Avis d'agris

Réduire l’IFT herbicide colza grâce aux cultures associées


TNC le 06/07/2021 à 17:16
Réduire l'IFT herbicide colza, avec la mise en place de cultures associées.  (©TNC)

Réduire l'IFT herbicide colza, avec la mise en place de cultures associées.  (©TNC)

La pratique du colza associé présente plusieurs atouts. Lorsque la couverture du sol est importante, on peut notamment attendre une réduction de la concurrence adventices. Retrouvez les témoignages d'agriculteurs de la Vienne et de la Seine-Maritime à ce sujet.

Depuis deux ans, David Gourmaud, agriculteur à Paizay-le-Sec dans la Vienne (205 ha), expérimente des stratégies de désherbage avec un objectif de réduction des IFT et de recours à plus d’agronomie, notamment avec l’allongement de la rotation. Il ne revient sur le colza que tous les cinq ou six ans. En 2020, il en a semé 26 ha.

« Ma problématique d’adventices, c’est surtout du ray-grass, du vulpin et des crucifères, sans pour autant avoir une pression énorme », explique-t-il. En travail très simplifié depuis deux ans, la gestion des levées est toujours compliquée. « Mon objectif est d’avoir 4 feuilles au 10 septembre. Pas toujours facile à tenir. Cette campagne, tout est sorti fin août, alors que l’année précédente, tout était échelonné. Je pratique le désherbage à vue, impossible autrement. Comme j’ai semé tôt, j’ai pu appliquer Alabama, choisi pour son large spectre d’action en post-précoce, dès mi-septembre en condition de sol humide, à 1 l/ha au lieu de 2,5 l. » La bonne couverture du sol avec les plantes associées a fait le reste : un mélange de fenugrec et trèfle semé à 5 + 5 kg/ha. « J’obtiens un gain d’IFT herbicide colza total de 30 %, indique-t-il. Néanmoins, je dois conserver l’anti-graminées en rattrapage. Et chaque année, j’ajuste. Il y a deux ans, j’ai pratiqué un mélange de Colzor trio, Alabama et Fox en petites doses en deux passages. » Le coût du programme est de 30 € pour la campagne 2020-2021.

« La souplesse de positionnement, un point-clé avec l’efficacité des herbicides »

En post-levée, il faut pouvoir intervenir avant l’hiver sans fragiliser les sols. Au-delà de son efficacité, la souplesse de positionnement d’un herbicide est importante. Agriculteur à Veulettes-sur-Mer en Seine-Maritime (90 ha), Alexandre Lefrançois sème début septembre 10 ha de colza associé à du fenugrec et de la vesce pour gérer la pression des grosses altises.

Pour lui, aucun problème de levées en raison de l’humidité qu’apporte le climat maritime. « Avec des sols sableux, j’ai en revanche une flore de matricaires, renouées des oiseaux, laiterons et un début de souci avec du ray-grass apporté par le passage des moissonneuses, témoigne-t-il. Une graine de matricaire en donne des milliers l’année suivante, je ne veux pas me laisser déborder. Je conserve le traitement de pré-lévée avec Tiaco à 2 kg/ha au lieu de 3 kg/ha, composé de clomazone et napropamide. Ensuite, c’est un désherbage à vue avec Ielo (propyzamide), à 1,4 l/ha pour bien finir de nettoyer la matricaire et le ray-grass. » Il l’a programmé le 23 novembre, le plus tard possible, sur sol ressuyé. « Mon objectif est d’éliminer les plantes associées, car avec notre climat, on ne peut pas compter sur les gelées tardives. Le colza couvre ensuite suffisamment le sol pour empêcher les levées. » Le coût du programme s’élève à 105 €/ha. Avec cette stratégie, il espère un rendement compris entre 40 et 45 q/ha.