Dans les Hauts-de-France

Bientôt du sucre de betteraves bio labellisé équitable


TNC le 23/03/2020 à 09:47
Remise du Trophée de l’excellence bio pour un pain d’épices bio à base de ce sirop de betteraves, de gauche à droite : Simon Hallez, co-directeur de Bio en Hauts-de-France, Sébastien Lemoine, administrateur Bio en Hauts-de-France et producteur de betteraves, Nadou Masson, présidente de Bio en Hauts-de-France, Stéphane Debeunne, dirigeant de France Cake Tradition. (©Bio en Hauts-de-France)

Remise du Trophée de l’excellence bio pour un pain d’épices bio à base de ce sirop de betteraves, de gauche à droite : Simon Hallez, co-directeur de Bio en Hauts-de-France, Sébastien Lemoine, administrateur Bio en Hauts-de-France et producteur de betteraves, Nadou Masson, présidente de Bio en Hauts-de-France, Stéphane Debeunne, dirigeant de France Cake Tradition. (©Bio en Hauts-de-France)

Bio en Hauts-de-France travaille depuis trois ans à la création d’une filière équitable pour la betterave sucrière bio. L'objectif : « répondre aux interpellations de producteurs et à la forte motivation d’entreprises agroalimentaires souhaitant relocaliser leur approvisionnement », présente l'association.

Et ce travail commence à porter ses fruits, selon Bio en Hauts-de-France. L’association vient, en effet, de créer « le premier sucre de betteraves bio et local, désormais disponible ». Cette année, 110 tonnes de betteraves bio ont été transformées en 20 tonnes de sirop. Trois types de conditionnements sont proposés aux professionnels intéressés, magasins spécialisés, entreprises agroalimentaires ou encore producteurs en vente directe : « pots de 500 g, 12,5 kg et 1 tonne ». Ce sirop foncé peut être utilisé « sur une tartine, pour sucrer les laitages, pour la pâtisserie, pour les desserts… »

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« Les betteraves doivent être payées au juste prix »

« Depuis 2016, la betterave sucrière bio est expérimentée chez les producteurs partenaires du projet ce qui a permis de déterminer un prix d’achat des betteraves rémunérateur pour les producteurs. Cette culture est sensible à la concurrence des adventices et consommatrice d’éléments minéraux, ce qui a pour effet d’élever le coût de production », précise l’association. Il est donc important de rémunérer au juste prix le producteur pour ainsi inciter les agriculteurs à produire de la betterave sucrière en bio.

Sébastien Lemoine, producteur bio dans le Cambrésis (59) témoigne de son expérience : « la betterave sucrière conduite en agriculture biologique est gourmande en main-d’œuvre, notamment pour le désherbage manuel. Je préfère embaucher du personnel sur l’exploitation plutôt qu’investir dans un outil de désherbage mécanique qui me coûtera le même prix, c’est pour moi plus enrichissant et cela crée de l’emploi, explique-t-il. Cependant, les betteraves doivent être payées au juste prix ! »

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Bientôt une micro-sucrerie en Hauts-de-France  

Pour le moment, les betteraves sont transformées dans une micro-sucrerie en Allemagne mais l’association travaille, en lien avec une vingtaine d’acteurs régionaux et nationaux, à la mise au point de procédés d’extraction alternatifs afin de développer à court une micro-sucrerie dans les Hauts-de-France.

Des premiers exemples de produits bio et locaux permis grâce à ce sucre de betteraves bio :

– France Cake Tradition, fabricant historique de gâteaux à Tourcoing (Nord), a développé un pain d’épices bio à base de ce sirop de betteraves. Il a été récompensé d’un Trophée de l’Excellence Bio, le 27 février dernier. « Nombreuses sont les entreprises agroalimentaires qui cherchent à relocaliser leurs approvisionnements, notamment le sucre de canne bio, explique Stéphane Debeunne, dirigeant de France Cake Tradition. Pour notre pain d’épices, nous avons substitué le sirop de canne par du sirop de betterave. Nous avons ainsi le premier pain d’épices bio, plus riche en minéraux et issu d’une filière équitable et locale. » 
– La brasserie paysanne de l’Artois (Pas-de-Calais) a également lancé « la première bière bio 100 % régionale ». Le malteur-brasseur-agriculteur Mathieu Gloria a remplacé le sucre de canne bio, utilisé pour la refermentation, par du sirop de betterave bio. Ajouté à cela : l’orge issue de l’exploitation en agriculture biologique et le houblon bio des Hauts-de-France.

Pour plus d’infos, contactez l’association Bio Hauts-de-France : Loïc Tridon l.tridon@bio-hdf.fr – 07 87 32 28 60