Aides agricoles : le parquet européen engage des poursuites contre 4 députés grecs
AFP le 16/07/2026 à 11:45
Le parquet européen a annoncé jeudi engager des poursuites judiciaires contre quatre députés du Parlement grec pour leur implication présumée dans un vaste scandale de détournement de subventions agricoles européennes qui secoue la Grèce.
Au total, 22 personnes sont accusées dans le cadre de cette enquête révélée en mai 2025.
Trois députés grecs sont poursuivis pour abus de confiance, le quatrième « pour avoir provoqué une gestion illégale de fonds européens », selon le communiqué du parquet européen, basé au Luxembourg.
Le parquet européen (EPPO) n’a pas révélé les noms des élus mais selon l’agence de presse grecque ANA et d’autres médias, il s’agit de quatre membres de la Nouvelle-Démocratie (ND), le parti conservateur du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis.
Ce dernier s’en est pris à l’institution judiciaire européenne, l’accusant d’avoir « à sa manière, fini par apparaître comme impliqué dans la compétition politique intérieure ».
Empêtré dans ce scandale, le chef du gouvernement, au pouvoir depuis 2019, avait poussé à la démission trois de ses ministres et plusieurs vice-ministres soupçonnés dans cette affaire. Or, a-t-il souligné jeudi, « ce sont des responsables politiques intègres qui ont été traînés dans la boue pendant des semaines » par l’opposition de gauche.
Outre les quatre élus du Parlement mis en accusation, figurent « plusieurs anciens hauts fonctionnaires et collaborateurs politiques ».
Il s’agit notamment d’un ancien président de l’OPEKEPE, l’organisme public, aujourd’hui dissout, chargé du versement des subventions européennes, et de deux anciens directeurs régionaux.
Les accusations visant sept autres députés en exercice ainsi que deux anciens élus ont en revanche été classées sans suite, « faute de preuves suffisantes pour engager des poursuites pénales ».
Pour les autres, « Les enquêtes ont mis en évidence des schémas récurrents de corruption dans la gestion des fonds agricoles européens », selon le parquet européen. Il évoque notamment « des interventions illégales dans les procédures administratives et de contrôle, des modifications rétroactives de données après l’achèvement des contrôles obligatoires (…) ainsi que de fausses certifications ».
En cas de condamnation, ils encourent une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement.
En avril, le Parlement grec avait décidé de la levée de l’immunité parlementaire de 13 députés conservateurs réclamée par les justices européenne et grecque qui enquêtent sur cette affaire.
Le chef du gouvernement avait alors demandé au parquet européen d’engager « sans délai » d’éventuelles poursuites contre ces élus une fois leur immunité levée.
Les mises en accusation concernent des faits qui se seraient déroulés en 2021 mais le parquet européen mène une vaste enquête sur des détournements présumés de subventions agricoles européennes depuis 2018. Elle a déjà donné lieu à des dizaines d’arrestations dans toute la Grèce.
Cette affaire a mis sous forte pression le gouvernement alors que les élections législatives, pour lesquelles M. Mitsotakis veut solliciter un troisième mandat, sont prévues l’an prochain.