Méthanisation

Le projet de la SARL Biogy voit enfin le jour !


TNC le 16/04/2019 à 05:58
Le méthaniseur de la SARL Biogy a failli ne jamais sortir de terre. (©Biogy)

Le méthaniseur de la SARL Biogy a failli ne jamais sortir de terre. (©Biogy)

En faisant face à une hostilité farouche d'une partie des habitants des villages concernés, le projet de méthanisation de la SARL Biogy, en périphérie d'Arras (Pas-de-Calais) a failli ne jamais voir le jour. Réunions publiques d'information, visites de sites, site internet vivant... Pour un projet de méthanisation, communiquer est un facteur clé dans l'acceptabilité du projet.

Le projet de méthanisation porté par Antoine Deffontaines, Louis André Rohart et Stéphane Vermersch, trois agriculteurs installés en périphérie d’Arras dans le Pas-de-Calais, et ayant une vision commune de l’avenir, a bien failli ne jamais voir le jour !

L’objectif de la SARL Biogy est de créer une unité de méthanisation collective pour produire du gaz et l’injecter directement dans le réseau GrDF. Côté implantation du site, la stratégie est claire : choisir un terrain central par rapport aux différentes exploitations agricoles pour limiter les nuisances dues au transport, être à proximité du réseau GrDF (1 200 m) pour exploiter des structures de distribution de gaz existantes et être à distance des riverains, dont les premières habitations sont installées au minimum à 1 200 m.

150 Nm3/h de gaz vert injecté dans le réseau GrDF

Le gaz vert ainsi produit est injecté dans le réseau pour être consommé par les communes de Duisans, Etrun, Maroeuil, Anzin-St-Aubin, Sainte-Catherine, Ecurie, Roclincourt, Saint-Nicolas, Saint-Laurent-Blangy, Athies, Fampoux, Feuchy, Arras et Dainville.

Pour que l’installation s’intègre au paysage, les agriculteurs ont même eu recours à un architecte expert en intégration paysagère. Les trois hommes souhaitaient préserver l’harmonie visuelle par rapport à l’environnement et au panorama de la région de Marœuil (Pas-de-Calais).

L’unité est taillée pour produire en permanence 150 Nm3/h de biométhane et pour y parvenir, les digesteurs valoriseront chaque année :

  • 500 t de coproduits de pommes de terre ;
  • 300 t d’ensilage d’herbe ;
  • 100 t de fanes de pois ;
  • 5 000 t de pulpes de betteraves.

Malgré le côté vertueux prôné par les hommes, la levée de boucliers a été spectaculaire pour faire barrage à l’installation. Et ça aussitôt que la population a eu connaissance du projet. Lors de son intervention au Methagriday organisé à l’institut UniLaSalle de Beauvais (Oise), Stéphane Vermersch explique qu’il a été nécessaire de rassurer la population, qui craignait le risque d’explosion et les nuisances olfactives. Réunions publiques d’information, visites de sites similaires… : bien des efforts ont été consentis pour apaiser la contestation. Le permis de construire initial a finalement été revu et le site d’implantation modifié. La construction de l’unité a pu commencer dans le calme.

La communication : un facteur clé de l’acceptabilité du projet

Suite à son parcours, le message de Stéphane Vermersch est clair : « il ne faut pas négliger la communication ! Elle est indispensable pour que l’installation soit acceptée ! » Chaque porteur de projet doit par exemple créer un site internet et le faire vivre régulièrement. C’est un canal de communication intéressant, à l’image de la société actuelle. Sans oublier les réseaux sociaux, qui propagent les informations si vite qu’en présence d’une opposition, les dégâts peuvent être importants.