Les Bourses mondiales soulagées par la détente des prix du pétrole
AFP le 25/07/2026 à 11:15
Les marchés boursiers mondiaux ont repris de l'allant vendredi, encouragés par la nette baisse des cours du pétrole, bien que les tensions restent vives au Moyen-Orient.
Le baril de Brent, référence mondiale pour le brut, a clôturé à 96,78 dollars (-3,88%) après avoir passé les 100 dollars la veille. Le WTI américain a suivi la même tendance (-3,12% à 89,31 dollars).
Les Houthis, pro-iraniens, ont indiqué vendredi que leur blocus maritime contre l’Arabie saoudite n’avait pas vocation à paralyser le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, après avoir revendiqué l’attaque de deux pétroliers saoudiens.
« Il y a quelques mouvements de trafic maritime en mer Rouge, la situation n’est donc pas forcément aussi figée que nous le pensions », explique à l’AFP Robert Yawger, analyste pour Mizuho USA.
L’importance de cette zone pour le marché pétrolier s’est accrue depuis le début du conflit au Moyen-Orient, l’Arabie saoudite y redirigeant une grande partie de ses exportations pour contourner le blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran.
« Il a également été question de la tentative de l’administration Trump d’imposer aux Iraniens un accord de cessez-le-feu de dix jours par l’intermédiaire du Premier ministre irakien », souligne M. Yawger.
« Les Iraniens ont certes rejeté cette proposition, mais le fait même que Washington tente de le faire laisse entendre qu’il y a une chance que quelque chose se concrétise », poursuit l’analyste.
Les Bourses mondiales plus confiantes
Le recul des prix du brut offre une respiration aux marchés d’actions, en particulier en Europe où de nombreuses économies restent de grandes importatrices d’hydrocarbures.
La Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,88%, Francfort a gagné 1,36%, Londres a pris 0,91% et Milan 0,95%.
Les valeurs du secteur pétrolier font au contraire grise mine. A Londres, BP a perdu 1,35% et Shell 1,15%. A Oslo, le géant Equinor a cédé 1,36% et à Madrid, Repsol a lâché 2,23%.
Pour Patrick Munnelly de Tickmill Group, les investisseurs ont « pris en compte les perspectives d’offre, les risques pesant sur la demande et la possibilité que la hausse des prix observée plus tôt dans la semaine ait déjà intégré une grande partie du risque de perturbation immédiate ».
A New York, le Dow Jones a gagné 0,45% et l’indice élargi S&P 500 a grappillé 0,05%. Seul le Nasdaq s’est affiché dans le rouge (-0,64%), plombé par le trou d’air des puces électroniques.
Le marché a notamment réservé un accueil glacial aux résultats du géant des microprocesseurs Intel (-7,89%) malgré des chiffres dépassant les attentes et une révision à la hausse de sa perspective de chiffre d’affaires pour le trimestre en cours.
Dans son sillage, Nvidia a reculé de 0,92%, AMD de 3,29% et Micron de 6,99%.
Droits de douane sans cahots
L’Union européenne a par ailleurs été soulagée que les nouveaux droits de douane annoncés la veille par Donald Trump l’aient épargnée.
Le nouveau régime de taxes douanières imposé par le gouvernement américain touchant une soixantaine d’économies respecte en effet, en ce qui concerne l’UE, le plafond de 15% qui figurait dans l’accord signé il y a un an presque jour pour jour à Turnberry, en Ecosse.
Pour l’essentiel, ces droits de douane sont « conformes aux précédents qui ont expiré », assure auprès de l’AFP Angelo Kourkafas, du cabinet d’investissement Edward Jones.
Cela n’a d’ailleurs pas chahuté le marché des changes: vers 20H45 GMT, le dollar reprenait 0,07% à la monnaie unique européenne, à 1,1369 dollar pour un euro.
Donald Trump a toutefois lancé vendredi de nouvelles menaces commerciales contre l’UE, dénonçant les amendes infligées aux géants américains de la tech, dont la dernière en date a visé Google.
Il a indiqué qu’il pourrait imposer des « droits de douane substantiels » sur les produits européens.
« Les États-Unis ne sont pas une « vache à lait » pour l’Europe », a-t-il ajouté.