Matières premières agricoles

Le sucre et le cacao montent, le café baisse légèrement


AFP le 30/11/2018 à 17:30

Le sucre a légèrement progressé sur la semaine, malgré des perspectives négatives, tout comme le cacao, tandis que le café s'est quelque peu affaissé.

Abondance de sucre

Le sucre a grimpé sur la semaine pour atteindre jeudi son plus haut depuis près d’un mois, à 353,80 dollars la tonne de sucre blanc à Londres et à 13,21 cents la livre de sucre brut échangée à New York. Néanmoins, les perspectives ne sont pas très bonnes selon les commentateurs. Premièrement, la baisse des cours du pétrole pèse sur les prix du sucre dans le sens où une baisse des prix de l’or noir rend l’éthanol (fabriqué notamment à partir de canne à sucre) moins compétitif au Brésil. Selon les analystes de Commerzbank, les conducteurs brésiliens de véhicules hybrides ont tendance à préférer l’éthanol quand son prix tombe en dessous de 70 % de ceux de l’essence. « Le ratio est tombé à un niveau record début septembre avec 57 %, selon l’Agence nationale du Pétrole, et était de 63 % lors du rapport de mi-novembre », ont fait valoir les analystes de Commerzbank qui soulignent que cela « ne reflète probablement pas encore les chutes les plus récentes » des cours du pétrole. Les raffineries du Brésil (premier producteur de sucre) qui avaient délaissé la production de sucre au profit de l’éthanol pourraient ainsi faire marche arrière. De plus, « nous devrions voir plus de sucre indien arriver sur le marché à mesure que la récolte progresse », ont ajouté les analystes d’ING, qui évoquent « une pression additionnelle » sur les prix.

Café stable 

L’arabica et le robusta ont fini la semaine en légère baisse, après avoir effacé sur les derniers jours les gains engrangés lundi et mardi. Dans leur dernier rapport sur les matières premières, les analystes de Société Générale ont revu à la hausse leur estimation de surplus pour 2018-2019, passée de 5,8 millions de sacs de 60 kilogrammes à 7,4 millions. « Une raison pour adopter une vision légèrement moins optimiste » sur les prix, ont-ils commenté. Néanmoins, les analystes ont les yeux tournés vers l’avenir avec des conditions météorologiques « moins favorables », selon les analystes de Rabobank. La probabilité que survienne un phénomène El Niño, grave épisode météo poussant à la hausse la moyenne mondiale des températures, est de 75 à 80 % au cours des trois prochains mois, a indiqué mardi l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Cette anomalie océanique et atmosphérique qui s’empare du Pacifique tropical, vient tous les trois à sept ans affecter températures, courants et précipitations et « pourrait constituer une menace pour la production de robusta », dont le Vietnam est le premier pays producteur. 

Cacao en hausse 

Les prix du cacao ont connu une hausse modérée sur la semaine. « Les enquêtes de qualité provenant d’Afrique de l’Ouest sont bonnes et les broyeurs sont dans les ports et prêts à acheter », a souligné Jack Scoville, soulignant que cela « soutient » les prix. L’Afrique de l’Ouest, qui représente 70 % de la production mondiale, connait un niveau de récolte élevé qui pèse depuis plusieurs mois sur les prix. Ces derniers peuvent néanmoins compter sur « la forte demande d’Asie », a expliqué Shawn Hackett, analyste indépendant. Selon lui, « El Niño Modoki (une variante d’El Niño classique) se prépare pour 2019 » ce qui pourrait augurer de possibles perturbations de la production en Afrique de l’Ouest. Celles-ci restent néanmoins théoriques, car les sécheresses engendrées par El Niño Modoki sont moins automatiques qu’avec El Niño, a précisé Shawn Hackett.

Sur le Liffe de Londres, la tonne de robusta pour livraison en mars valait 1 612 dollars vendredi à 14h10 GMT, contre 1 623 dollars le vendredi précédent à 10h20 GMT. Sur l’ICE Futures US de New York, la livre d’arabica pour livraison en mars valait 110,55 cents, contre 113,40 cents sept jours auparavant. À Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison en mars valait 344,20 dollars, contre 340 dollars le vendredi précédent. À New York, la livre de sucre brut pour livraison en mars valait 12,66 cents, contre 12,59 cents sept jours auparavant. À Londres, la tonne de cacao pour livraison en mars valait 1 609 livres sterling, contre 1 585 livres sterling le vendredi précédent. À New York, la tonne pour livraison en mars valait 2 176 dollars, contre 2 127 dollars sept jours plus tôt.