[Bovins viande] Life Beef Carbon

Un tiers des GES émis sont compensés par le stockage de carbone des prairies


TNC le 16/10/2019 à 06:02

Après quatre ans d'existence, le projet Life Beef Carbon a permis le diagnostic de 2 000 élevages bovins viande en Europe dont 1 700 en France. Les premiers résultats montrent qu'un tiers environ des émissions brutes de gaz à effet de serre d'un atelier bovin-viande sont compensées par le stockage de carbone dans les prairies et les haies. Autre enseignement : quand un élevage est performant techniquement, il a une empreinte carbone plutôt basse.

Piloté par l’Institut de l’élevage, Life Beef Carbon est un projet européen sur cinq ans (2016-2020) dont l’objectif est de réduire de 15 % en 10 ans l’impact carbone de la production de viande dans quatre pays : France, Irlande, Espagne et Italie.

Lire aussi : 87 % des éleveurs se sentent concernés par les enjeux climatiques

Lancé en 2016, il a déjà permis d’évaluer l’empreinte carbone dans 2 000 fermes, dont 1 700 en France, grâce à l’outil Cap’2ER. L’indicateur GES suivi est le kg équivalent CO2 par kilo de viande vive produite (kg éq. CO2/kgvv).

Il ressort de ces diagnostics qu’un tiers des émissions brutes de gaz à effet de serre d’un élevage bovin viande (16,7 kg éq. CO2/kgvv) sont compensées par le stockage de carbone dans les prairies et les haies (5,4 kg éq. CO2/kgvv) portant ainsi l’empreinte carbone nette à 11,3 kg éq. CO2/kgvv. Les impacts positifs de l’activité bovin viande sont également mesurés comme le potentiel nourricier ou l’entretien de la biodiversité.

« Quand un élevage est performant techniquement, il aura une empreinte carbone plutôt basse », explique Josselin Andurand, responsable du projet Life Beef Carbon à l’Institut de l’élevage. C’est l’un des autres enseignements des diagnostics réalisés. « Et au sein de chaque élevage, il existe des marges de progrès pour réduire son empreinte carbone », poursuit-il. Les principaux leviers identifiés :

  • avoir le moins possible d’animaux improductifs pour réduire le méthane entérique qui représente 56 % des émissions ;
  • limiter la quantité de concentrés en l’adaptant aux besoins des animaux ;
  • limiter l’achat d’engrais minéral ;
  • favoriser le pâturage : plus une vache est à l’herbe et moins elle va émettre.

 

Alors que le projet s’achève en 2020, l’objectif est désormais d’emmener toute la filière viande bovine vers un plan carbone. « C’est la pénétration du conseil technique dans les élevages bovins viande qui va permettre à la fois d’améliorer leurs résultats économiques et de baisser leur empreinte carbone », conclut Josselin Andurand.

Lire aussi : « Performances techniques, environnementales et économiques étroitement liées »
et également : De 4 000 à 5 000 euros pour un éleveur économisant 400 tonnes de CO2