« Jusqu’à 600 € de baisse par broutard », la FNB appelle les éleveurs à manifester
TNC le 24/07/2026 à 16:44
Patrick Bénézit, président de la Fédération nationale bovine (FNB), appelle les éleveurs à manifester devant les abattoirs Bigard contre une « baisse des prix complètement injustifiée » sur le marché du broutard. De son côté, la Fédération française des commerçants de bestiaux (FFCB) invoque la loi de l’offre et de la demande. Dans un contexte de prix élevés, les broutards français deviennent moins compétitifs face aux animaux maigres d’autres pays européens, voire face à l’achat de viande étrangère.
Alors que le cours du broutard affiche un repli d’environ 0,50 €/kg selon les catégories de poids, la Fédération nationale bovine (FNB) appelle les éleveurs à une mobilisation nationale la semaine prochaine devant les sites du groupe Bigard.
On ne peut pas être contre la décapitalisation, et faire subir des baisses des prix jusqu’à 600 € par bête.
Si le géant de la viande française est visé, « le message s’adresse à tout le monde » précise Patrick Bénézit, dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. « Autres abatteurs bien sûr, distributeurs, exportateurs, négociants en bestiaux, coopératives… On ne peut pas, au Salon de l’agriculture, expliquer à la Ministre qu’on est tous d’accord pour un plan de souveraineté afin d’arrêter la décapitalisation, — voire engraisser un petit peu plus en France — et quelques mois après faire subir des baisses de prix jusqu’à 600 € par bête ».
Car pour le syndicat, « ces baisses sont complètement injustifiées » dans un contexte de décapitalisation bovine.
Les commerçants de bestiaux en appellent à la « réalité du marché »
La fédération française des commerçants de bestiaux livre une lecture différente de la situation, et en appelle à regarder la « réalité du marché » dans un communiqué de presse en date du 22 juillet. Si la fédération confirme la reprise de l’export de vif vers l’Espagne et l’Italie sur ces quatre dernières semaines, elle rappelle que les volumes exportés depuis le début de l’année vers l’Italie sont en retrait de 10,1 %. Même constat pour l’Espagne, avec un recul de l’export de vif de 9,6 %, soit au total 70 000 veaux exportés en moins sur ces deux destinations.
Un argument que réfute la FNB. « On ne peut pas exporter des veaux qui ne sont pas nés » argue Patrick Bénézit. Suite aux différentes maladies vectorielles, « l’Institut de l’élevage estime à 100 000 le nombre de veaux mâles qui ne pourront pas être mis en marché ».
Alors qui de l’offre ou de la demande fait défaut ? Pour la FFCB, « les débouchés ne se décrètent pas. Ils se construisent chaque jour dans un environnement européen et mondial, très concurrentiel […]. Lorsque les prix français s’écartent durablement de ceux de nos concurrents, les acheteurs recherchent naturellement d’autres origines d’approvisionnement, notamment hors UE ».
Mais pour la FNB, les pressions à la baisse ne sont pas supportables alors que les charges augmentent sur les exploitations, et que la situation fourragère se dégrade. « Nos demandes des opérateurs sont les suivantes : la première est de stopper cette baisse, et la seconde de reprendre les hausses » poursuit le président de syndicat sur ses réseaux.
Si la FNB alerte sur une contradiction politique : difficile de demander aux éleveurs de maintenir les effectifs avec une dégradation de leur rémunération, la FFCB en revient à la loi de l’offre et de la demande. Sur le marché du broutard, les enjeux stratégiques de long terme se heurtent aux contraintes immédiates du marché. Reste à savoir qui des éleveurs ou de la filière doit absorber ces aléas conjoncturels.