Commercialisation des céréales

La campagne s’annonce dynamique


TNC le 13/03/2019 à 17:49
Les premières estimations de l’USDA affichent une hausse des surfaces mondiales de blé de 1,1%, à près de 220 millions de tonnes. (©Pixabay)

Les premières estimations de l’USDA affichent une hausse des surfaces mondiales de blé de 1,1%, à près de 220 millions de tonnes. (©Pixabay)

En cette sortie d’hiver, les prévisions de production 2019 offrent des perspectives d’échanges nettement plus toniques que pour la précédente campagne. Sur le marché, le blé français joue de coudes et s’exporte davantage vers les pays-tiers.

Les prévisions de production de céréales en 2019 commencent à poindre, et laissent espérer une campagne nettement plus tonique que l’an dernier.

Lors de son conseil spécialisé pour les céréales du 13 mars, Franceagrimer fait le constat d’un hiver qui s’est déroulé dans de bonnes conditions pour l’ensemble des cultures. « C’est notamment le cas autour de la mer noire, mais aussi dans l’Union européenne, où la météo est restée globalement favorable », précise Marc Zribi, chef de l’unité Grains et sucre, avant de mettre en garde sur les risques de gel qui pourraient sévir ces prochaines semaines.

Les premières estimations de l’USDA affichent une hausse des surfaces mondiales de blé de 1,1%, à près de 220 millions de tonnes (Mt). Un chiffre dopé par l’Australie (+ 18 %) qui rattrape sa catastrophique année 2018, ravagée par la sécheresse. Les surfaces de l’Union européenne gagnent 1,2 millions d’hectares, soit un bond de 4,7 %. Du côté des orges, les surfaces devraient frémir à la hausse, de 0,6 %, pour atteindre 49,3 millions d’hectares. Parallèlement, les prévisions de la FAO tablent sur une hausse de la production de blé en Russie, de prés de 10 %, à 79 millions de tonnes, et en Australie, avec un bond de 38,7 %. Même tendance dans l’Union européenne, avec 149 Mt contre 137,5 estimées en 2018. « Cela traduit un retour à la normale après l’épisode de sécheresse extrême de l’été 2018 », ajoute Marc Zribi. Nous sommes néanmoins à un stade précoce de la campagne, en sortie d’hiver. Peut-être ces prévisions sont-elles trop optimistes. Elles seront à affiner au fur et à mesure. »

Le blé français de retour en Egypte

Franceagrimer rappelle que les prix du blé baissent régulièrement depuis plus d’un mois, et ce, sur toutes les origines. Le blé russe reste l’un des plus chers. « La Russie accuse un repli des disponibilités de blé tendre à l’exportation, que les analystes estiment à 35 Mt », indique Marc Zribi. Déjà, plus de 80 % du total aurait été vendu. Il ne resterait que 4 à 6 Mt de blé russe à exporter. Le prix du blé français est désormais le moins élevé sur le marché. Ainsi, les achats de l’Égypte au 20 février affichent 480 000 tonnes. « C’est une percée de l’origine française, se félicite Franceagrimer. Il y a des années que nous n’avions pas été présents sur ce marché, dont nous avions été évincés notamment par la Russie. C’est une preuve supplémentaire de la moindre disponibilité du blé russe. »

Ces ventes vers l’Égypte ne sont pas un cas isolé. « La balance bascule du côté des exportations vers les pays tiers, ce qui n’était pas le cas de la campagne précédente, » lance Marc Zribi. Les chargements de blé tendre devraient également augmenter vers l’Algérie, avec 3,4 Mt, et le Maroc, avec un peu plus de 0,5 Mt. En revanche, la demande de l’Union européenne s’est repliée de 70 000 tonnes par rapport au mois dernier, affichant 7,9 Mt. Une situation que Franceagrimer explique par « un échange entre le blé tendre et le maïs en alimentation animale notamment ».