Avis d'éleveurs

Parmi les 3 nouveautés, le robot autochargeuse Lely laisse certains perplexes


TNC le 07/10/2020 à 11:24

Tandis que la célèbre marque rouge Lely dévoilait hier ses grandes nouveautés, les réactions d'éleveurs ont fusé sur les réseaux sociaux. Entre la faucheuse autochargeuse autonome, le séparateur d'effluents et le nouvel outil de pilotage en élevage, découvrez et donnez vous aussi votre avis sur ces nouveaux concepts en robotique et gestion de données agricoles.

À l’occasion de son évènement Lely future farm days 2020, l’entreprise a dévoilé ses grandes nouveautés en matières de robotique et de pilotage de l’élevage laitier. Au menu :

– Exos, un robot faucheuse autochargeuse

– Sphere, un séparateur d’effluents et capteur d’ammoniac

– et Horizon, une application de data et de pilotage pour l’élevage

« Un robot qui va chercher l’herbe dans le champs »

Le robot de fauche et de distribution d’herbe Lely Exos est prévu pour s’adapter aux systèmes en zéro pâturage mais aussi aux pâturants. (©Lely)

Principale nouveauté pour Lely qui lance le premier concept de récolte et distribution d’herbe entièrement autonome. Il s’agit du robot Lely Exos. La marque avance plusieurs arguments comme le fait qu’une herbe fraîche présente de meilleures valeurs alimentaires qu’une herbe conservée. Elle compare également ce fonctionnement à celui de l’affouragement manuel : « C’est chronophage et les options sont limitées. Ce nouveau système fonctionne en permanence et n’est donc pas limité par la main d’œuvre ou le temps. » Elle met aussi en avant la légèreté de l’outil et le fonctionnement en tandem avec le Lely Vector pour une distribution alternée entre la ration mélangée et l’herbe.

Aussi, la marque annonce travailler sur un projet pour combiner à Exos un système de dosage et d’épandage d’engrais liquide dans le champs.

Découvrez la vidéo de présentation ci-dessous :

Sur la page Facebook des producteurs de lait ou encore celle dédié au pâturage, les réactions sont nombreuses. Si certains trouvent le principe intéressant, ils s’interrogent tout de même, comme Antoine : « Ça pourrait être bien pour valoriser des pâturages non accessible aux vaches (route, distance…), mais pour ce robot, il faut que les parcelles soient connectées au bâtiment, donc accessible au pâturage… Autant faire pâturer ! »

Pour d’autres, ça va trop loin, comme Maxime qui estime « qu’on marche sur la tête. On fait pâturer un robot à la place des vaches… pour alimenter des vaches, c’est absurde ! » Même avis pour Lucie : « C’est totalement en décalage avec la demande des consommateurs qui veulent des vaches dehors. » D’autres se demandent aussi comment se débrouillerait le robot en zone de montagne.

Pour autant, Anthony rappelle à ses collègues : « Il n’y a pas qu’une agriculture en France. » Au vu de son système, l’éleveur se dit potentiellement intéressé. Il explique : « mon bâtiment est cloisonné dans le village et par d’autres bâtiments donc j’affourrage en vert d’avril à octobre (difficile ces trois derniers étés). Il est tout équipé robot de traite, logettes/tapis racleur… Dans mon système, je ne vois pas l’intérêt économique de reconstruire un bâtiment à 800 000 € à 1 km de mon site. » Avis partagé par Alexis qui rétorque : « Si le prix est inférieur à celui d’un ensemble faucheuse + tracteur + autochargeuse et un parcellaire groupé alors pourquoi pas…Tout se calcule. »

Moins d’émissions d’ammoniac grâce à Lely Sphere

Deuxième innovation : Lely Sphere, « un nouveau système qui sépare le lisier et l’urine, transforme les émissions d’azote et produit trois types d’engrais précieux pour une fertilisation de précision. » L’objectif : réduire les émissions d’ammoniac. Retrouvez la vidéo de présentation ci-dessous :

Concrètement, comment ça fonctionne ? Premièrement, les caillebotis de la stabulation sont conçus pour séparer les excréments de l’urine et ainsi éviter les émissions d’ammoniac au sol. L’urine est alors collectée et stockée à part pour devenir un engrais riche en potassium. Les excréments (collectés par le Discovery) sont eux aussi stockés à part et deviennent un engrais riche en phosphate et azote organique. Le 3e engrais est quant à lui produit grâce à un courant d’air circulant du sol du bâtiment jusqu’à la fosse (via le système N-capture) pour capter les émissions d’ammoniac qui sont ensuite transformées en engrais liquide riche en azote minéral.

Si la marque met en avant l’assainissement de l’atmosphère du bâtiment, elle assure aussi une diminution jusqu’à 70 % des émissions d’ammoniaque en moins. « En plus d’être un système limitant les émissions, Lely Sphere se distingue également par sa réutilisation de l’azote comme substitut aux engrais chimiques. Des tests pratiques ont montré qu’il est possible de récolter entre 10 kg et 20 kg d’azote par vache par an. »

De quoi répondre aux objectifs -13 % d’émissions de NH3 fixés à l’horizon 2030 ?

Le système Lely Sphere : à gauche les caillebotis pour séparer l’urine des excréments et à droite le système N-capture qui capte et convertit l’ammoniac en engrais. (©Lely)

Lely Horizon : l’appli de data et de pilotage de l’élevage

Troisième nouveauté pour Lely : l’application de gestion de l’élevage Horizon. Sa particularité : elle compile les données de l’ensemble des équipements et des partenaires de l’élevage en une seule plateforme. Découvrez là aussi une vidéo de présentation de l’outil :

Lely Horizon est disponible en deux versions : Control (fonctionnalités de base et analyses approfondies sur demande) ou Advance (analyse des données en continu pour recevoir des conseils et prédictions sur les résultats à venir). L’appli sera proposée aux éleveurs disposant d’un système de traite ou d’alimentation robotisé.