Filière sucrière française

Le Sénat inquiet des conséquences de l’arrêt des usines de Cagny et d’Eppeville


TNC le 27/06/2019 à 18:58

À Cagny, dans le Calvados, les Jeunes agriculteurs de Normandie ont bloqué le site de l'usine sucrière Saint-Louis Sucre mercredi 26 et jeudi 27 juin pour dénoncer la fermeture de l'usine. En début de semaine, des sénateurs de tous bords, inquiets des conséquences économiques de cette décision, sont venus contrer les représentants de la direction de la sucrerie.

Alors que les Jeunes agriculteurs de Normandie, soutenus par leurs collègues de la FRSEA, ont bloqué l’usine sucrière de Cagny les 26 et 27 juin, une délégation transpartisane de sénateurs, de députés et d’élus locaux du Calvados s’est rendue à Cagny lundi 24 juin pour rencontrer la direction de la sucrerie de Saint-Louis Sucre, les représentants des salariés ainsi que les producteurs agricoles concernés.

Dans un contexte de baisse des cours mondiaux du sucre, le groupe allemand Sudsücker et Cristal Union ont annoncé, pour rappel, la fermeture de quatre sucreries, dont celle située en plein coeur de la plaine de Caen. Une commission a été désignée par le Sénat pour rencontrer la direction et les représentants de l’usine de Cagny.

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« L’arrêt de la production sur les sites de Cagny, dans le Calvados, et d’Eppeville, dans la Somme, est un drame économique pour la filière sucrière française », expliquent les sénateurs. Avec ces quatre fermetures, près de 15 % de la production française est en péril, du fait de la forte concurrence européenne à laquelle la France fait face. « En ciblant deux sites français, l’industriel allemand Sudzücker préserve ses capacités industrielles outre-Rhin. Prétendre redresser significativement les cours mondiaux du sucre en réduisant de 0,4 % le potentiel productif mondial constitue un argument peu convaincant. »

Sophie Primas, sénatrice des Yvelines et présidente de la commission des affaires économiques, estime que « la multiplication de ces annonces au détriment de notre agriculture et de notre industrie démontre l’inefficacité actuelle de notre arsenal juridique pour garantir nos intérêts dans la compétition économique mondiale ».

« En démantelant une filière agricole historiquement exportatrice, ces décisions accentuent encore l’érosion de l’excédent commercial français lié à son agriculture. Les pertes de parts de marché se feront, comme pour d’autres filières, au profit d’importations depuis d’autres pays européens avec des normes de production différentes de celles imposées aux betteraviers français. »

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