« Le matériel utilisé moins de deux semaines par an, on ne l’achète pas »
TNC le 23/07/2026 à 05:00
Dans le cadre de notre série « Matériel, charges, prix… Les agris parlent machinisme », retrouvons le témoignage de Romain Vandekerckhove, 29 ans, installé depuis 2023 à Molliens-Dreuil (Somme), en polyculture-élevage (80 hectares en betteraves, blé, escourgeons, prairies et 60 vaches laitières).
« Sur notre exploitation, nous possédons, en propriété, un Fendt 716 et un télescopique Merlo, une trémie frontale Pottinger et un vibro Kockerling que l’on vient d’acquérir, un déchaumeur Lemken Karat de 4 mètres. Sur le télescopique Merlo, nous disposons de différents outils : un godet désileur, un godet à fumier, une pince à ballots, une dérouleuse. Ensuite, il y a une benne, un semoir à maïs 4 rangs Monosem, une charrue à 5 corps Lemken, un pulvérisateur Vicon de 27 mètres, et une pailleuse.
Pour ce qui est de la Cuma, nous avons accès à un tracteur New Holland T7 de 165 chevaux. Je l’utilise principalement en compensation quand j’en ai besoin, surtout en été. Je l’utilise essentiellement avec la presse de la Cuma. Je me suis déjà servi, selon les besoins, d’un épandeur Amazone, d’un épandeur à fumier Sodimac, d’un déchaumeur à disques Grégoire de 5 mètres, et d’un semoir de semis direct Maschio-Gaspardo de 3 mètres et un décompacteur de 4 mètres.
« 23 % de nos charges sont liées au machinisme »é
Historiquement, dans la Cuma, ils n’avaient pas beaucoup de chevaux sur les fermes, souvent des 120 ou 140 chevaux. Pour faire face à cette problématique, ils ont investi dans ce New Holland. Depuis, tout le monde s’est équipé en 160 chevaux, donc sa fréquence d’utilisation est en grande baisse.
Nous avons aussi du matériel en entraide avec un voisin : un tracteur Claas de 100 chevaux et un combiné de semis de 3 mètres. Pour certains chantiers, nous faisons appel à l’ETA, notamment pour l’ensilage de maïs et d’herbe, et la moisson. C’est ce qui est le plus pratique pour nous.
Au niveau des charges liées au machinisme, en incluant le GNR, nous sommes à environ 23 % du total de nos charges. Je sais qu’en France, la moyenne est plutôt autour de 50 %, mais nous, nous sommes bien en dessous. Je pense que les 50 %, c’est pour ceux qui renouvellent beaucoup leur matériel. Nous, on est plutôt sous-équipés dans le sens où, pour tout ce qui sert peu, 3 ou 4 jours par an, nous allons le chercher à la Cuma.
« De grosses réparations plutôt que de renouveler »
Depuis mon installation, ces charges ont un peu augmenté, mais pas énormément, peut-être de l’ordre de 25 % environ. C’est principalement lié à la hausse des prix du matériel. Par rapport à l’augmentation des coûts des machines neuves, presque 49 % en 5 ans d’après ce qu’on m’a dit, comment j’y fais face ? Eh bien, je n’achète rien ! Plus sérieusement, on prolonge le matériel qu’on a. On a choisi de faire des grosses réparations plutôt que de renouveler. Par exemple, on a réparé le moteur du Fendt parce qu’on n’aurait pas pu le renouveler, c’était trop cher. C’est pareil pour le Merlo. Ce n’était pas donné, mais ça nous permet de prolonger le matériel de 3-4 ans, pour voir un peu vers quelle finalité financière nous allons.
L’idée aussi dans notre réflexion d’achat, c’est d’avoir tous les matériels qui s’utilisent moins d’une à deux semaines par an en Cuma ou en ETA. On n’achète pas si la fréquence d’utilisation est moindre. En revanche, on achète surtout des matériels avec une fréquence d’utilisation énorme. A chaque fois qu’il y a un achat de matériel aujourd’hui sur l’exploitation, on réfléchit à sa polyvalence. C’est pour ça que nous sommes arrivés à acheter la trémie frontale et le déchaumeur Kockerling, qui n’étaient pas du tout prévus au départ. C’est vraiment ça, la grosse réflexion : ne pas acheter pour les faibles fréquences d’utilisation mais acheter ce qui sert fréquemment, tout en ayant une grande polyvalence de travail. »