Eau : 15 organisations agricoles répondent aux anciens ministres de l’agriculture


TNC le 15/07/2026 à 17:12
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(© © TNC)

Alors que cinq anciens ministres de l’agriculture dénonçaient la semaine dernière le volet eau de la version sénatoriale de la loi d’urgence agricole, les présidents de la FNSEA, de JA, la Coopération agricole et de 12 autres syndicats leur répondent, déplorant des oppositions caricaturales.

« Là où ses auteurs se trompent profondément, c’est lorsqu’ils continuent à opposer les solutions entre elles et à présenter toute politique ambitieuse de stockage de l’eau comme une menace plutôt que comme un outil d’adaptation », estiment 15 présidents de syndicats agricoles (la Coopération agricole, ainsi que la FNSEA, Jeunes agriculteurs, et une dizaine d’organisations qui leur sont liées) en réponse à la tribune d’anciens ministres de l’agriculture sur la question de la gestion de l’eau.

Stéphane Le Foll, Stéphane Travert, Marc Fesneau, ainsi que Guillaume Garot et Agnès Pannier-Runacher se sont en effet élevés, le 9 juillet, contre le projet de loi d’urgence agricole du Sénat, dénonçant notamment les mesures du volet « eau ».

Le stockage pour « mieux gérer » la ressource

Les responsables agricoles rappellent tout d’abord que « personne, dans nos organisations professionnelles, n’a jamais prétendu que le stockage « créait » de l’eau. » Ils défendent en revanche l’idée du stockage pour « mieux gérer une ressource dont les disponibilités deviennent plus irrégulières » avec le changement climatique.

Ils réfutent également toute volonté de porter atteinte à la gouvernance de l’eau, défendant le dialogue territorial et un partage effectif de la ressource, en témoigne « l’ampleur des compromis déjà consentis par les agriculteurs : réduction des prélèvements, restauration de milieux naturels, ouverture des gouvernances à l’ensemble des acteurs locaux… », soulignent les signataires.

Si la position des organisations agricoles sur le stockage est restée la même, les auteurs de la tribune déplorent en revanche le grand nombre de projets d’infrastructures bloqués depuis des années avec, dans certains territoires, des règles « changées en permanence, ajoutant de nouvelles contraintes à des projets pourtant conformes aux exigences demandées ».

« L’heure n’est plus aux postures »

Alors que les ministres déploraient « le simplisme et la caricature » du Sénat, les représentants agricoles s’élèvent quant à eux contre les « postures » face aux conséquences du changement climatique sur les agriculteurs. « Notre responsabilité collective n’est pas d’entretenir la peur ou d’alimenter une nouvelle guerre de l’eau », s’agacent-ils.

Les auteurs demandent de leur côté « une gouvernance territoriale forte, un partage équilibré de la ressource entre tous les usages, des investissements massifs dans les infrastructures, une accélération des projets de stockage lorsqu’ils sont réellement fondés, la poursuite de la transition des pratiques et une mobilisation de tous les acteurs », dénonçant « l’hypocrisie » de responsables politiques qui, au pouvoir, ont préféré ne rien faire plutôt que « d’assumer les solutions » permettant aux agriculteurs de mieux se préparer au changement climatique. « Face au changement climatique, le courage n’est pas de dire non à tout. Le courage est de construire les conditions de l’adaptation », concluent ainsi les signataires.