Troisième année de baisse des surfaces en bio alors que la consommation reprend


AFP le 16/06/2026 à 12:15

La consommation de produits issus de l'agriculture biologique a définitivement repris des couleurs en 2025, après des années d'inflation difficiles, mais les surfaces agricoles dédiées ont de nouveau baissé pour la troisième année consécutive, a indiqué mardi l'Agence Bio.

« Cette dynamique de marché positive doit désormais devenir un levier de confiance et un signal fort pour encourager aussi bien les conversions que les installations », appelle cette agence étatique chargée de promouvoir ce mode de production sans pesticides ni engrais de synthèse mais aussi de produire les statistiques officielles.

En 2025, la France a perdu 30 737 hectares dédiés à l’agriculture biologique, a précisé l’agence lors d’une conférence de presse à Paris, après des baisses de plus de 50 000 hectares les deux années précédentes.

Les surfaces agricoles biologiques atteignent 2,69 millions d’hectares, soit 10 % de la surface agricole française, un niveau relativement stable depuis 2021 alors que la loi fixe un objectif de 21 % d’ici 2030. L’Agence Bio avait déjà annoncé en février que le nombre de fermes engagées en agriculture biologique avait reculé pour la première fois en 2025, de 1,3%. Un chiffre confirmé mardi, à 61 159 fermes.

Mais comme ce nombre recule moins vite que le nombre de fermes en France, face au difficile renouvellement des générations : la proportion de fermes bio reste relativement stable (17,3 % contre 16,8 % en 2024).

Sur les premiers mois de 2026, une dynamique encourageante, avec un nombre de nouvelles fermes bio supérieur aux années précédentes, a été observée, a détaillé le président de l’agence Bruno Martel. Avec des « signaux optimistes » pour les filières laitière et viande bovine, qui avaient observé d’importantes déconversions ces dernières années.

La conversion au bio prend plusieurs années et engage les agriculteurs sur le long-terme. Mais les années d’inflation ont entraîné de nombreuses déconversions, la consommation de produit bio ayant chuté face aux restrictions de pouvoir d’achat.

Signe encourageant certaines filières (grandes cultures et maraichage) voient leurs surfaces agricoles en première année de conversion augmenter à nouveau, note toutefois l’agence.

L’Agence Bio a aussi confirmé mardi la reprise de la consommation, à 12,6 milliards d’euros, en hausse de 3,6 % par rapport à 2024 surtout grâce à une augmentation des volumes vendus mais aussi avec un léger effet prix. Ces niveaux ne sont plus si loin du pic de 2020 (12,83 milliards).

Cette reprise s’observe dans tous les circuits, y compris la grande distribution qui « renoue avec la croissance », selon l’agence.