La reprise de la collecte de lait bio reste freinée par la sécheresse et la FCO


TNC le 03/07/2026 à 14:30
VerreLait

En avril, le prix du lait bio standard s'est établi à 456 €/1 000 litres, en baisse de 13 € sur un an. (© Pixabay)

La collecte française de lait bio a renoué avec la croissance en début d’année, mais ce regain reste fragile, entaché au printemps par les effets de la sécheresse et de la FCO. L’écart de prix avec le lait conventionnel se creuse, tandis que côté consommation, la reprise des ventes de produits laitiers bio en magasin se confirme.

Dans ses dernières Tendances lait, l’Idele dresse le bilan d’une filière bio en voie de redressement, mais toujours exposée aux aléas conjoncturels, notamment sanitaires et météo. L’institut technique indique que la collecte de lait bio a renoué avec la croissance à partir de décembre 2025 après trois années consécutives de repli, et que cette dynamique s’est confirmée au premier trimestre 2026.

Le nombre de livreurs continue de reculer, à un rythme ralenti : – 2,9 % sur les premiers mois de l’année, contre – 3,8 % un an plus tôt. La reprise de la collecte s’explique surtout, selon l’analyse, par les gains de productivité des troupeaux, portés par des fourrages de bonne qualité en 2025 et des conditions de pâturage favorables en février et mars.

L’Idele signale toutefois que le mois d’avril a marqué un net retournement, avec un recul de la collecte de 4,6 % sur un an (- 3 % en matière sèche utile). Un repli attribué à deux facteurs : la sécheresse défavorable à la pousse de l’herbe dans des systèmes très pâturants, et les effets différés de la FCO de l’été dernier, qui a décalé les vêlages et réduit les naissances de printemps.

La Bretagne et les Pays de la Loire, qui concentrent à eux deux près de 45 % de la collecte bio française, ont été particulièrement touchés par la FCO et les aléas météo, avec des baisses respectives de 9,5 % et 11 % en avril.

D’après l’Idele, mai et juin seraient orientés à la baisse en raison des fortes chaleurs, avant un possible rebond en juillet-août lié au décalage des vêlages. « Les conditions météorologiques resteront toutefois un facteur déterminant pour l’évolution de la production », et « la bonne qualité des fourrages d’herbe récoltés au printemps constitue un élément favorable ».

L’institut relève qu’en avril 2026, le prix du lait bio standard (38/32) s’est établi à 456 €/1 000 litres, en baisse de 13 € sur un an. Ce recul printanier, habituel compte tenu de la forte saisonnalité des grilles de prix, s’est révélé cette année plus marqué que d’ordinaire, alors que la tendance annuelle demeure orientée à la hausse.

L’Idele observe aussi que l’écart de prix avec le lait conventionnel se creuse : il se rapprochait des 100 €/1 000 l en début d’année, après trois ans de stabilisation autour de 50 €/1 000 l. Un écart temporairement atténué en avril du fait de la saisonnalité des grilles de prix du lait bio.

Conséquence directe du recul de la collecte en avril, les fabrications de produits laitiers bio de grande consommation ont chuté de 10 % en avril sur un an, après plusieurs mois de hausse.

Les dynamiques divergent selon les produits : yaourts (+ 7 %) et crèmes (+ 21 %) poursuivent leur progression, portés par une demande soutenue, tandis que le lait liquide bio recule nettement.

Du côté de la consommation, la reprise des ventes en magasins généralistes se confirme. Sur la période du 20 avril au 17 mai, toutes les grandes catégories progressent par rapport à 2025, avec des hausses marquées pour les fromages (+ 7 %), le beurre (+ 6 %) et l’ultra-frais (+ 5 %), traduisant « un regain d’intérêt des consommateurs pour les produits laitiers bio, après une période de recul des achats ».

Les prix de ces produits, eux, évoluent de façon contrastée sur un an : légère baisse pour la crème et les fromages, hausse modérée pour l’ultra-frais et le lait liquide, et progression plus nette pour le beurre bio (+ 1,4 %).