Eau potable polluée : deux ONG poursuivent l’État
AFP le 23/04/2026 à 11:45
Deux ONG ont annoncé jeudi poursuivre l'État devant le tribunal administratif de Paris afin qu'il « respecte son devoir de protection de notre ressource en eau potable », qu'elles estiment menacée par les pollutions agricoles.
France Nature Environnement (FNE) et l’Association Citoyenne Laïque des consommateurs « assignent l’État en justice afin de faire respecter un droit élémentaire des citoyens et citoyennes : avoir accès à une eau potable de qualité », selon un communiqué.
Le recours « vise à engager la responsabilité de l’État du fait de sa carence fautive dans la protection des captages et lui demander de mettre en œuvre une série de mesures de protection, et de réparer le préjudice écologique ».
Le recours a été déposé mercredi au Tribunal administratif de Paris, selon FNE.
Le texte, consulté par l’AFP, demande à la justice administrative d’enjoindre l’Etat à prendre d’abord certaines mesures sous six mois, puis, d’ici un an, de « prendre toute mesure utile de façon à réduire l’utilisation des pesticides de synthèse sur toutes les AAC » (aires d’alimentation de captage).
Sur la période 1980-2025, près de 14 640 captages d’eau potable ont été fermés en France, avec pour raison première (dans 31,9 % des cas) « la dégradation de la qualité de la ressource en eau », selon les données de l’administration. Dans 41,6 % des situations, les causes de cette dégradation sont des « teneurs excessives en nitrates et produits phytosanitaires ».
Ces produits épandus dans les champs ruissellent ensuite jusqu’aux rivières et nappes phréatiques, où est ensuite puisée l’eau qui, après traitement, alimentera les robinets.
« La contamination des eaux du fait des pollutions agricoles conduit à des difficultés d’approvisionnement en eau de qualité à des coûts exorbitants de dépollution pour les Françaises et les Français », regrettent les ONG.
Ce recours intervient au moment où le gouvernement vient de présenter une loi d’urgence agricole censée répondre à la colère des agriculteurs. Le texte a suscité de vives réactions d’ONG environnementales, en particulier contre son volet sur la gestion de l’eau. Le débat parlementaire pourrait être une occasion d’y inclure des mesures de la proposition de loi dite « Duplomb II » sur la réintroduction de pesticides interdits.