Jaunisse de la betterave : la filière demande un cadre dérogatoire pour deux insecticides clés


TNC le 24/06/2026 à 16:00
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« Même si aucune intervention curative ne permet de stopper l'infection virale sur les plantes atteintes de jaunisse », l'ITB recommande une surveillance régulière pour la suite de la campagne. (© Profil X (ex-Twitter) de RemDumDum)

À l’occasion de l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles au Sénat, l’ensemble de la filière betterave-sucre réclame la mise en place d’un cadre dérogatoire permettant l’utilisation de l’acétamipride et de la flupyradifurone contre la jaunisse.

« Au nom de l’ensemble des représentants de la filière betterave-sucre française, planteurs et industriels, j’appelle les sénateurs à mettre fin à une distorsion de concurrence particulièrement pénalisante en soutenant la réintroduction de l’acétamipride et de la flupyradifurone dans un cadre dérogatoire. Cette mesure est indispensable pour préserver la production de betterave et garantir l’équilibre économique de nos usines », a déclaré Alain Carré, président de l’AIBS, association interprofessionnelle de la betterave et du sucre.

« Il en va de notre souveraineté alimentaire et énergétique, mais aussi du maintien d’une filière stratégique pour nos territoires », précise-t-il.

« La transition demande du temps »

« Les travaux menés dans le cadre du Plan national de recherche et d’innovation (PNRI), ainsi que le rapport de l’Inrae remis au gouvernement en octobre 2025, montrent qu’aucune solution à la fois pleinement opérationnelle et économiquement viable n’est aujourd’hui disponible. La transition demande du temps », appuie la filière betterave-sucre.

« La jaunisse reste alimentée par des réservoirs viraux largement présents sur le territoire. Les stratégies de lutte actuelles reposent essentiellement sur des mesures prophylactiques, complétées par une surveillance renforcée et des traitements insecticides en végétations. Cependant, les retours d’expérience des dernières campagnes betteravières mettent en évidence l’efficacité limitée des insecticides actuellement autorisés en France, en situation de forte pression. »

« En cette campagne 2026, face à des infestations précoces et généralisées, ces solutions chimiques ont montré une nouvelle fois leurs limites : malgré jusqu’à cinq interventions dans certaines exploitations, des foyers de jaunisse persistent, faisant peser un risque important sur les rendements et la récolte des parcelles concernées. »

L’AIBS alerte sur « une distorsion de concurrence unique en Europe et pénalisante pour les producteurs français. L’autorisation de l’acétamipride et de la flurapyradifurone dans un cadre dérogatoire adapté leur permettrait de lutter à égalité de concurrence contre la jaunisse de la betterave, en leur offrant des leviers supplémentaires en situations de forte pression ».

L’Institut technique de la betterave (ITB) recense les premiers symptômes de jaunisse depuis la mi-juin, avec « l’apparition de foyers jaunes bien distincts au sein d’une parcelle. En été ou à l’automne, si la parcelle est très infectée, les foyers peuvent se rejoindre et la maladie prendre un aspect plus diffus ».

« Même si aucune intervention curative ne permet de stopper l’infection virale sur les plantes atteintes », l’institut recommande une surveillance régulière pour la suite. L’objectif : « évaluer l’évolution des symptômes et détecter d’éventuels problèmes sanitaires supplémentaires. Il convient notamment de préserver le feuillage contre les maladies foliaires telles que la cercosporiose, la rouille ou l’oïdium, conformément aux seuils d’intervention et aux recommandations techniques en vigueur. En effet, la jaunisse fragilise les betteraves, les rendant plus susceptibles d’être touchées par d’autres maladies. Une protection efficace du feuillage permet de préserver au mieux l’activité photosynthétique et de limiter les pertes de rendement qui pourraient s’ajouter à celles déjà causées par la jaunisse. »