Après les fortes chaleurs, la production française de lait devrait ralentir
TNC le 11/09/2026 à 14:50
Prix du lait en baisse, charges en hausse, stocks fourragers entamés : la conjoncture laitière se tend. Après un été de canicules, le Cniel prévoit un ralentissement de la collecte en France et en Europe dans les prochains mois.
« Les marchés laitiers traversent une période troublée », résume le Cniel dans sa note de conjoncture du mois de septembre, pointant « des perspectives de ralentissement de l’offre laitière et d’augmentation des coûts d’alimentation » en Europe et en France dans les mois à venir.
Sur douze mois glissants, la collecte reste soutenue dans les grands bassins exportateurs : + 3,6 % de hausse en Nouvelle-Zélande, + 3,2 % aux États-Unis et + 3,8 % dans l’UE. La production européenne a encore gagné 1,8 % en juin, mais les prévisions pour les mois à venir s’assombrissent, faute de fourrage dans plusieurs pays.
En France, la collecte n’a progressé que de 1,9 % entre début janvier et mi-août, alors qu’elle était particulièrement dynamique en début d’année (+ 5,5 % sur les premières semaines de 2026).
Les épisodes de fortes chaleurs qui se succèdent depuis mai ont d’abord pesé sur la production journalière des vaches en lactation et ont aussi fragilisé les systèmes fourragers, ce qui pourrait peser plus durablement. « Ceci pourrait induire une forte décapitalisation du cheptel faute de stocks suffisants », pointe l’interprofession.
Les tendances sont « moins nettes » dans les grandes zones laitières de l’hémisphère Sud, mais un phénomène El Niño annoncé « exceptionnel » risque là aussi de ralentir la production laitière.
Dans les fermes, l’équation se complique de plus en plus. Selon les données de FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache conventionnel s’établissait à 417 €/1 000 l en juin 2026, soit 51 € et 11 % de moins qu’en juin 2025.
En parallèle, les charges sont reparties à la hausse depuis le printemps. L’indice Ipampa « lait de vache » de l’Institut de l’élevage affiche un regain de 4 % en juin 2026 par rapport à juin 2025, et le Cniel s’attend à une nouvelle augmentation des coûts d’alimentation dans les mois à venir.
Sur les marchés des produits industriels, les cotations « tendent à se raffermir légèrement » : après un an de recul régulier, le beurre se stabilisait autour de 4 200 €/t à la mi-août, tandis que la poudre de lait écrémé continuait sa remontée initiée en début d’année et approchait 2 900 €/t.
Les prix des produits laitiers vendus en magasin n’ont évolué que modérément sur les douze derniers mois.