Les importations françaises de farine ont grimpé de 45 % en deux ans


TNC le 03/06/2026 à 17:56
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En 2025, le secteur meunier français a produit près de 4 Mt de farine, ce qui représente 11,4 % de la production européenne. (© BillionPhotos.com, AdobeStock)

Le secteur de la meunerie française dresse un bilan 2025 sous tension : si la France reste le deuxième producteur européen de farine, ses importations ont bondi de 45 % en deux ans pour atteindre 11 % de la consommation nationale. Dans un contexte concurrentiel accru, l'ANMF appelle à des mesures urgentes sur l'énergie, la réglementation et le soutien à l'export.

« La meunerie française maintient le cap malgré 11 % d’importations », écrit l’Association nationale de la meunerie française (ANMF) dans un communiqué daté du 2 juin, alors qu’elle organise son congrès cette semaine à Marseille.

En 2025, le secteur a produit environ 3,95 Mt de farine, à partir de blé quasi exclusivement d’origine française (moins de 4 350 t importées sur 5,05 Mt écrasées). Avec 11,4 % de la production européenne, la France conserve sa place de deuxième producteur du continent, derrière l’Allemagne, et se classe au 13e rang mondial.

Le chiffre d’affaires des moulins français s’est établi à 1,84 milliard d’euros en 2025, en baisse pour la deuxième année consécutive, « dans un contexte de pression sur les prix alimentaires ».

La rentabilité de la filière reste structurellement faible : le taux de résultat courant avant impôt a oscillé entre – 0,8 % et + 2,3 % du chiffre d’affaires de 2018 à 2024, soit environ deux fois moins que la moyenne de l’industrie agroalimentaire (+ 3,7 % à + 4,5 %).

Le déséquilibre commercial s’accentue : les importations de farine ont progressé de 45 % en deux ans pour atteindre 420 000 t en 2025, soit 11 % de la consommation française. L’Allemagne et la Belgique ont fourni à elles seules plus de 80 % de ces volumes.

En parallèle, les exportations françaises ont reculé à environ 204 000 t. La farine française progresse toutefois vers l’Asie et les États-Unis, sur des volumes qui restent limités.

La hausse des importations « interroge directement la capacité de la France à préserver sa compétitivité dans le marché européen, voire mondial », alerte l’ANMF.

De fait, elle pointe la montée en puissance de la Turquie, premier exportateur mondial de farine (3 à 3,5 Mt), et de l’Ukraine, dont les exportations vers la France ont quadruplé entre 2022 et 2025.

Pour Jean-François Loiseau, président de l’organisation, la reconquête de compétitivité est « essentielle » et elle « passe par une énergie électrique accessible, un arrêt de l’inflation réglementaire, une simplification des démarches administratives qui pèsent sur les entreprises qui souhaitent investir et se développer, et un accompagnement des entreprises qui exportent et s’engagent dans la décarbonation ».

La filière attend des Conférences de la souveraineté alimentaire des mesures concrètes allant dans ce sens.