Bien-être animal

Didier Guillaume annonce les mesures de son plan très attendu


TNC le 28/01/2020 à 14:02
Didier Guillaume présente les mesures du plan pour l'amélioration du bien-être animal, le 28 janvier 2020, au ministère de l'agriculture (©TNC)

Didier Guillaume présente les mesures du plan pour l'amélioration du bien-être animal, le 28 janvier 2020, au ministère de l'agriculture (©TNC)

Attendue depuis plusieurs mois, la stratégie gouvernementale en faveur du bien-être animal a été dévoilée le 28 janvier par le ministre de l’agriculture. Si les mesures les plus emblématiques portent sur la fin du broyage des poussins mâles et l’arrêt de la castration à vif des porcelets, le plan prévoit également d’améliorer les conditions de transport des animaux et une expérimentation d’un étiquetage pour informer les consommateurs sur les modes d’élevage.

« Le bien-être animal, pour nous, ce n’est pas la fin de l’élevage, bien au contraire, c’est l’avenir de l’élevage, mais un élevage peut-être fait de façon différente », a estimé Didier Guillaume en présentant les premières mesures de son plan pour la protection et l’amélioration du bien-être animal, le 28 janvier. Attendu depuis plusieurs mois, ce plan fixe deux objectifs ambitieux, à savoir l’interdiction de la castration à vif des porcelets et l’arrêt du broyage des poussins mâles, d’ici fin 2021.

Pour plus d’informations, lire : La France interdira le broyage des poussins et la castration à vif des porcelets

Des mesures symboliques pour répondre aux engagements pris par Emmanuel Macron lors de sa campagne à l’élection présidentielle et qui correspondent, pour le ministre, à ce qu’attend aujourd’hui la société. « Le niveau de productivité, qui était une demande de la société, a peut-être poussé certains à négliger ce sujet mais il y a vingt ou trente ans, la sensibilité du public sur le bien-être animal n’était pas aussi importante. Aujourd’hui, c’est terminé », a insisté Didier Guillaume, précisant tout de même que ces « mesures fortes ne doivent pas remettre en cause nos structures économiques ».

Amélioration du transport et financement des bâtiments

Pour aller en ce sens, les financements de l’État seront dès à présent fléchés prioritairement vers les bâtiments qui favorisent l’expression naturelle des comportements des animaux d’élevage. Dans le cadre de la future Pac, la France négocie également pour conditionner les financements de bâtiments d’élevage à un certain nombre de critères en faveur du bien-être animal. L’ambition française s’exprime en effet au niveau européen, le ministre ayant la volonté d’entraîner dans cette voie, avec l’Allemagne, les autres pays de l’UE : « on va être le précurseur, le phare, le sémaphore. J’ai bien constaté hier (NDLR : lors du conseil des ministres de l’agriculture européens, à Bruxelles), que les pays qui partent d’un peu plus loin sur ce sujet, ça leur parle », se félicite ainsi Didier Guillaume.

Pour améliorer les conditions de transport des animaux, la France va par ailleurs augmenter les contrôles au chargement par les services officiels, en habilitant des vétérinaires privés, et renforcer les sanctions en cas de non-respect de la réglementation européenne qui vaut pour les transports de plus de huit heures.  

Formation et information

Pour généraliser les bonnes pratiques, l’enseignement agricole est également mobilisé et intégrera, dès la rentrée prochaine, un volet sur le bien-être animal dans ses formations. Enfin, le consommateur sera mieux informé via un étiquetage l’informant des modes d’élevage. « Nous espérons qu’en 2021 un étiquetage spécifique indique comment l’élevage a été fait, dans quelles conditions », a expliqué Didier Guillaume au sujet de cette expérimentation. Le ministre attend, à ce sujet, les conclusions prochaines d’un rapport du conseil national de l’alimentation pour préciser cette mesure.

Interrogé sur l’abattage mobile et l’abattage à la ferme, dont les mesures présentées ne font pas mention, le ministre s’est dit « très favorable », mais a estimé que « la viabilité économique n’est pas simple », et que « pour l’instant nous ne sommes pas prêts collectivement et peut-être psychologiquement non plus ».

Lire également : Les pistes du Cese en matière d’amélioration du bien-être animal