Les syndicats agricoles divisés après l’adoption du règlement NGT
TNC le 18/06/2026 à 11:06
Approuvées par le Parlement européen le 17 juin, les nouvelles techniques génomiques (NGT), également qualifiées de « nouveaux OGM », pourront à l’avenir être utilisées en agriculture. Considérées comme un véritable progrès pour une partie du monde agricole, ces technologies restent source d’inquiétude et de colère pour certains syndicats.
« Etape décisive », « outil essentiel » : la FNSEA a salué le 17 juin l’aboutissement des négociations sur le règlement européen autorisant les NGT. Le Parlement a en effet voté en faveur de leur utilisation au sein de l’UE, mettant fin à trois ans de discussions dans les instances européennes.
Pour le syndicat agricole historique, l’ouverture à ces technologies constitue un pas en avant vers « un accès à des semences plus performantes et mieux adaptées aux défis du changement climatique ». La FNSEA y voit la possibilité de « réduire les risques de perte » de récolte, alors que l’agriculture est victime d’aléas climatiques de plus en plus violents. En revanche, l’organisation ajoute qu’elle « restera extrêmement vigilante sur l’accessibilité de ces nouvelles semences afin qu’elles soient accessibles à tous et adaptées à chaque modèle de production ».
« L’Union européenne a trahi les paysans »
Pour la Confédération paysanne, la Coordination européenne Via Campesina (ECVC) et le Modef, en revanche, « l’Union européenne a trahi les paysan·nes, les consommateur·rices et les PME semencières, en renonçant à sa souveraineté alimentaire et semencière et en sacrifiant le secteur garanti sans OGM ». Les organisations s’inquiètent en effet du manque de clarification sur la question des brevets car « les nouvelles techniques génomiques sont toutes brevetées ». « Sans traçabilité des OGM-NTG, ces brevets pourront s’étendre à des plantes issues de sélection conventionnelle », déplorent les syndicats.
Ces derniers appellent donc les Etats membres de l’UE à « intenter une procédure d’annulation du règlement auprès de la Cour de Justice européenne ».