également du maïs ensilage, de la luzerne déshydratée en granulés ou en fibre (luzerne produite sur la ferme) et du maïs épi. »

L’éleveur est clair : « La Blonde a une faible capacité d’ingestion, la finir à l’herbe est donc compliqué. La finition aux concentrés est en revanche souvent perçue comme un défaut. En revanche, elle les valorise très bien : sa viande est tendre, persillée et la plupart des carcasses sont classées U et R+. Et pour ma part, ce ne sont que des concentrés maison. » Il aime à dire : « C’est un peu la formule 1 des races allaitantes : on peut rouler à 50 comme à 300 km/h. En revanche, si on veut qu’elle produise, il faut lui en donner la possibilité. Et elle nous le rend bien ! »

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Lionel Giraudeau, directeur de France Blonde d’Aquitaine sélection recommande même aux éleveurs laitiers qui souhaitent développer un atelier allaitant de se tourner vers la Blonde : « Sa conduite se rapproche de la technicité des laitières. Par exemple, ce n’est pas une race qu’on pourra laisser maigrir et reprendre ensuite, ça sera compliqué. Il lui faut de la constance. » Et pour reprendre les propos d’Olivier, il ajoute : « Forcément, une F1 est plus compliquée à entretenir qu’une 2 CV, mais ça en vaut la peine. » Aussi, si le berceau de la race se situe dans le sud, la Blonde d’Aquitaine a aujourd’hui sa place dans tout l’Hexagone, et même à l’étranger. Elle est même plébiscitée à l’export pour ses qualités maternelles et sa viande. Elle s’adapte alors à tous les climats, même extrêmes.

Des qualités maternelles et bouchères incontestables

« Pour une vingtaine de vaches vendues à l’année, on est sur une moyenne de 600 kg de carcasse », témoigne Olivier Tarlevé. En général, les Blondes d’Aquitaine sont des animaux de grand format, avec un très bon rendement carcasse. Le directeur de la race explique : « Elle est bien vue des bouchers car elle ne laisse que peu de déchets. En général, son rendement viande est 10 à 15 % supérieur aux autres races, on parle d’extension de découpe. De plus, elle est tendre, peu grasse mais suffisamment persillée. »

Si d’autres races misent plutôt sur des petits formats afin de proposer des morceaux de viande plus petits aux consommateurs, Olivier réplique : « Nos bêtes sont plutôt longilignes et les morceaux nobles se situent dans la longueur. Et puis, on est encore aujourd’hui payé au poids. » Il tempère cependant : « Je ne veux pas décrier les autres races ; il n’y a aucune mauvaise bête, il n’y a que des mauvais éleveurs ! On plébiscite forcément la Blonde puisqu’on l’élève mais je reste convaincu qu’elle a d’excellentes qualités qu’on ne retrouve pas partout. »

Olivier fait d’ailleurs partie de la filière ECLA 53 pour une viande 100 % « made in Mayenne ».

Concernant ses qualités maternelles, la Blonde se caractérise par sa facilité de vêlage, notamment grâce à l’aspect longiligne des veaux qui ne bloque pas le passage au bassin. Les mères sont aussi de bonnes laitières. L’offre génétique est d’ailleurs suffisamment diversifiée pour répondre aux besoins de tous les systèmes d’élevage.

En véritable amoureux de la race, Olivier affirme : « En général, ceux qui ne la connaissent pas sont assez mitigés. En effet, elle en impose par son gabarit mais impressionne souvent par son élégance, on appelle ça « la blondeur ». » Et pour les sceptiques quant à son caractère affirmé, il ajoute : « C’est vrai qu’elle a du sang car elle assimile quand même pas mal de concentrés mais elle n’est pas méchante. Elle est très maternelle et protège fort son veau donc elle peut s’avérer agressive. En revanche, être maternelle est plus une qualité qu’un défaut à mes yeux ! »

Et s’il devait résumer la Blonde en quelques mots seulement, Olivier cite : « passion, cachet, élégance et convivialité », pour cette race du sud qui rassemble…