La canicule enraye le rebond attendu de la collecte laitière française


TNC le 27/07/2026 à 11:53
TankalaitCreditphotoManuel

La reprise de la production estivale dépendra des conditions climatiques et du retour des prix, même si une augmentation du nombre de vêlages sur la fin du printemps devrait soutenir la collecte. (© MANUEL AdobeStock)

Attendue en reprise cet été grâce au décalage des vêlages provoqué par la FCO, la collecte laitière française a finalement été freinée par les épisodes de fortes chaleurs, affichant une évolution en dents de scie au rythme des épisodes de stress thermique. Une situation décryptée par les Tendances Lait de l’Institut de l’élevage.

Alors que les indicateurs laissaient entrevoir une embellie pour la collecte laitière française cet été, la météo est venue jouer les troubles fêtes. Le décalage des vêlages provoqué par les épisodes de fièvre catarrhale ovine (FCO) de l’été dernier avait créé des conditions favorables, avec une hausse des naissances prévue sur les mois de mai à juillet. La succession d’épisodes caniculaires a changé la donne. Le surcroît de production escompté par cet afflux de vêlages s’est finalement traduit par un soutien à la collecte laitière mise à mal par les événements climatiques.

Si bien qu’en mai, la collecte française a reculé de 1,1 % par rapport à 2025. Même constat en juin, avec un repli de 1,1 %. Ces inflexions coïncident avec les épisodes caniculaires enregistrés dans l’Hexagone. « En semaine 22 (fin du mois de mai), la collecte a reculé de 3,7 %, avant de remonter en dents de scie jusqu’à la semaine 26, qui marque l’épisode caniculaire de fin juin. Cette fois, le recul de la collecte est de 7 % », détaille Christine Goscianski, agroéconomiste à l’Institut de l’élevage dans les Tendances lait.

La troisième vague de chaleur, survenue autour du 9 juillet, devrait également influer sur la collecte estivale. (© Institut de l’élevage)

Le Grand Ouest a été particulièrement affecté par la vague de chaleur de fin juin, avec des replis encore plus marqués localement. En semaine 26, la Bretagne affichait un retrait de collecte de l’ordre de 14 %, la Normandie livrait 12,5 % de lait en moins que l’année prédécente, et les Pays de la Loire affichaient un recul de collecte de 11 %.

L’Allemagne et le Royaume-Uni également impactés

La tendance est européenne. « Les fortes chaleurs ont impacté une grande partie de l’Europe occidentale. Par exemple en Allemagne, on a observé des reculs de collecte de 3,6 % en semaine 26, et 3,7 % en semaine 27 », poursuit Christine Goscianski. Au Royaume-Uni, entre mai et début juillet, la collecte nationale a reculé de 2,6 %.

« Pour la suite de l’été, les vêlages décalés du printemps et les stocks fourragers disponibles devraient continuer à soutenir la collecte. Son évolution dépendra néanmoins fortement du retour des précipitations et de la fréquence d’éventuels nouveaux épisodes de forte chaleur », augurent les tendances.