Les exportations françaises de céréales sur 2025/26 restent bien orientées


TNC le 15/05/2026 à 15:30
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FranceAgriMer a relevé à 15,1 Mt ses prévisions d'exportation de blé tendre pour la campagne 2025/26. (© S. Leitenberger - stock.adobe.com )

Les exportations françaises de céréales affichent de solides performances à neuf mois de la campagne de commercialisation 2025/26. Si le blé tendre reste tiré par le Maroc en l’absence persistante de l’Algérie, l’orge bénéficie d’un retour spectaculaire de l’Arabie Saoudite, tandis que le maïs continue de s’imposer sur le marché intracommunautaire.

Les exportations françaises de blé tendre maintenaient le cap à neuf mois de campagne, malgré « un léger infléchissement » lié à un contexte de compétitivité plus tendu depuis février. C’est le bilan qu’a dressé Habasse Diagouraga, chargé d’études sur le marché français des céréales pour FranceAgriMer, lors d’un point presse organisé le 13 mai.

Fin mars, les volumes exportés atteignaient 11,6 Mt, au-dessus de la moyenne quinquennale (11,3 Mt à la même période) et très nettement au-dessus des 6,9 Mt de la campagne précédente.

Fait marquant : la forte poussée du Maroc, qui s’impose comme premier client avec 2,73 Mt exportées, contre 1,5 Mt en moyenne quinquennale. L’Égypte et l’Espagne affichent aussi une nette progression (respectivement 710 000 t et 1,12 Mt), tandis que la Belgique, débouché structurel, se maintient à son niveau habituel (1,62 Mt).

L’Algérie reste en revanche aux abonnés absents : « c’est le statu quo, on n’a pas de nouvelles », commente le spécialiste. Une inconnue qui pèse sur les perspectives des prochains mois, d’autant que le Maroc suspendra ses achats du 1er juin au 31 juillet en raison d’une récolte domestique qui s’annonce abondante.

Dans ce contexte, FranceAgriMer souligne une répartition des exportations vers les pays tiers globalement « plus offensive », qui pourrait préfigurer les dynamiques de la campagne 2026/27.

« Nous avons été très compétitifs en début de campagne 2025/26, avec la possibilité d’exporter vers des destinations variées, notamment des pays asiatiques comme la Thaïlande ou les Philippines, qui achètent habituellement des origines américaines ou russes, relève Habasse Diagouraga. Pour la campagne prochaine, tout se jouera sur la compétitivité des différentes origines. Le marché reste ouvert. »

Pour l’heure, FranceAgriMer a relevé ses prévisions d’exportation de blé tendre à 15,1 Mt pour l’ensemble de la campagne 2025/26, dont 7,25 Mt vers les pays tiers (+ 2 % par rapport à avril et + 107 % par rapport à 2024/25) et 7,75 Mt vers les pays de l’UE (+ 1 %). Des niveaux « élevés par rapport à la campagne précédente et même par rapport à la moyenne quinquennale sur pays tiers ».

« Retour en force du Moyen-Orient » sur l’orge

De son côté, l’orge confirme une très bonne campagne, avec une « accélération marquée à partir d’octobre-novembre ». 5,1 Mt d’orge française avaient été exportées à neuf mois de campagne, contre 4 Mt à la même période de la campagne 2024/25 et 4,6 Mt en moyenne quinquennale.

Habasse Diagouraga pointe le « retour en force du Moyen-Orient » et notamment de l’Arabie saoudite : absente depuis deux campagnes, elle a déjà importé 890 000 t d’orge française, contre seulement 60 000 t en moyenne quinquennale.

La Libye progresse également (370 000 t, contre 30 000 t en moyenne), et la Belgique se maintient à 940 000 t, confirmant sa position de client structurel.

Ombre au tableau : la Chine, historiquement premier client de l’orge française, marque le pas avec seulement 880 000 t importées à fin mars, contre 1,86 Mt en moyenne quinquennale.

Toutefois, des chargements portuaires seraient actuellement annoncés vers l’Empire du milieu, ce qui a conduit FranceAgriMer à relever ses prévisions pour la campagne 2025/26 vers les pays tiers à 3,8 Mt (+ 3 % par rapport à la prévision d’avril et + 62 % par rapport à 2024/25), tandis que les flux vers l’UE restent estimés à 2,53 Mt.

Les Pays-Bas dominent les achats de maïs français

Les exportations françaises de maïs grain restent quant à elles très dynamiques : 4,3 Mt écoulées à fin mars, contre 3,3 Mt en moyenne quinquennale. Une « performance commerciale solide, soutenue par la compétitivité intra-européenne ».

Les flux sont quasi exclusivement orientés vers les pays de l’UE, les Pays-Bas en tête (1,22 Mt) devant l’Espagne (1,08 Mt) et la Belgique (710 000 t). Les envois vers les pays tiers demeurent limités à 390 000 t, un peu au-dessus de la moyenne.

Ce dynamisme a mené FranceAgriMer à relever ses prévisions d’exportation à 5,59 Mt (+ 3 % par rapport à avril), dont 5 Mt vers l’UE et 490 000 t vers les pays tiers.

Pour le blé dur, on assiste à une « reprise modérée des exportations » sur 2025/26. Elles atteignaient 660 000 t à neuf mois de campagne, en nette amélioration par rapport aux 490 000 t de 2024/25, mais encore légèrement sous la moyenne quinquennale de 680 000 t. Près de 90 % des volumes restent orientés vers les pays de l’UE.

FranceAgriMer a relevé sa prévision d’export vers l’UE à 700 000 t (+ 1 % par rapport à avril), tout en abaissant légèrement celle vers les pays tiers à 150 000 t.