Charges de mécanisation

Échangez des travaux sans sortir de trésorerie grâce à Agri-Échange


TNC le 12/12/2018 à 05:57
Jean-Michel et Catherine Rabier ont fondé la plateforme Agri-Echange pour réduire les charges de mécanisation des exploitations agricoles et les rendre plus compétitives face à la mondialisation. (©TNC)

Jean-Michel et Catherine Rabier ont fondé la plateforme Agri-Echange pour réduire les charges de mécanisation des exploitations agricoles et les rendre plus compétitives face à la mondialisation. (©TNC)

Agri-Échange est la première plateforme d'échange de travaux et de matériel en France. Une manière de réduire les charges de mécanisation de l'entreprise et ne pas dégrader sa trésorerie.

Agri-Échange est la première plateforme d’échange de matériel ou de prestation agricole. Elle a été créée par Jean-Michel Rabier, agriculteur en Haute-Saône depuis 1986, et sa sœur Catherine. Présenté à la presse lors des Sima Innovation Awards à Paris, le site Agri-Échange a pour objectif de limiter les charges de mécanisation des exploitations pour les rendre plus compétitives face à la concurrence mondiale. En clair, ce sont les agriculteurs qui rendent service aux autres agriculteurs.

Pas d’argent à sortir grâce à l’A€

Côté agriculteur, c’est très simple. Il suffit de créer son profil et de présenter le matériel ou les prestations proposé(e)s. En clair, le producteur crée une « offre » et détaille la nature de la prestation, les caractéristiques de l’outil, l’unité facturée (heure, hectare, forfait…), la distance à laquelle il accepte de se déplacer et ses conditions. De l’autre côté de l’écran, un autre fermier cherche un outil ou une prestation pour sa ferme. Ensemble, ils s’entendent sur le prix et une fois le travail accompli, une facture classique est éditée.

Contrairement aux plateformes existantes, inutile de sortir la carte bancaire ou le carnet de chèques. Le site possède sa propre monnaie d’échange totalement virtuelle baptisée Agri€uros (A€). À chaque intervention, l’agriculteur crédite des A€, qu’il dépense ensuite pour payer un service en retour. Le solde d’un compte peut être négatif à condition de ne pas franchir le plafond autorisé. Même si l’argent est virtuel, chaque membre s’engage contractuellement et ne peut pas profiter d’un service sans jamais en rendre. En cas d’inactivité prolongée, il recevra automatiquement une facture de la plateforme !

Charges de mécanisation en baisse et trésorerie préservée

La méthode participe à mieux rentabiliser le matériel agricole, surtout celui dont le coût d’achat est élevé. Sans oublier l’accès à une grande diversité de matériel. Résultat : les charges de mécanisation de l’entreprise diminuent et en l’absence de sortie d’argent, la trésorerie n’est pas dégradée.

Pour l’instant, le site recense essentiellement des exploitations installées en Haute-Marne, Côte d’Or et Haute-Saône. Agri-Échange recherche des responsables réseaux pour élargir son offre à tout le territoire. Leur rôle : fédérer localement les inscrits et animer les échanges de matériel. Il peut s’agir d’une association, d’un agriculteur (ou son épouse) ou simplement d’une personne passionnée d’agriculture qui souhaite une source complémentaire de revenus. L’objectif est de constituer un large réseau car plus il y aura d’exploitants, plus les offres seront variées.

Reste à faire évoluer les habitudes des agriculteurs et particulièrement leur « culture de la carte grise », une particularité française. Ceux que l’idée intéresse peuvent d’ores et déjà envoyer leur courrier à réseau@agri-echange.org.