L’AGPB alerte sur « une moisson qui creuse encore les difficultés économiques »
TNC le 31/07/2026 à 11:49
Après trois années marquées par des revenus négatifs pour les producteurs de grandes cultures, la récolte 2026 va creuser encore davantage les difficultés économiques des exploitations céréalières, notamment dans les zones intermédiaires, estime l’Association générale des producteurs de blé (AGPB). Elle appelle le gouvernement à « prendre sans attendre des mesures à la hauteur de l’urgence ».
« Chaque campagne défie la capacité d’adaptation des céréaliers. Nous ne pourrons pas préparer l’avenir si, dans le même temps, nos moyens de production continuent d’être remis en cause. Préserver notre capacité à produire est aujourd’hui un enjeu de souveraineté alimentaire », a déclaré Éric Thirouin, président de l’AGPB
« Une hétérogénéité particulièrement importante »
Selon les estimations d’Arvalis, « le rendement moyen national en blé tendre atteint 70 q/ha, soit un recul de 3 % par rapport à la moyenne quinquennale. Le blé dur affiche quant à lui 51 q/ha, en baisse de 4 %, avec des résultats particulièrement décevants dans plusieurs bassins de production. Du côté des orges, les situations sont contrastées : les orges d’hiver se maintiennent à 63 q/ha, un niveau proche de la moyenne, tandis que les orges de printemps plafonnent à 53 q/ha, en retrait par rapport aux références habituelles. »
Derrière ces chiffres nationaux se cachent « des écarts parfois considérables, soulignent les équipes de l’AGPB. Les conditions climatiques de la campagne ont fortement pesé sur les performances des cultures : excès d’eau durant l’hiver, manque de rayonnement dans certaines régions, épisodes de canicule et déficit hydrique en fin de cycle ont contribué à accentuer les disparités entre territoires ».
« Une attention particulière à porter aux zones intermédiaires »
Pour l’organisation, cette nouvelle récolte risque d’aggraver les difficultés économiques déjà rencontrées par de nombreuses exploitations céréalières. L’organisation demande au gouvernement d’intégrer rapidement des mesures de soutien dans le prochain budget de l’État, avec une attention particulière portée aux zones intermédiaires. Ces territoires cumulent en effet des potentiels agronomiques plus limités, une exposition accrue aux aléas climatiques et une fragilité économique croissante.
Au-delà des aides conjoncturelles, l’AGPB insiste sur la nécessité de renforcer les moyens d’adaptation des exploitations face au changement climatique. La sélection variétale, la protection des cultures, l’accès à l’eau, la recherche agronomique et l’amélioration de la compétitivité sont autant de leviers indispensables pour maintenir le potentiel de la production céréalière française.