Coûts de la guerre : les coopératives agricoles appellent la distribution à revoir les prix


AFP le 17/04/2026 à 17:40

La Coopération agricole a appelé vendredi à une révision des tarifs fixés lors des dernières négociations avec les distributeurs, pour tenir compte des surcoûts générés pour les agriculteurs par la guerre au Moyen-Orient.

« On ne demande pas une réouverture des négociations commerciales » 2026 entre supermarchés et fournisseurs agroalimentaires, closes le 1er mars, mais de « pouvoir réviser les tarifs présentés puisqu’ils ne tenaient absolument pas compte des effets de la crise », a expliqué à l’AFP Dominique Chargé, président de la Coopération agricole, qui représente quelque 2 000 entreprises coopératives.

L’organisation réclame « la convocation d’un comité de suivi des relations commerciales, avant la fin du mois si possible, pour acter ensemble » le fait que les coûts de production ont crû et « que nous avons besoin de revenir sur une révision des tarifs ».

Carburants, emballages, engrais… les coûts ont flambé avec la hausse du prix des énergies fossiles et le blocage du détroit d’Ormuz, « et on voit bien que la capacité de l’État à intervenir n’est absolument pas au niveau de l’ampleur » de cette augmentation, note M. Chargé. Le responsable, qui s’exprimait juste avant l’annonce par l’Iran de la réouverture d’Ormuz, redoute « un temps de normalisation long ».

Répercuter la hausse des charges

« Nos entreprises sont déjà fragilisées (…) Nous avons besoin aujourd’hui de répercuter une partie de ces hausses vers nos clients. Même si on est parfaitement conscient de la question du pouvoir d’achat pour nos compatriotes, il faut que tout le monde comprenne que ce qui se joue c’est bien notre capacité à maintenir notre souveraineté alimentaire », a-t-il ajouté.

Aucun secteur n’est épargné, bien qu’à des niveaux différents, souligne la Coopération agricole, qui représente l’immense majorité des coopératives et environ 70 % de la production agricole française (et 50 % de sa production alimentaire).

L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) a de son côté appelé vendredi les distributeurs « à entendre les besoins que leur feraient remonter les entreprises agroalimentaires dans les semaines à venir dans le cadre de demandes de négociations individuelles ».

Cette semaine la ministre de l’agriculture Annie Genevard a appelé industriels et distributeurs à « se remettre autour de la table ». Son homologue des PME et du Commerce Serge Papin avait estimé qu’il allait « falloir sans doute rouvrir » les négociations commerciales.

Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, distributeurs et industriels mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon.